The Disappearance (2017): redondant, mais divertissant

The Disappearance est une nouvelle série de six épisodes diffusée depuis le 1er octobre sur les ondes de CTV au Canada et en simultané sur Super Écran en français. L’action se déroule dans la province de Québec le jour de l’anniversaire du jeune Anthony Sullivan (Michael Riendeau). Henry (Peter Coyote), son grand-père adoré lui organise pour l’occasion une chasse au trésor, dont jamais le petit ne reviendra. Mort ? Disparu ? On n’en sait rien et évidemment, ses parents Helen (Camille Sullivan) et Luke (Aden Young) se font du sang d’encre. Deux ans plus tard, la lieutenante Susan Bowden (Micheline Lanctôt) et le sergent Charles Cooper (Kevin Parent) sont sur le point de lancer la serviette, jusqu’à ce que de nouveaux indices fassent renaître l’investigation. Pourtant, les zones d’ombres sont multiples. Le thème de l’enlèvement d’un enfant en série est devenu pour ainsi dire banal et The Disappearance ne peut s’empêcher de tomber dans certains clichés. Reste que l’enquête et les revirements de situation sont si bien ficelés qu’on a envie de poursuivre l’aventure jusqu’à la fin.

Une longue chasse au trésor

Les parents d’Anthony ont beau être sur le point de finaliser leur divorce, reste qu’avec Henry et sa tante Catherine (Joanne Kelly), le petit ne manque pas d’affection. Pourtant, la veille de sa disparition, il est grondé par à peu près tout le monde pour avoir pris des photos de l’intimité des maisons de son voisinage ; poussant un exercice scolaire un peu trop loin. On ne sait trop si l’une de ces photos, peut-être compromettante, serait à l’origine de l’enlèvement, mais toujours est-il que le lendemain le jeune garçon disparaît… avec son album. Puis, deux ans passent alors qu’Hellen et Luke continuent leurs recherches qui les mènent vers de nombreuses fausses pistes. Du côté des policiers, aussi surprenant que cela puisse paraître, il pourrait bien y avoir un lien entre un tueur de chats et la disparition d’Anthony. Sinon, à force de creuser dans le passé des gens, quelques squelettes émergent inévitablement.

La petite histoire derrière la création de The Disappearance ne manque pas d’intérêt. Développée par les Productions Casablanca, la série a été écrite pour le marché francophone canadien, mais ne trouvant pas preneur dans l’immédiat, c’est le groupe Bell qui a décidé de traduire le scénario et de l’adapter pour les anglophones. Du coup, l’action se déroule toujours au Québec avec plusieurs comédiens de la province, mais seule la langue a changé. On ne sait si c’est cette « sensibilité » francophone qui rend la série attrayante, mais toujours est-il que dans son traitement, elle se démarque à plusieurs égards de ce qui se fait au Canada anglais ou aux États-Unis ; un style plus « spectacle » et moins intimiste.

C’est d’abord de démêler constamment le vrai du faux ou plutôt ce qui est pertinent ou pas en lien avec l’enlèvement d’Anthony. En effet, il semble que The Disappearance regorge de fausses pistes, comme au second épisode alors que dans un village voisin, des habitants identifient tous par la positive la photo du jeune homme. L’espoir renaît pour tous les Sullivan… mais en fin de compte il ne s’agit pas d’Anthony. De plus, on se demande toujours à la mi-saison quelle est l’utilité des flashbacks. Par exemple, on apprend qu’Henry a épousé Margaret (Laurence Leboeuf), une femme qui venait tout juste de se faire violer et qui était enceinte lorsqu’ils se sont rencontrés. On est donc persuadé que Luke n’est pas son vrai fils, mais quand ce dernier a connaissance de toute l’affaire, il s’avère que Margaret a accouché une première fois et qu’elle l’a eu 20 mois plus tard. Est-ce à dire que le premier enfant aurait à voir avec la disparition ? Puis, il y a toute cette affaire de chats décapités : cette boucherie a cessé le jour même où Anthony s’est évaporé et ce dernier la veille avait dessiné un petit félin sur une carte de la ville… Enfin, dans le premier épisode, on a ces nombreux flashbacks du jeune homme caché dans le sous-sol d’une maison en construction au moment où il prenait toutes ces photos pour son devoir. Aurait-il assisté à quelque chose de compromettant ? Si oui, pourquoi n’en avoir fait part à personne ? Dans ce contexte, on comprend que Susan et Charles ne sachent plus où donner de la tête !

La série ne durant que six opus, on n’a pas d’objection à se faire mener ainsi en bateau. La disparition s’est produite lors d’une chasse au trésor, on reste donc dans le même thème dans les épisodes suivants. De plus, en temps normal dans ce genre de fiction, ce sont les policiers qui sont à l’avant-plan de l’enquête. On apprécie ici qu’au contraire, ce soient les parents les plus actifs au niveau des recherches, ce qui crée une certaine proximité avec le téléspectateur.

Reste que…

…Un enfant qui disparaît est presque devenu un thème de prédilection à la télévision et c’est peut-être justement cette répétition qui nous rend plus critique aux similarités ou défauts dans une œuvre. C’est d’abord tout le premier épisode, peu importe la série qui demande une certaine patience. C’est qu’on sait que l’action commencera réellement une fois l’enfant enlevé et dans The Disappearance, comme ça ne se produit qu’à la toute fin, notre patience est quelque peu éprouvée puisqu’on sait que le cocon va éclater de toute façon. Sinon, il y a cette scène répétée à satiété d’une fiction à l’autre lorsqu’on apprend à des parents que leur enfant s’est évaporé : chaque fois, seule la mère pleure. Le père, lui demeure stoïque et la prend dans ses bras. On est en 2017 ; les hommes versent des larmes aussi…

Au niveau du synopsis de la nouveauté de CTV, mentionnons de plus quelques incohérences, particulièrement à l’épisode #3. Par exemple, en une quarantaine de minutes de contenu, on a à la fois le père et le fils qui à un moment, défoncent la vitre d’une portière de voiture pour y voler des présumés indices. Quant à Helen, elle va jusqu’à coucher avec un parfait inconnu en échange de renseignements qui ne viendront jamais… parce que ce dernier n’en a tout simplement pas. Reste Henry qui tout au cours des épisodes s’emporte pour un oui ou pour un non. On comprend son désespoir, mais deux ans se sont écoulés et il réagit comme si le drame s’était déroulé la veille.

De toutes les fictions canadiennes lancées cet automne, The Disappearance est celle qui a le plus rejoint son public avec une moyenne d’environ 650 000 téléspectateurs en trois semaines. Pour ce genre d’histoire, une suite serait toujours possible si les détectives étaient chargés d’une autre affaire, mais étant donné qu’on s’est surtout attaché aux parents puisqu’ils ont mené l’enquête, rien n’est moins sûr. En tous les cas, CTV souhaite faire voyager sa fiction un peu partout dans le monde comme ça avait été le cas avec Cardinal. Dans ce cas-ci, sa nouveauté vaut amplement le coup d’œil.

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