21 Thunder (2017) : ça ne sent pas la coupe

21 Thunder est une nouvelle série de huit épisodes qui est diffusée depuis la fin juillet sur les ondes de CBC au Canada. Le titre fait référence à une équipe de soccer professionnelle établie à Montréal alors que de jeunes membres viennent tout juste d’être recrutés. Mais si les victoires sont au rendez-vous dans un premier temps sur le terrain, il en est tout autrement de la vie personnelle des joueurs et de l’administration. Unique nouveauté fiction au Canada pour la saison estivale, 21 Thunder démarre avec de bonnes intentions et certaines intrigues intéressantes, mais peine à garder le cap après trois épisodes avec une surenchère de constantes complications. Chose certaine, avant de penser donner une vie à l’international aux créations canadiennes, un minimum d’encouragement de la part du public serait nécessaire.

Des problèmes, des problèmes…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Thunder U21 a subi de grands changements, à commencer par l’embauche de Davey Gunn (Ryan Pierce) comme coach principal et de Christy Cook (Stephanie Bennet), une ancienne olympienne qui devient son adjointe. Du côté des joueurs, notons l’acquisition de Junior Lolo (Emmanuel Cabongo) tout droit venu d’Afrique avec pour seule condition à son contrat qu’il puisse y amener son jeune frère. Mais voilà qu’arrivé en terre québécoise, il engage un détective privé pour retrouver la trace d’un autre de ses frères disparu depuis quelques années. Notons aussi qu’une des stars de l’équipe, Nolan Gallard (RJ Fetherstonhaugh) croise d’anciens amis envers qui il a une dette : après avoir été impliqué malgré lui dans un meurtre, il fait l’objet de chantage de la part de ces derniers. Mentionnons enfin Lara Yun (Eileen Li), étudiante en médecine à McGill et qui effectue un stage au sein de l’équipe. Subissant la pression de proches, elle entre en contact avec un éminent arbitre afin de le convaincre éventuellement de truquer une partie.

Sport encore peu populaire dans les pays anglo-saxons outre l’Angleterre, le soccer (football) est néanmoins au centre des intrigues dans de récentes fictions telles que Matador de la chaîne El Rey aux États-Unis et The Warriors sur ABC en Australie. Et justement, à l’image dudit sport, on ne peut pas dire qu’elles aient eu un grand écho auprès des téléspectateurs. Dans le cas de 21 Thunder, la série bénéficie d’une meilleure visibilité étant donné qu’elle est présentée sur les ondes du diffuseur public, volet anglophone et le premier coup d’œil est convainquant. La table est bien mise quant aux enjeux à venir et on apprécie surtout la grande diversité culturelle au casting. C’est d’autant plus vrai que celle-ci ne semble pas forcée étant donné que les stars des équipes professionnelles sont recrutées d’un peu partout dans le monde.

Pourtant, dès le deuxième épisode, ça s’essouffle ou plutôt ça nous essouffle. C’est que presque tous les joueurs ont d’horribles squelettes dans leur placard, et c’est sans compter les coachs et membres du personnel. Lara Yun, la dernière en date avec l’histoire des matchs truqués est peut-être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Bref, ça met à rude épreuve la crédibilité de la série, d’autant plus qu’à certains moments, on n’a pas l’impression que ce sont les bons créneaux qui sont exploités. C’est particulièrement le cas de Christy dont la mère malade ne cesse de lui causer des ennuis. Ces scènes ne mènent à rien et on aurait préféré que l’on s’attarde sur le sexisme dans le monde du sport ; elle qui est la première à occuper un tel poste au sein d’une équipe professionnelle masculine.

Sinon, c’est avec des séries comme celles-ci que l’on réalise que le Canada n’a peut-être pas les moyens de ses ambitions comme son voisin américain au sud. C’est dans un premier temps le manque de glamour qui fait défaut à 21 Thunder. On veut bien admettre que le soccer n’a pas encore la même notoriété que le hockey en Amérique du Nord, mais on peine à croire que des joueurs professionnels partagent des appartements et vivent comme des écoliers. Sinon, cette « modestie » nous frappe aussi sur le terrain lorsque l’équipe affronte son équivalente californienne. C’est à peine s’il y a deux ou trois étages aux gradins et la « foule » est réduite à son minimum. C’est d’autant plus étonnant que la série a su tirer tout l’avantage qu’elle pouvait de tourner à Montréal.

Canada, Québec, Montréal

Justement, dans le cas de 21 Thunder, Montréal est bel et bien à l’honneur. Pour ceux familiers avec la ville, les paysages sont parfaitement reconnaissables, du Mont-Royal au canal Lachine, en passant par Pointe St-Charles et même le campus de l’Université Concordia qui est au centre de l’intrigue dans l’épisode #3. Et c’est dans compter le Stade Saputo. En effet, ce complexe héberge l’Impact ; l’équipe professionnelle montréalaise qui a eu la grandeur d’âme de prêter ses locaux à la production, incluant même le bureau de Joey Saputo, le propriétaire de la franchise sportive. Cette « célébration » de la métropole francophone est d’autant plus exceptionnelle qu’en règle générale, dans le scénario les séries canadiennes se déroulent habituellement « quelque part en Amérique du Nord ». C’est qu’apparemment, les fictions du pays ont tendance à mieux se vendre si l’on entretient le flou quant à leurs localisations (l’intérêt serait plus grand quand les téléspectateurs pensent qu’elles proviennent des États-Unis…). Rien de tout ça donc avec la nouveauté de CBC. Au contraire, la série basée à Montréal serait même un avantage selon son co-créateur Kenneth Hirsch : « (…) the international buyers bought the idea that it was the perfect backdrop for an international story about soccer. (Montreal) has that international appeal and that cosmopolitan flavour. »

Attrait de l’étranger, soit, mais encore faudrait-il que son propre public s’y intéresse. En effet, seulement 204 000 téléspectateurs ont regardé le premier épisode et ils n’étaient que 135 000 et 129 000 les deux semaines suivantes. 21 Thunder a beau compter plusieurs défauts, elle ne mérite cependant pas un score aussi dérisoire. Et voilà qu’on peut déjà présumer que la série ne sera pas renouvelée pour un deuxième opus et que le huitième épisode se terminera probablement avec une foule de cliffhangers

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