Marvel’s Inhumans (2017) : survie assez nulle

Inhumans est une nouvelle série de huit épisodes diffusée depuis la fin septembre sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CTV au Canada. Le titre fait référence à un peuple habitant Attilan, une cité secrète dans la lune gouvernée par Black Blot (Anson Mount) et Medusa (Serinda Swan) : tous deux dotés de pouvoirs extraordinaires. Mais voilà que le couple est menacé par Maximus (Iwan Rheon), le frère du roi qui à la suite d’un coup d’État, s’empare de la couronne. Par chance, ses victimes réussissent à s’enfuir vers la Terre et ils se retrouvent sur l’île d’Oahu à Hawaï. Manque de repères, non unifiés : pour le moment c’est Maximus qui est en contrôle de la situation… mais pour combien de temps ? C’est Disney qui il y a quelques années a acheté les droits de la maison Marvel et il est plutôt ironique que ce soit sa chaîne ABC qui hérite des pires adaptations. En effet, pas plus qu’avec Agents of S.H.I.E.L.D lancée en 2013, Inhumans saura capter notre attention à long terme. Histoire boiteuse, budget limité loin d’être à la hauteur pour ce genre de récit, collision peu crédible entre deux mondes : rien dans la nouveauté de la chaîne ne parvient à nous convaincre.

Des astres qui ne s’alignent pas

Attilan est une monarchie héréditaire et suivant l’ordre de primogéniture, c’est Black Bolt qui a hérité de la couronne. Mais voilà, il souffre d’un handicap qui peut nous paraître insurmontable : s’il sort une seule parole ou son de sa bouche, il peut tuer ou ébranler une cité entière. De son côté Medusa est littéralement armée d’une chevelure épaisse capable de mettre K-O n’importe qui se trouvant sur son chemin. Maximus ne possède aucun pouvoir particulier, mais il sait cependant louvoyer auprès des gens d’influence et c’est ainsi qu’il réussit à s’accaparer le trône. Pourtant, le pire a été évité pour le monarque déchu. C’est que sa belle-sœur Crystal (Isabelle Cornish) possède un bouledogue géant nommé Lockjaw capable de télétransporter quiconque et in extremis elle fait appel à ses services. Voilà comment Black Bolt, Medusa, leur conseiller Karnak (Ken Leung) et Gorgon (Eme Ikwuakor) leur garde du corps se retrouvent expulsés sur l’île d’Hawaï. En parallèle, on a Louise (Ellen Woglom) au centre de contrôle spatial Callisto. C’est elle qui découvre des cristaux terrigènes qui sont sortis de mer, lesquels ont facilité involontairement le voyage d’inhumains sur la terre. Alors qu’au cours des trois premiers épisodes, elle tente de comprendre le phénomène, nos « expulsés » cherchent à se retrouver, mais sans succès. Quant à Maximus, il ne cesse de mettre de la pression sur Crystal afin qu’elle reconnaisse officiellement son statut, mais en vain ; elle aussi d’enfui à Oahu.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’univers de la fiction de Marvel, il est plutôt difficile de comprendre ce qui a justifié un tel coup d’État. On sait par exemple que Maximus ne possède aucun pouvoir et sans la pitié de son frère, il devrait travailler dans les mines avec ses acolytes. Une fois sur le trône, il clame haut et fort qu’une nouvelle ère de liberté est enfin arrivée et qu’il fera tout ce qu’il peut pour améliorer le sort de sa population. Cette ambiguïté est dérangeante puisque l’usurpateur par définition étant toujours un méchant, il nous est difficile de l’abhorrer alors qu’il a trahi toute sa famille. D’un autre côté, on peine à comprendre en quoi le règne de Black Bolt et de son épouse était si effroyable pour justifier un tel changement politique. Certes, les nuances en fiction sont toujours plus intéressantes que le noir ou le blanc, mais dans ce cas-ci, on a l’impression que le scénario manque tout simplement de clarté.

Sinon, c’est le lien entre Attilan et la planète bleue qui reste incroyablement brouillon. Terrigénèse, cristaux terrigènes : au fond on n’y comprend pas grand-chose et ce n’est pas Louise (qui personnifie la raison) qui parvient à nous rendre le tout plus comestible. En fait, les terriens sont au courant qu’une autre espèce vit quelque part ailleurs, mais on est loin de la paranoïa, ce qui est pour le moins étrange considérant les phénomènes inexpliqués qui surviennent après l’arrivée de Black Bolt et ses acolytes. Plus ridicule encore est lorsque Gorgon se retrouve sur une plage après avoir été télétransporté par Crystal. C’est que celui-ci a des jambes de boucs et quand il est rescapé de la noyade par les locaux c’est à peine si ces derniers s’en étonnent. S’ensuit cette conversation : « So what are you gonna do now? » (G) « I have no choice. I have to wait here until they send someone to bring me back. » « Back where? » (G) « The Moon. » « Cool. »

On est loin de Game of Thrones

Certains ont probablement reconnu Iwan Rheon (Maximus) qui tenait le rôle de Ramsay Bolton dans la série d’HBO ; un être machiavélique qui était prêt à commettre toutes les bassesses possibles pour prendre le pouvoir. Pourtant, la comparaison avec Inhumans s’arrête ici puisque la nouveauté d’ABC ne dispose pas tout à fait du même budget… loin de là. En effet, la mise en scène s’avère plus risible qu’imposante. C’est d’abord toute la cité d’Attilan qui peine à nous convaincre vu son manque d’imagination dans les décors. D’architecture brutaliste, l’intérieur du palais royal ressemble à un condo dernier cri avec ses cuisines immaculées et ses spas dans presque toutes les pièces. Du côté de ses citoyens, d’une part on en a arborant des looks extravagants alors que d’autres sont vêtus d’un simple jeans et chandail à manches courtes. Du coup, seules les splendides prises de vue d’Hawaï réussissent à capter notre attention et précisons que les habitants de souche portant des chemises à fleurs sont étonnamment très nombreux. Peu réaliste, mais l’effort est apprécié.

Quant au montage, quand on a envie de rire durant des moments pourtant critiques, c’est qu’il y a un problème. Mentionnons entre autres la scène au ralenti avec Maximus qui « armé » d’un clipper tond la tête de Medusa. Pour ce qui est de Lockjaw, le bouledogue géant peut s’avérer sympathique lorsqu’immortalisé sur des pages de bandes dessinées, mais en trois dimensions à l’écran, c’est l’impression de caricature qui l’emporte. Enfin, il faut mentionner cette scène qui se veut dramatique au moment où l’on remonte dans le passé. C’est qu’on apprend comment Black Bolt a tué ses parents : en ouvrant la bouche. On ne cesse dès lors de l’imaginer détruire une ville en ronflant ou créer un génocide en éternuant…

Sans surprise, les audiences sont catastrophiques : les deux premiers épisodes d’Inhumans présentés le même soir ont attiré 3,75 millions de curieux avec un taux de 0,85 chez les 18-49 ans. Deux semaines plus tard, l’auditoire baissait à 2,3 millions (taux de 0,6). En gros, c’est moitié moins que Shark Tank diffusé dans la même case horaire l’an dernier. L’intérêt aurait pourtant dû s’avérer plus manifeste étant donné que le pilote a été présenté au début septembre dans des salles de cinéma IMAX un peu partout aux États-Unis. Comme quoi le contenu est roi et que celui de la nouveauté d’ABC n’est définitivement pas à la hauteur.

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