Back/ Bad Move (2017): nouveaux arrivants gênants

Back et Bad Move sont deux nouvelles séries de six épisodes qui ont été lancées à la mi-septembre, respectivement sur les ondes de Channel 4 et ITV en Angleterre. Dans la première, on a Andrew (Robert Webb) qui effectue un retour chez une de ses familles d’accueil après plusieurs années sans donner de nouvelles. C’est que son père adoptif Laurie Nichols (Matthew Holness), propriétaire d’une lucrative taverne vient de décéder. Il s’impose donc dans la réorganisation de l’entreprise qui échoit à Stephen, au détriment de Stephen (David Mitchell), son fils naturel que personne n’écoute. Quant à Bad Move, il s’agit effectivement d’un déménagement pour le moment désastreux d’un couple de citadins, Steve (Jack Dee) et Nicky (Kerry Godliman). Si la comédie de Channel 4 a plus de mordant que sa compétitrice, reste qu’en général, les deux nouveautés nous font passer un agréable moment.

Back : l’attrait de l’étranger

Il y a environ une vingtaine d’années, la famille Nichols a accueilli plusieurs enfants en difficulté pour des périodes plus ou moins longues. Apparemment, seul Andrew en a gardé un assez bon souvenir pour aller présenter ses respects aux Nichols. Quant à Stephen, timide de nature, il voit en cette mort une opportunité de perpétuer l’héritage légué par son père : assurer la continuité au niveau de la taverne. Cependant, Andrew à un je-ne-sais-quoi qui séduit rapidement Cass (Louise Brealey) et Ellen (Penny Downie), respectivement fille (naturelle) et veuve du défunt qui s’extasient à toutes ses idées nouvelles. Dans les trois premiers épisodes, il organise une foire pour faire connaître les produits de leur pub, engage des serveurs plus agréables à regarder et se met en tête de redécorer de façon plus authentique l’établissement.

Ce qui nous encourage à revenir chaque semaine dans Back, c’est définitivement ce combat de coqs entre les deux principaux protagonistes et c’est dans les flashbacks de leur jeunesse qu’on est à même de comprendre leurs personnalités opposées. Pour Stephen, l’ambiance est plus que sombre avec Laurie;  un père austère menant ses enfants à la baguette. Pour Andrew, tout n’est que lumières puisque c’était le plus calin des patriarches, toujours souriant et jamais à court d’idées pour stimuler l’imagination de ses ouailles. Par ricochet, c’est par ces souvenirs de jeunesse qu’on comprend mieux leurs personnalités d’aujourd’hui… et qui provoque le rire en nous. Stephen entre autres s’écrase chaque fois que son ex Alison (Olivia Poulet) lui demande une faveur. Par exemple, il la laisse avec son nouveau petit ami utiliser sa roulotte pour copuler étant donné qu’elle ovule à l’instant même. Plus tard, il recueille un chien qu’on a abandonné et se résout à payer en conséquence les faramineux frais de vétérinaire. Le plus ironique est qu’il est probablement le seul ayant encore les pieds sur terre face aux dépenses aussi élevées qu’inutiles d’Andrew. Le problème est qu’il ne sait pas se faire entendre.

Quant à son « frère », on le voit en début d’émission personnifier un docteur dans l’avion alors qu’un homme à un malaise. Un peu avant, il se proposait de servir d’interprète entre l’hôtesse de l’air et un passager des pays de l’Est, bien qu’il ne parle pas la langue. Son désir de paraître utile semble primer sur toute autre considération et ça marche à merveille auprès de son nouvel entourage. C’est à se demander par contre si Andrew est un flagorneur éhonté ou s’il n’a tout simplement pas quelques problèmes psychologiques. C’est que son C.V. est impressionnant (en admettant que tout ce qui est écrit soit vrai), mais il contient un trou de 18 mois dans lequel nul ne sait ce qu’il a fait. Prison ? Institution mentale ? La curiosité est donc bien entretenue, ce qui nous donne envie de poursuivre l’aventure.

Bad Move : « You’re in a dip »

Dans la cinquantaine et assez confortables financièrement, Steve et Nicky ont décidé de quitter la ville pour la campagne… sans trop y réfléchir. Côté travail, il n’y a aucun souci puisqu’elle est architecte paysagiste et lui designer de sites web. C’est surtout l’acclimatation à leur nouveau mode de vie qui s’avère difficile. D’abord, la maison qu’ils ont achetée leur cause beaucoup de problèmes avec l’internet qui ne s’y rend pas et les constants dégâts d’eau. Leur entourage n’est pas des plus plaisants non plus. Il y a Ken (Philip Jackson), le père de Nicky qui débarque à n’importe quelle heure pour leur venir en aide et leur rappeler par la bande qu’ils ont pris une mauvaise décision. Les voisins ne sont pas mieux. D’un côté il y a le turbulent et bruyant millionnaire Grizzo (Seann Walsh) et de l’autre, Matt (Miles Jupp) et Meena (Manjinder Virk) et leurs enfants : la petite famille modèle qui se complait dans la simplicité volontaire.

On pourrait décliner à l’infini le nombre de fictions mettant en scène la frustration de citadins fraîchement installés en campagne ou l’inverse. En ce sens, Bad Move n’innove pas vraiment, mais s’abstient de tomber dans les clichés d’usage, ce qui est déjà quelque chose ! En fait, la série évite notre désintérêt en raison de son couple sympathique. En effet, Steve et Nicky ne sont pas des snobs n’ayant jamais vu la neige neiger, sans pour autant être débordante d’un optimisme un peu trop caricatural. Il est donc aisé de se reconnaître en eux et leurs tracas quotidiens. Oui, ils ont le droit de s’énerver contre toutes les tuiles qui leur tombent sur la tête, mais en même temps, on comprend leur attitude conciliante forcée envers certains proches, question de ne pas se mettre à dos toute la communauté. Nous avons aussi des moments assez comiques comme lorsque Nicky accepte de travailler en échange… d’un gâteau ou plus tard quand l’argent frais du couple déposé sur une table s’enflamme en raison de la réflexion du soleil sur un trophée de verre.

Back a connu un bon départ dans sa case horaire de 22 heures : 1,38 million de téléspectateurs ont répondu à l’appel tandis que la semaine suivante, ils étaient toujours 88 000 présents, soit, une baisse d’environ 30 %. Présenté plus tôt dans la case de 20 heures, le premier épisode de Bad Move a attiré évidemment un auditoire plus large de 4,27 millions pour une part de 22,1 % sur l’ensemble des téléspectateurs.

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