Ghost Wars (2017) : peu de fantômes et pas d’affrontements

Ghost Wars est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis le début octobre sur les ondes de SyFy aux États-Unis. L’action se déroule en Alaska dans un petit village isolé qui est le théâtre de phénomènes étranges. C’est que plus d’un affirmerait être la cible d’attaques fantômes. C’est Roman Mercer (Avan Jogia), un jeune adulte solitaire qui est systématiquement pointé du doigt par les citoyens. Au départ, si l’on ignore s’il a à voir ou non avec le phénomène, une chose est certaine, il serait à peu près le seul à pouvoir l’enrayer. Dernière création de Simon Barry, lequel n’en est pas à sa première science-fiction (Continuum (2012), Van Helsing (2016)), mis à part des prises de vues à couper le souffle du 49e État américain, Ghost Wars échoue à nous fidéliser au niveau du scénario hautement répétitif alors que l’aspect paranormal n’est rien de plus qu’une coquille vide. Bref, une nouveauté à éviter, quoique c’est déjà fait pour la majorité des premiers curieux.

Pas encore la saison de la chasse

Quelques jours seulement avant qu’un tremblement de terre survienne dans la petite municipalité de Port Moore, certains des habitants se croient pris d’hallucinations et tout de suite, c’est Roman qui est pointé du doigt. C’est que sa mère, d’une réputation peu orthodoxe, aurait avant de mourir jeté un sort sur eux, si bien qu’à présent c’est le fils qui écope de la haine de ses contemporains. Pour le moment, il n’y a que le révérend Dan (Vincent D’Onofrio) prend sa défense, allant même jusqu’à affirmer que seul le jeune homme serait en mesure d’exorciser ces monstres. À ce stade, dans chaque épisode nous suivons un protagoniste harcelé par ces fantômes. Ainsi, dans le second, nous avons le marin Kim (Billy McGrath) qui est hanté par celui de son jeune frère Trevor (Vaughn Jones), mort en mer quelques années plus tôt. Dans le troisième, c’est la scientifique Landis (Kandyse McClure) qui est assaillie de vision de ses employés récemment décédés dans leurs bureaux après qu’un test sur l’accélération des particules ait échoué.

C’est tout d’abord au titre qu’il faut s’en prendre puisqu’il laisse penser que l’action sera omniprésente au cours de cette « guerre de fantôme ». D’ailleurs, le deuxième programme le plus regardé de SyFy est justement Z Nation, une pâle copie de The Walking Dead dans laquelle les survivants s’en prennent à cœur joie de massacrer les zombies. D’emblée, on imagine donc qu’on aura droit à l’équivalent dans Ghost Wars, mais c’est un leurre. En effet, au niveau de l’épouvante, disons que les amateurs d’horreur resteront sur leur faim. Les créatures de l’au-delà apparaissent dans un premier temps pêle-mêle à l’écran (une fraction de seconde de surcroit) et c’est à peine si on arrive à en distinguer quelques-uns. De plus, personne sauf Roman ne sait comment les éliminer. Pourtant, cela semble être assez simple. Au second épisode, on voit le protagoniste s’avancer timidement vers l’un d’eux et y aller d’une voix peu menaçante : « I need you to leave. » Pour le coup d’éclat, on repassera…

Sinon, la « planche de salut » de Ghost Wars pourrait se trouver dans la signification des apparitions. Qu’il s’agisse du fantôme de Trevor dans le second épisode ou des employés de Landis dans le troisième, les protagonistes ont tous quelque chose sur la conscience à propos de ces morts. Malheureusement, on n’approfondit pas assez ce filon. C’est que d’une part, on introduit de nouveaux personnages chaque semaine sans pour autant donner un suivi adéquat concernant ceux dont on a fait la connaissance dans celle d’avant. Résultat, on ne s’attache à aucun d’eux. D’autre part, tout est à refaire à chaque fois puisqu’à tous les débuts d’émission, on a affaire à un personnage principal qui ne croit pas aux esprits jusqu’à ce qu’il se rende inévitablement à l’évidence. En bref, inutile étant donné qu’on regarde une série de science-fiction et surtout répétitif.

Jack Daniel, Ketchup et possible plagiat ?

On conçoit que SyFy n’ait pas les mêmes moyens que ceux des grands networks ou de services de vidéo sur demande comme Netflix par exemple. En conséquence, les chaînes du câble qui subsistent grâce aux abonnements et aux commanditaires doivent se montrer créatifs afin d’amasser le plus de fonds possibles. Le cas de Ghost Wars n’est pas le plus judicieux. Dans le premier épisode, on a Roman qui est en pleine discussion avec une serveuse du bar local. Celle-ci porte un chandail avec le logo de la marque de Whisky Jack Daniels qu’il est difficile d’ignorer. Deux semaines plus tard, on a Landis qui dîne avec un collègue, lequel mange des frites qu’il arrose de ketchup. Puis, il dépose la bouteille au milieu de la table, soit, au centre d’un plan de caméra qui s’éternise inutilement. Dans les deux cas, c’est distrayant et grossier à souhait.

Dans un tout autre ordre d’idées, on a l’impression qu’au lieu de se construire une identité propre, la série puise dans ce qui a marché ailleurs… un peu trop effrontément. Il y a d’abord cette scène où un autobus doit faire un 180 degrés après l’apparition d’un jeune garçon au beau milieu de la route. Évidemment, ni le véhicule, ni les passagers s’en sortent indemnes, mais la scène ressemble à un copier/coller des Revenants (Canal+, 2012). Sinon, on a cet amas de plans bizarres nous rappelant des séries comme Twin Peaks (Showtime) ou American Gods (Starz) qui ont amplement fait parler d’elles cet été. Ici, mentionnons entre autres des papillons de nuit qui pénètrent la peau ou encore la tête d’un animal accroché au mur avec le sang qui coule de ses yeux. Le plus ridicule est lorsqu’on se retrouve à la morgue et qu’un cadavre s’est métamorphosé… en béluga. Stupeur du côté des protagonistes, éclats de rire du côté du public. L’effet est manqué.

On doute que Ghost Wars marque l’histoire de la chaîne. Le premier épisode a rassemblé seulement 512 000 téléspectateurs avec un taux de 0,1 chez les 18-49 ans. Un mois plus tard, la moyenne de l’auditoire se situait à 477 000 avec un taux demeuré inchangé. Avec de tels scores, la série se retrouve en queue de peloton des productions originales de la chaîne, tout juste devant 12 monkeys… qui a été reconduite. Rien n’est donc joué quant à son sort.

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