The Mayor/Ghosted (2017) : cases horaires incertaines

The Mayor est une nouvelle série diffusée depuis le début octobre sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CTV au Canada. Le titre fait référence au personnage principal, Courtney Rose (Brandon Michael Hall), un jeune rappeur qui à sa grande surprise a été élu maire de Fort Grey en Californie. Accompagné de son attaché politique, la très compétente Valentina (Lea Michele), il s’attèle tout de même à la tâche, malgré une certaine naïveté. De son côté, Ghosted est diffusée depuis les mêmes dates sur Fox aux États-Unis et City TV au Canada. On y suit les aventures de Leroy (Craig Robinson) et de Max (Adam Scott), deux jeunes hommes récemment recrutés par le Bureau Underground, financé par Washington, afin d’enquêter sur des phénomènes inexpliqués qui pourraient bien impliquer des extra-terrestres. Dans les deux cas, on fait preuve d’une certaine originalité au niveau du contenu, mais la nouveauté d’ABC s’en tire un peu mieux que celle de Fox. Reste que ces séries ont surtout le malheur de partager des cotes d’écoute qui fondent comme neige au soleil.

The Mayor : petites leçons politiques

Courtney rêve de devenir un rappeur et afin d’avoir droit à de la publicité gratuite, il décide de se porter candidat aux élections pour remplacer le maire sortant. Ironiquement, il ne cache pas ses intentions à ceux qui votent lors de débats puisqu’il parle davantage de ses derniers albums que de plans politiques. Pourtant, la population lui accorde sa confiance, mais ce n’est pas avec T.K. (Marcel Spears), son nouveau chef des services aux citoyens et Jermaine (Bernard Leforge), son nouveau directeur des communications (deux amis qu’il a récemment nommés à ces postes) qu’il risque d’être le plus efficace. Entre en scène Valentina, cette voix de la raison qui deux jours plus tôt se moquait ouvertement dans les médias de ses chances d’être élu. Malgré tout, ce « couple » politique parvient dans les premiers épisodes à imposer certains choix. Dans le second par exemple, à force de se casser la tête, on trouve du financement nécessaire pour acheter des instruments de musique aux élèves d’une école en milieu défavorisé. La semaine suivante, Courtney découvre avec effroi que le taux de satisfaction à son égard est à son plus bas et il décide de doter les abribus de la ville de toits. Mais la tâche se révèle plus ardue que prévu alors que son ennemi juré Ed Gunt (David Spade) fait tout pour le discréditer.

Malgré son ton badin, The Mayor est une amusante réponse à l’élection de Trump de 2016. En effet, ici il n’y a pas que les élus envers qui on se montre critique. Il y a aussi ceux qui l’on choisit parce qu’après tout, ce sont eux qui ont accordé leur confiance à un jeunot qui au lieu de discuter d’enjeux sérieux durant le débat, a préféré faire la promotion de ses disques. Peut-être n’est-ce qu’une phase, mais en ce moment aux États-Unis, c’est à qui fait le plus de bruit, peu importe quel genre, qui semble récolter les suffrages. De même, peu de temps s’est écoulé et sans surprise dirions-nous, son taux d’approbation s’écroule à 23 %. Courtney a beau se démener comme un fou pour finalement offrir à ses citoyens des toits aux abribus, la dernière scène de l’épisode est assez éloquente : une piétonne veut le remercier, mais elle trébuche dans un nid de poule. Puis elle se fâche à nouveau et lui demande quand il compte régler le problème.

Du côté du pouvoir, Courtney a beau s’être porté candidat sans réfléchir, reste qu’à l’inverse de l’image que l’on se fait de Trump, notre protagoniste prend très à cœur la confiance témoignée par ceux qui l’ont élu malgré son amateurisme. La naïveté du personnage est le reflet des efforts qu’il déploie pour respecter ses promesses, quitte à examiner au peigne fin les finances de la ville ou s’associer avec son pire ennemi afin d’arriver à des résultats. Les sujets d’épisodes se terminent tous sur une note positive, mais de là à dire qu’ils resteront ancrés dans nos esprits, il y a un pas.

Ghosted : chasse au paranormal ordinaire

Au Bureau Underground, on est en droit de se demander pourquoi son capitaine Ava (Ally Walker) décide de prendre de force Max et Leroy et de les obliger à retrouver un agent porté disparu. C’est qu’ils ont tous deux des atouts qui ne sont pas exploités à leur juste valeur. Leroy par exemple était un excellent policier, mais il a été renvoyé de la LAPD après que son coéquipier eut été tué lors d’une intervention armée. De son côté, Max était un employé de l’Université Stanford et reconnu pour son livre sur les différents univers, mais il a aussi été renvoyé après avoir insisté sur le fait que sa femme avait été kidnappée par des extra-terrestres. Dans le premier épisode, après avoir retrouvé l’agent en question, les deux hommes convainquent Ava de continuer à travailler pour le bureau en compagnie, entre autres, du scientifique Barry (Adeel Akhtar) et de la spécialiste en armes diverses Annie (Amber Stevens West). Et comme chaque semaine a son aventure, dans le second épisode, le duo doit guérir un groupe d’adolescent infecté par un virus de zombie. Dans le troisième, il se rend en Floride afin d’enquêter sur des cadavres dont le cœur a été arraché, mais sans laisser de traces sur l’enveloppe corporelle.

Malgré une amusante mise en scène et une trame sonore nous rappelant les Ghostbusters, le format de 30 minutes ne nous donne pas le temps de nous imprégner des missions qui sont offertes chaque semaine. En effet, on a constamment l’impression d’être à bout de souffle à la fin de chaque épisode. En conséquence, on ne retient pas grand-chose du phénomène « extra-terrestre » si ce n’est que les êtres d’une planète différente n’ont pour but que de tuer les humains. Quant à eux, ils ont toujours la petite potion magique pour les éliminer le plus rapidement possible. Bien qu’on ne s’attendait pas nécessairement à une autre mouture de X-Files, on aurait pu être davantage inspiré du côté du scénario en le rendant plus politique par exemple (conspirations, enjeux pour le futur de la planète, etc.)

Sinon, le duo (classique) formé d’un intellectuel et d’un homme de terrain semble un peu trop forcé, en particulier pour Michael Robinson dont l’air bête constant n’est pas synonyme de jeu d’acteur convaincant. On déplore aussi qu’encore une fois, ce soit deux personnages masculins qui partent en mission alors que leurs équivalents  féminins, qu’on apprécie beaucoup ici, restent à la base à les regarder s’époumoner.

Au final, les idées de ces deux fictions étaient intéressantes, mais c’est peut-être un manque d’ambition commun qui fait que du côté des auditoires, on assiste une dégringolade similaire. The Mayor a commencé sa saison avec 4,08 millions de téléspectateurs avec un taux de 1,22 chez les 18-49 ans et un mois plus tard la moyenne était de 3,36 millions (taux de 0,95). Par ailleurs, Ghosted a démarré avec un auditoire de 3,58 millions pour baisser à 2,7 sur le même laps de temps. Par contre, le taux n’est pas si catastrophique avec une moyenne de 1,22 après un mois. À suivre.

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