Atypical/Marlon (2017) : trop grand public

Atypical est une nouvelle série dont les huit épisodes ont tous été mis sur le site de Netflix le 11 août. Le titre fait référence à Sam Gardner (Keir Gilchrist), le personnage principal qui est atteint de troubles du spectre de l’autisme. Sa mère Elsa (Jennifer Jason Leigh) fait tout ce qu’elle peut pour l’accommoder, en particulier concernant la vie en société, mais du haut de ses 18 ans, le jeune homme s’engage à devenir de plus en plus indépendant. Quant à Marlon, cette nouvelle sitcom d’autant d’épisodes est diffusée depuis le 16 août sur les ondes de NBC. On y voit le protagoniste du même nom (interprété par Marlon Wayans) s’adapter difficilement à la coparentalité depuis qu’il est séparé de sa femme Ashley (Essence Atkins). Quant à leurs deux enfants, Marley (Notlim Taylor) et Zack (Amir O’Neil), ils approchent de l’âge où ils ont de moins en moins envie que ce père envahissant se mêle de leurs affaires. Dans un cas comme dans l’autre, on peine à s’attacher à ces fictions qui pourtant font tout ce qu’elles peuvent pour nous prendre par les sentiments. Dans le cas de celle de Netflix, l’histoire principale pleine de potentiel dérape vers quelques thèmes insipides alors que chez NBC, on en fait trop.

Atypical : un peu trop démystifiée

En raison de ses divers symptômes des troubles du spectre de l’autisme, Sam n’a pas assez de contacts en dehors de sa famille, mais compte bien remédier à la situation grâce à l’aide de Julia (Amy Okuda), sa nouvelle thérapeute. Pour le moment, la priorité du jeune homme est de trouver la parfaite petite amie, mais ses difficultés à communiquer ses émotions et son manque de confiance en soi représentent un obstacle majeur. Ça ne s’améliore pas lorsqu’il découvre qu’en fait, il est tombé amoureux de Julia… Du côté de ses parents Doug (Michael Rapaport) et Elsa, on sent que la condition de leur fils a affecté leur mariage et après une rencontre avec d’autres mères d’autistes, cette dernière se laisse courtiser par Nick (Raul Castillo), un barman qui ne lui ménage pas ses charmes. Reste Casey (Brigette Lundy-Paine), la jeune sœur de Sam qui malgré sa volonté de mettre toutes ses énergies dans la course, tombe amoureuse d’Evan (Graham Rogers) récemment renvoyé pour avoir volé des instruments de musique à son école.

L’avantage avec la profusion sérielle que l’on connaît, c’est qu’il y en a de plus en plus pour tous les goûts et pour se démarquer, les productions se doivent de sortir des sentiers battus. Ainsi, rien que l’an dernier, BBC One présentait The A Word, une série dans laquelle une famille découvrait que leur jeune fils était autiste. Puis, la saison suivante, c’était au tour d’ABC de nous arriver avec Speechless avec pour personnage principal un adolescent atteint de paralysie cérébrale. Dans la nouveauté de Netflix, Sam a entre autres de la difficulté à comprendre les codes sociaux qui l’entourent, dit tout ce qui lui passe par la tête et fait preuve d’hypersensibilité sensorielle aigüe. Si on peut féliciter Netflix de mettre très temporairement en sourdine ses adaptations de Marvels pour s’attaquer à une série comme celle-ci plus marginale, force est d’admettre que le constat d’échec est frappant. En effet, on n’arrive tout simplement pas à nous transmettre les troubles et symptômes énoncés ci-haut que ressent Sam. C’est que le protagoniste a beau nous expliquer ce qui se passe dans sa tête, difficile de comprendre à quel point ça l’affecte dans sa vie de tous les jours. Le meilleur exemple se trouve dans le troisième épisode alors que Julia encourage son patient à lui-même aller magasiner des vêtements correspondants à son style. D’ordinaire, c’est sa mère qui s’en occupe et celle-ci est terrifiée quand ils se rendent au centre commercial. Elle pique aussi une crise en s’adressant à une vendeuse parce que cette dernière n’a pas tamisé les lumières et arrêté la musique qui pourraient perturber son fils. Or, ce n’est même pas un problème pour le principal intéressé. On trouve une foule d’autres petits exemples dans le même genre qui nous font plutôt passer Elsa pour une mère surprotectrice. Dans la même veine, lorsqu’elle avoue être à bout de patience, on a du mal à ressentir de l’empathie à son égard tellement Sam semble maîtriser la situation.

L’autre défaut d’Atypical est la redondance du récit. On imagine que les épreuves du quotidien sont multiples pour les autistes, mais après trois épisodes, il n’est question que de rencards… et ce, pour toute la famille sauf Doug. En effet, pendant que Sam cherche chaussure à son pied, on a Casey et Evan qui s’apprivoisent alors qu’Elsa essaie par tous les moyens de résister aux charmes de Nick. Ces intrigues sont d’une telle banalité qu’en milieu de parcours la motivation de poursuivre l’aventure nous fait déjà défaut.

Marlon : la case « Noire » de NBC

À en juger par leurs interactions, la séparation entre Ashley et Marlon ne semble pas avoir été prise d’un commun accord puisque ce dernier vit pratiquement avec son ex-femme. Dans le premier épisode, celle-ci est d’ailleurs vivement critiquée par Marlon lorsqu’elle a un rendez-vous galant avec un autre homme. Dans le second, elle, sa sœur Yvette (Bresha Webb) et son beau-frère Stevie (Diallo Riddle) tentent de convaincre, non sans mal Marlon de se débarrasser de leurs souvenirs de couple qu’il avait rangés dans une unité d’entreposage. La semaine suivante, on a notre protagoniste qui grimpe dans les rideaux en apprenant que Marley a un premier rencard.

En juillet 2015, NBC lançait, tels des ballons d’essai les sitcoms Mr Robinson et enchaînait après avec The Carmichael Show. Cette dernière ayant définitivement trouvé son public, l’hilarante fratrie a continué à égayer nos étés durant trois saisons. Formule gagnante avec pour protagonistes plusieurs membres d’une famille afro-américaine, dans ce contexte l’arrivée de Marlon équivaut à du réchauffé. Pour preuve, le salon dans lequel se déroulent la plupart des gags sent encore la peinture fraîche tellement il ressemble à celui de la série précédente. Parlant d’humour justement, la nouveauté semble désespérée d’extirper les rires de la gorge de son public, mais ce n’est pas avec les dialogues actuels qu’elle réussira. De toute façon, l’irritant majeur est son sujet principal, alors il n’y a pas grand-chose à faire pour remédier à la situation. En effet, l’acteur en fait trop, élève la voix constamment et s’énerve pour un rien. En plus de nous donner de nombreux maux de tête, ses simagrées ont finalement raison de notre patience à l’épisode #3 alors qu’il joue le père surprotecteur à l’excès. Quant aux personnages secondaires, ils n’apportent rien de bien drôle aux intrigues, en plus d’être mal définis. Yvette par exemple dans le pilote citait dieu à toutes les deux répliques tandis que dans les suivants, elle joue la femme fatale. Stevie pour sa part ne cesse de mettre en valeur son intellect supérieur et pourtant, il dort toujours chez son frère sur le canapé…

Parlant de redondances, on pourrait affirmer la même chose au niveau des cotes d’écoute. Le premier épisode de Marlon a attiré 5,28 millions de téléspectateurs et le second 4,05 avec des taux chez les 18-49 ans respectifs de 1,3 et 1,0. Et pour les six premières semaines, la fiction pouvait compter sur un auditoire moyen de 4,27 (taux de 1,06), soit, des chiffres similaires à la première saison de The Carmichael Show. Donc, prochaine sitcom à venir dans trois ans ? Quant à Atypical, une seconde saison n’a pas encore été annoncée, mais l’autisme sera au cœur de la nouvelle série d’ABC The Good Doctor diffusée cet automne. Là non plus il ne faut pas espérer de miracles…

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