Loudermilk/ Hit the Road (2017): du potentiel pour l’automne

Loudermilk et Hit the Road sont deux nouvelles comédies de dix épisodes diffusée depuis la mi-octobre sur les ondes d’Audience Network aux États-Unis. Dans la première, on a Sam (Ron Livingston), un ancien alcoolique qui est désormais transformé en conseiller en diverses toxicomanies. Bien qu’il ne consomme plus, reste que son attitude corrosive continue de lui attirer quelques ennuis. Dans la seconde, on suit une famille de musiciens : les Swallow, composée des parents Ken (Jason Alexander) et Meg (Amy Pietz) et de leurs enfants Ria (Natalie Sharp), Alex (Nick Marini), Jermaine (Tim Johnson Jr.) et Casey (Maddie Dixon-Poirier) qui voyagent de ville en ville dans un autocar tout en se produisant dans des salles. Pourtant, la célébrité est loin d’être au rendez-vous, et ce, bien que chacun des membres soit prêt à faire n’importe quoi pour y accéder… n’importe quoi. Comparées à l’offre des comédies en général lancées depuis l’automne, les deux nouveautés d’Audience Network s’en tirent plutôt bien, que ce soit pour leur originalité ou leur type d’humour. C’est définitivement Lourdermilk qui remporte notre adhésion, alors que dans le cas de Hit the Road, le diamant aurait besoin d’être poli.

Loudermilk : faire de la thérapie… autrement

Ce n’est qu’à la fin du premier épisode que l’on apprend qu’un soir alors qu’il conduisait ivre, Sam a eu un accident d’auto dans lequel sa femme y a laissé sa vie. Mais ce n’est pas tant ce drame qui l’a rendu grincheux pour autant puisqu’avant de devenir sobre, il remportait un certain succès en tant qu’auteur, se spécialisant dans l’écriture sur les coulisses de groupes de musique. Dans le premier épisode, Sam se voit « obligé » de ramener dans le droit chemin Claire (Anja Savcic), la fille toxicomane et alcoolique de celle qui finance l’organisme du principal intéressé. Dans les deux semaines suivantes, la thérapie continue avec celle-ci qui finira même par venir s’installer chez lui et son colocataire Ben (Will Sasso). Ce dernier est aussi son mentor, mais on apprend rapidement qu’il n’est pas vraiment digne de confiance. Sinon, Sam se met à flirter avec sa voisine Allison (Laura Mennel), mais celle-ci est déjà en couple.

Il est assez rare que le thème de la dépendance occupe toute la place dans une fiction dramatique de 45 à 60 minutes. Sujet peut-être un peu trop déprimant pour combler toute une case horaire, il semble par contre que le format de la comédie soit plus approprié dans ce cas-ci, d’autant plus que ça permet de dédramatiser une situation qui n’a pas nécessairement besoin de l’être davantage. En effet, on a beau toucher le fond, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas remonter ! Mom de CBS en est l’exemple parfait et force est d’admettre que le sujet ne s’épuise pas puisque la série a entamé sa cinquième saison cet automne. Loudermilk y va dans ce même courant : le personnage de Sam est loin d’être le typique sauveur providentiel armé de patience et de compatissance. À en juger par le titre des livres qu’il a écrits quand il était alcoolique comme « Negative Creeps », son sarcasme ne s’est pas apaisé une fois sobre. C’est particulièrement le cas lorsque la mère oblige ce dernier à s’occuper de Claire. En effet, sans son aide financière, les ex-toxicomanes sont forcés de débiter leurs problèmes en public dans un café, ce qui ne manque pas de nous faire rire. Puis, on ne peut pas vraiment dire qu’il y va avec des gants blancs lorsqu’il tente de « recruter » Claire en lui lançant à la figure : « Get the fuck over yourself ». Plus tard, quand elle n’a nulle part où dormir et qu’elle lui demande si elle peut rester chez lui, il n’est pas plus accueillant : « Why can’t you just find a park bench or an abandoned railway car? I’ll get you some toilet paper. » Ça ne veut pas dire pour autant que Loudermilk est dénuée d’humour, comme lorsque celle-ci lui dit quelques scènes plus tard : « when I woke up for the fifth day in a row with my head in the toilet, I, um I immediately thought of you. » (!) Enfin, la série maintient sa ligne directrice qui est de nous amener à suivre le quotidien parfois ardu du chemin vers la sobriété et malgré les méthodes de Sam peu orthodoxes, celles-ci portent tout de même fruit. En ce sens, l’équilibre entre l’humour et la compassion est pleinement atteint.

Hit the Road : une famille peu crédible

Il semble que de se produire en public était un rêve en commun étant donné que tous les membres de la tribu Swallow mettent d’un commun accord de côté leur vie quotidienne afin de trouver la gloire sur les planches. Pour ce faire, on a dans le premier épisode Ken qui présente à toute la famille l’autocar qu’il leur a acheté pour sillonner les routes à la recherche de nouveaux contrats. Ça se complique au départ après que leur impresario meure d’une crise cardiaque alors qu’il était en train de faire l’amour avec Ria. Tout est donc à refaire pour le groupe et cette fois, c’est Ken qui devra accorder quelques faveurs sexuelles en échange d’un temps de scène. Dans le second épisode, ils cherchent encore à moyenner leur entrée dans un concours à ’« American Idol », mais rapidement, le clan se divise et des alliances malsaines entre eux se forment. La semaine suivante, la famille ne baisse toujours pas les bras quand elle participe à un festival de musique, mais tout va de travers encore une fois lorsqu’ils se retrouvent confrontés à leurs rivaux de longue date.

Swallow : le clan a vraiment eu la stupidité de nommer ainsi leurgroupel… Dès lors, on comprend assez vite que Hit the Road ne fera pas dans la dentelle côté humour. D’ailleurs, de l’aveu même de la production, on entendait bien profiter du classement « TV-MA » d’Audience Network pour se donner à cœur joie dans les blagues salaces afin de se démarquer de la concurrence qui y va d’un contenu plus traditionnel. Encore faut-il que cela ait du sens au niveau du synopsis, ce qui n’est pas vraiment le cas, particulièrement dans le premier épisode. Par exemple, dans une des premières scènes, Ria est à califourchon en train de supposément faire l’amour avec le producteur avant qu’il ne trépasse. Par contre, le plan de caméra n’étant pas assez serré, on voit clairement que l’actrice porte des jeans…

Dans le même sens, ce sont les traits de personnalité des membres de la famille qui sont exagérés à un point tel qu’on croit peu aux liens sanguins qui les unissent. Ria couche pour avoir des contrats, tout comme sa mère Meg et même Ken qui reconnaissent avoir dû s’adonner à des faveurs sexuelles pour arriverà un  résultat similaire. Pour Alex, considérant l’importante quantité de drogue qu’il a dans ses bagages, soit ses parents sont d’une ignorance ahurissante, soit ils s’en contrefichent, ce qui n’est pas mieux. Quant à leur enfant adoptif Jermaine, il est constamment malade et son père va même jusqu’à inventer qu’il est né avec le sida pour attendrir un producteur. Reste Casey, la plus jeune d’entre eux qui est exposée à tous ces comportements amoraux et encore une fois, personne ne trouve à redire. Malgré tout, Hit the Road peut compter sur des acteurs charismatiques, dont Jason Alexander, l’éternel George de Seinfield qui viennent in extremis apporter quelques nuances et un bon sens de la répartie au moment de livrer leurs gags. Dès lors, on a envie de donner un peu plus longtemps la chance au coureur.

Malgré quelques imperfections, Loudermilk et Hit the Road pourraient bien se démarquer des comédies peu inspirées auxquelles on a eu droit depuis le début de l’automne. Avec Mr Mercedes dans un tout autre registre qui a été renouvelée pour une seconde saison il y a quelques semaines, Audience Network n’est peut-être pas à négliger dans le complexe échiquier sériel américain.

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