The Orville (2017) : destination inconnue

The Orville est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis la mi-septembre sur les ondes de Fox aux États-Unis et CityTV au Canada. Le titre fait référence au nom du vaisseau que le capitaine Ed Mercer (Seth MacFarlane) est appelé à diriger pour diverses missions interplanétaires. S’entourant de ses meilleurs amis, il se montre cependant beaucoup moins enthousiaste lorsqu’on l’oblige à exécuter ses tâches aux côtés de la commandante Kelly Grayson (Adrianne Palicki) qui n’est nulle autre que son ex-épouse. Néanmoins, le travail les rattrape et chaque semaine de nouvelles aventures les occupent. Hommage à la mythique série télévisée Star Treck, The Orville nous déçoit presque à tous les points de vue. Cette comédie dramatique n’exploite aucun des deux genres à son plein potentiel et peine à trouver sa ligne directrice.

60 et non 30

The Orville démarre et nous voilà en plein 25e siècle alors que l’espace est une nouvelle planète en soi avec une foule d’espèces humaines aux traits et aux mentalités diverses. Ed qui depuis longtemps souhaitait survoler ces différents univers déchante quelque peu quand on lui adjoint Kelly. C’est que quelques mois auparavant le couple s’est séparé après que cette dernière l’ait trompée avec un martien d’une autre planète. Pourtant, ils doivent mettre leurs querelles de côté lorsque Krill (Joel Swetow), un capitaine ennemi s’empare d’une invention permettant en quelques secondes de faire vieillir quelque chose (ou quelqu’un) en quelques secondes seulement. Unis dans la tourmente, les deux commandants décident finalement de continuer leur collaboration, mais ils sont kidnappés à la seconde semaine par des habitants de la planète Calivon qui les mettent en cage, tels des animaux au zoo. Dans l’épisode suivant, Ed et son équipe sont tout simplement outrés du fait que Bortus (Peter Macon) et Klyden (Chad L. Coleman) qui viennent tout juste d’avoir un enfant requièrent les services du docteur du vaisseau afin qu’elle effectue un changement de sexe ; les filles étant en effet inutiles chez la race des Moclans.

Certains acteurs sont naturellement associés à des drames alors que d’autres à la comédie, ce qui est le cas de Seth MacFarlane qui pour la première fois est la tête d’affiche d’une série d’un grand réseau. Du coup, en se fiant sur les différentes bandes-annonces promotionnelles, on pense automatiquement que The Orville sera une extension de l’humour grinçant et quelques fois puéril associé à l’acteur et créateur de la nouveauté. Pourtant, on est loin ici de nos repères à la Family Guy, Cleveand Show et American Dad de Fox.  C’est d’ailleurs la durée des épisodes qui en elle seule symbolise toute la confusion qui règne autour de la série. Ceux d’une demie-heure (incluant les publicités) sont habituellement associés aux comédies tandis que ceux de 60 à des drames. Or, dans The Orville, on se retrouve toujours à espérer des blagues qui ne viennent pas. Comme si on s’était rendu compte à la dernière minute chez Fox qu’il fallait combler un 30 minutes supplémentaires dans la grille horaire, il y a énormément de scènes qui s’éternisent, des plages de silence inutiles et des plans de plusieurs secondes sans raison apparente.

En plus du rythme qui inévitablement en pâtit, c’est au niveau du contenu que le bât blesse puisqu’après trois épisodes, on ignore toujours ce que l’on cherche à nous raconter. Par exemple, l’aventure légère à laquelle est exposée l’équipe et surtout la trame sonore nous rappelle The Librarians lancée en 2014 sur TNT. La semaine suivante, Alara Kitan (Halston Sage), la chef de la sécurité qui est mise de l’avant alors qu’elle doit faire ses preuves en secourant Ed et Kelly. Pourtant au troisième épisode, son personnage retombe dans l’ombre et le sujet général est pour le moins… surprenant.

« Provoquer une discussion »… chez Fox

En effet, cet épisode ayant pour thème le changement de sexe sort quelque peu de nulle part et les voyages intergalactiques semblent lointains tout à coup. C’est que couple formé de deux Moclans masculins vient « d’accoucher » d’une petite fille et il est dans la nature des choses dans leur race d’effectuer un changement de sexe ; les femmes, selon eux n’étant bonnes à rien. Le premier problème dans ce contexte est l’origine martienne du couple, soit, le thème principal qu’embrasse la série. Peut-être en effet que les Moclans féminins ont certaines tarres. Ce que nous avons ici, c’est un point de vue humain (Américain…) en matière éthique qui devrait s’étendre à tous les types d’espèces présentes dans The Orville. C’est assez réducteur… tout comme le manque de subtilité des certains arguments qui ressemblent plutôt à un message destiné à informer le public. Il n’y a évidemment rien de mal à parler d’un tel sujet sur un network, mais ici il s’agit surtout d’une rupture de ton : on peine à saisir le fil conducteur de la nouveauté. Sinon, l’ironie est assez palpable puisqu’il s’agit en quelque sorte d’un double discours. Certes, on a à l’écran ce qui s’apparente à un couple homosexuel alors que Bortus et Klyden tout au long de l’épisode réitèrent l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. En même temps, ils incarnent aussi une race dégénérée par ce qu’ils s’apprêtent à faire subir à leur fillette. À l’opposé, nous avons Ed et tous ses compatriotes, des Blancs, qui représentent les valeurs les plus pures, soit l’ouverture à l’autre, la tolérance, etc. Au fond, on a toujours la même caste qui tente d’imposer son point de vue qui est évidemment le plus sage.

La saison des networks s’amorçant le 25 septembre, The Orville, lancée deux semaines plus tôt avait le champ libre pour prendre sa place, ce qui s’est dans un premier temps concrétisé. 8,59 millions de téléspectateurs ont en effet répondu à l’appel le premier dimanche soir avec un excellent taux de 2,7 chez les 18-49 ans. Mieux encore, celui-ci est resté inchangé en deuxième semaine avec une légère baisse d’auditoire : 6,63. C’est au troisième épisode que ça s’est gâté alors que la série a été déplacée dans sa case régulière du jeudi soir à 21 h. C’est que sans une partie de la NFL en « lead-in », les chiffres ont descendu à 4,05 millions et le taux à 1,1, soit à égalité avec une reprise de The Big Bang Theory sur CBS. Dans la semaine du 25 septembre, la nouveauté de Fox affrontera entre autres le retour de Scandal et celui très attendu de Will and Grace à NBC… ses chances sont de survie sont donc assez minces…

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