Valor (2017) : 800e critique !

Valor est une nouvelle série diffusée depuis le début octobre sur les ondes de The CW aux États-Unis et KTLA et W Network au Canada. L’action est centrée autour du personnage principal, Nora Madani (Christina Ochoa) qui appartient à la 160e unité d’élite de pilotes d’hélicoptère. Tout juste rentrée de mission top secrète en Somalie, elle et son collègue le capitaine Leland Gallo (Matt Barr) reçoivent une médaille d’honneur pour leur bravoure, mais les deux complices n’ont pas révélé entièrement à leurs supérieurs certaines zones grises concernant le déroulement de l’opération. En même temps, la jeune femme peine par moment à faire sa place dans un monde profondément machiste. C’est justement sur cet aspect que le bât blesse, car au final, ce portrait du milieu de l’armée du point de vue féminin apporte plus de contraintes au bon fonctionnement de l’histoire. Reste qu’à l’image des autres séries militaires lancées cet automne sur les Networks, la création de Kyle Jarrow se révèle un peu plus originale, mais loin d’être un incontournable.

Affronter les préjugés ?

Nora et Leland sont les deux seuls survivants de la mission en terre étrangère. Ils devaient y secourir un supposé prisonnier, mais ils sont tombés dans un guet-apens à main armée. Dans l’énervement, Nora a tué celui qui les menaçait… qui en fait était un agent de la CIA. Sur les entrefaites, leur mystérieux captif a pris la poudre d’escampette. Un tatouage en bas du cou est le seul indice dont ils disposent et en secret, ils tentent d’entreprendre des recherches sur lui. En même temps, on a Thea (Melissa Roxburgh), un membre de la Central Intelligence Agency qui se joint au 160e pour une mission commune afin de délivrer Jimmy Kam (Trè Davis) et Crank Hendrix (Mac Brandt), deux soldats tenus en otages par un groupe de terroristes qui en échange de leur libération réclame qu’on relâche 50 prisonniers détenus par les Américains. Sinon, le secret de Nora envenime sa relation avec son amoureux, Ian Porter (Charlie Barnett), un officier de renseignement qui ne peut s’empêcher d’être jaloux de la promiscuité de sa copine avec Leland. Justement, ses soupçons s’avèrent justifiés…

Valor est la troisième série militaire a avoir été lancée cette saison et il faut tout de même donner crédit à The CW pour être sortie du moule. En effet, contrairement à The Brave de NBC et Seal Team de CBS qui ont tout juste changé la formule policière procédurale pour le cadre militaire, cette nouveauté met davantage l’accent sur des intrigues à long terme tout en cherchant à donner de la profondeur à ses personnages principaux. Mieux encore, alors que les séries des deux concurrents relèguent les femmes soit au second plan dans les missions, soit carrément dans des rôles de superviseur (ce qui les rend passives de facto), on a ici une héroïne qui au même titre que ses acolytes masculins effectue du travail de terrain. D’ailleurs c’était l’objectif premier de créer « a female-driven military drama » selon les confidences d’une des productrices, Anna Fricke.

En même temps, il ne faut pas perdre de vue que la cible commerciale de The CW est beaucoup plus jeune et féminine, ce qui encourage volontairement ou non le recours à des clichés qui en définitive minent le propos de Valor. En effet, on assiste ici au syndrome de la Schtroumpfette. Certes, à l’image de la réalité, les femmes dans l’armée sont rares, mais en fiction, l’enjeu est la manière de les dépeindre. Le meilleur exemple qui nous vienne en tête est Our Girl dont la deuxième saison est diffusée sur BBC One. Dans celle-ci, c’est d’abord le quotidien de l’armée, très réaliste par ailleurs, qui prime. Et s’il est également question de sexisme, on met surtout l’accent sur les qualités de la protagoniste, telle l’empathie sans pour autant que cela la définisse. Elle est donc aussi, sinon plus brave que les autres, mais on n’en fait tout un plat.

Pour en revenir à Valor, dans le premier épisode, après avoir été décorée, Nora est conviée au bureau du colonel Robert Haskins (Nigel Thatch) qui l’empêche temporairement de reprendre son siège de pilote, ajoutant : « There are a lot of officers in command who think we shouldn’t have opened combat positions to women. Let’s not give them any fodder, all right? » S’il l’on n’a pas de difficulté à croire que cette idée préconçue ait cours dans l’armée, il est peu réaliste que le colonel le dise aussi ouvertement. À travers une foule de petits exemples, on tente de dénoncer cette attitude machiste, mais la série se discrédite aussitôt avec son sexisme inversé. Dans le premier épisode, on a Thea qui s’adresse ainsi à Ian : « Anyone ever tell you you look like an action figure? You’re adorable. » Le flirt continue à la semaine suivante : « So you’re not just a pretty face » et tout laisse entendre que l’agent de renseignements bénéficie de traitements de faveur de Thea à cause de son beau visage.

Au niveau de l’histoire, c’est aussi le côté soap (toujours afin de satisfaire l’auditoire de la chaîne) qui empiète sur les missions. Prenons pour exemples le bal du troisième épisode, le personnage de Jess (Corbin Reid), l’épouse inconsolable de Jimmy fait prisonnier dont les tourments nous indiffèrent tellement cela n’apporte rien à l’histoire et surtout les problèmes de cœur. En effet, on a Nora qui se trouve au milieu d’un triangle amoureux entre Ian et Leland. Baisers volés, cachoteries, jalousie, pulsions omniprésentes que l’on s’efforce de ne pas assouvir : au final cela fait beaucoup de grains de sable dans l’engrenage…

Vainqueurs et perdants

Étant déjà à la mi-saison, un petit bilan s’impose pour ces séries militaires. C’est la très médiocre Seal Team qui se trouve au haut du podium puisqu’avec une moyenne de 8,06 millions de téléspectateurs et un taux de 1,21 chez les 18-49 ans, CBS a jugé que sa nouveauté aurait droit à une saison complète de 22 épisodes. Sur NBC, le taux de The Brave après cinq semaines a beau s’être stabilisé à 1,11, c’est l’audience générale de 5,29 millions qui risque de lui coûter un renouvellement.

Du côté de Valor, le premier épisode a rassemblé 1,2 million de téléspectateurs avec un taux de 0,29 et trois semaines plus tard, ce chiffre baissait à 884 000 (taux de 0,20). Certes, The CW ne fédère pas autant de monde que ses acolytes, mais la nouveauté se classe au neuvième rang (sur dix) de ses séries scriptées, tout juste devant Crazy Ex-Girlfriend qui ne doit son renouvellement qu’à l’arbitraire des hauts placés de la chaîne. On ne serait donc pas surpris que Valor rende les armes à court terme.

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