Me, myself and I / 9JKL (2017) : pour inconditionnels de CBS…

Me, Myself and I est une nouvelle série diffusée depuis la fin septembre sur les ondes de CBS aux États-Unis et CTV au Canada. Le titre fait référence au personnage principal, Alex que l’on suit à trois moments de sa vie, soit : à 14 ans (Jack Dylan Grazer), à 40 (Bobby Moynihan) et à 65 (John Laroquette). On est à même d’y constater son parcours d’inventeur et ses déboires en amour. De son côté, 9JKL a été lancé sur la même chaîne une semaine plus tard (diffusée en simultané sur Global au Canada). Elle est centrée sur Josh (Mark Feuerstein), un acteur qui déménage temporairement de Los Angeles à New York pour s’installer dans la tour d’habitation que ses parents Judy (Linda Lavin) et Harry (Elliott Gould), ainsi que son frère Andrew (David Walton) et son épouse Eve (Liza Lapira). Inutile de mentionner que tous en profitent pour se mêler un peu trop de ses affaires. Si la première comédie peut nous sembler originale, on ne l’exploite malheureusement pas à son plein potentiel. Quant à la seconde, il n’y a que CBS qui puisse nous arriver avec quelque chose d’aussi peu innovant et malgré tout rassembler autant de monde.

Me, Myself and I : tentative This is Us de CBS

À 14 ans, Alex avec sa mère (Mandell Maughan) déménage chez son beau-père Ron (Brian Unger) et son fils Justin (Christopher Paul Richards). Le plus gros défi pour le jeune homme est de se faire accepter dans sa nouvelle école et surtout de charmer la mignonne Nori (Reylynn Caster). À 40 ans, il vient de divorcer, n’a pas un sou et il vit dans le garage pendant que son ex, bientôt sur le point de déménager habite la maison. Par chance, sa jeune fille Abby (Skylar Gray) est son plus fidèle soutien. Enfin, à 65 ans, il se remet tout juste d’une attaque cardiaque, mais peut prendre sa retraite l’âme en paix ; celui-ci est désormais richissime. Le lien est toujours aussi fort avec Abby et par hasard, il tombe sur Nori avec qui il compte renouer.

D’entrée de jeu, dépeindre ces trois périodes dans la vie d’un homme s’avère assez amusant et ne peut que nous rappeler LA série de 2016 : This is US dans laquelle nous on suit le quotidien d’une famille sur plusieurs années. Mais la principale différence qui joue en défaveur de celle de CBS est le point de vue d’une seule personne, un homme de surcroit. Ceux-ci étant plus souvent qu’à leur tour les têtes d’affiche des fictions, on n’a pas cru bon ici de se défaire des clichés vus mille fois à l’écran. Notons entre autres cette scène que l’on nous montre sans arrêt d’Alex enfant qui muet devant la beauté de Nori perd tous ses moyens. En fait, mis à part Abby, les femmes ne sont ici que des objets de convoitise de la part du protagoniste qui à chaque période de sa vie se retrouve peu comblé en amour. L’ex épouse revêche, l’importance démesurée du premier baiser, sa satisfaction de voir Nori, plus âgée connaître des difficultés de couple ; disons qu’on est loin de prendre des risques au niveau du scénario.

En revanche, on n’exploite pas assez sa vie professionnelle qui nous semble pourtant beaucoup plus intéressante. À la manière de This is Us, on pourrait créer un certain suspens concernant sa carrière : comment il est passé de rêveur, enfant, à complètement désœuvré à 40 ans pour finalement devenir très riche en fin de vie. Le meilleur exemple en ce sens est lorsqu’à 14 ans il fait la connaissance de Darryl (Alkoya Brunson) qui est constamment laissé dans un coin. Pourtant, on apprend que c’est celui-là même qui 35 ans plus tard (interprété par Jaleel White) se révélera être un soutien indéfectible. On aimerait davantage d’épisodes de ce genre, mais la trame plus que prévisible avec Nori prend toute la place.

9JKL : Fait vécu ; vu et revu

Josh est à la croisée des chemins au moment où il décide de rentrer à New York. C’est que la série télévisée dans laquelle il interprétait le rôle principal a été annulée et en plus, il vient tout juste de divorcer. Mais autant ce retour dans la cellule familiale lui apporte un certain baume, autant ses proches ne le lâchent d’une semelle. Dans le premier épisode par exemple, il lui est impossible d’avoir un rancard sans que Judy et Harry viennent le déranger à tout bout de champ. Dans le second, Josh semble réellement tomber amoureux de Lily (Mouzam Makkar) qu’il a rencontrée récemment, mais il est un peu moins chaud à l’idée de la voir régulièrement depuis qu’elle est devenue la meilleure amie de sa mère. Dans la troisième semaine, c’est l’inverse. Ses parents n’approuvent pas qu’il passe du temps avec son nouveau voisin Luke (Tone Bell) qu’ils accusent d’avoir causé un dégât d’eau dans leur appartement étant donné qu’il vit juste en haut de chez eux.

9JKL s’inspire d’une histoire vraie : celle de l’acteur principal Mark Feuerstein qui à un moment donné dans sa carrière s’est installé près de chez ses parents. Évidemment, en comédie on grossit toujours les situations loufoques qu’on a soi-même vécues, mais dans le cas de la nouveauté, on tombe rapidement dans l’exagération la plus complète. On est d’abord en droit de se demander comment sa famille pouvait survivre pendant que Josh résidait à Los Angeles puisque dès son retour, ils s’accrochent à lui comme à une sangsue. Judy va même jusqu’à payer le portier afin qu’il la prévienne, chaque fois qu’il le voit ramener une femme chez lui. Harry ne fait pas plus dans la dentelle alors qu’il n’a manifestement aucune gêne à parler de ses problèmes et prouesses concernant le sexe. Extrait ici : « I mean, Mommy and I aren’t like we used to be, but we still do it on Valentine’s Day. And on both your birthdays. (…)Ever since I had that varicose vein removed from my testicle, I produce a lot more semen. » Dans l’épisode suivant, on change toutefois de registre d’humour puisque Harry s’en veut d’avoir acheté trop de bananes. Du coup, il essaie d’en refiler à tous ceux qu’il connaît… On a déjà vu des sitcoms plus inspirées.

Pour le moment par contre, 9JKL profite de sa très avantageuse place à la suite de The Big Bang Theory dans sa case horaire du lundi si bien que le premier épisode a attiré un auditoire de 8,2 millions de téléspectateurs avec un très haut taux de 1,56 chez les 18-49 ans. Trois semaines plus tard, la stabilité était toujours au rendez-vous avec une moyenne de 7,36 millions et un taux de 1,42. Me, Myself and I aussi a connu un bon départ avec un auditoire de 7,45 millions et un taux de 1,63. Pourtant, depuis un mois ce dernier a fondu de moitié pour se retrouver à 0,80 pour une moyenne de 5,31 millions de téléspectateurs. Et malgré leur suffisance à toutes les deux, gageons qu’au moins l’une d’elles sera renouvelée l’an prochain…

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