Rattrapage printanier australien : Seven Types of Ambiguity (2017)

Seven Types of Ambiguity est une nouvelle série de six épisodes qui ont été diffusés du 13 avril au 18 mai sur les ondes d’ABC TV en Australie. L’histoire principale tourne autour de Sam Marin (Harrison Molloy), un jeune garçon qui est porté disparu suivant le retour à l’école après une excursion scolaire. Évidemment, c’est la panique du côté de ses parents Joe (Alex Dimitriades) et Anna (Leeanna Walsman) que la police peine à rassurer. Heureusement, le bambin est retrouvé quelques heures plus tard, sain et sauf. Le plus difficile pour le moment est de comprendre les raisons d’un tel geste de la part du « kidnappeur » Simon Heywood (Xavier Samuel) et de sa présumée complice Angela (Andrea Demetriades). C’est d’autant plus nébuleux que tous les principaux intervenants dans ce psychodrame se connaissent… Adaptation du livre éponyme d’Elliot Perlman, Seven Types of Ambiguity renoue avec le style de The Slap, nous offrant à chaque épisode un nouveau point de vue sur l’événement avec une efficacité hors pair. En effet, de la profondeur des personnages aux subtilités de la mise en scène, une fois la série commencée, impossible de ne pas la terminer.

Tourner magnifiquement autour du pot

Bien que l’histoire diverge quelque peu d’un point de vue à l’autre, il y a des faits qui s’accordent dans toutes les versions et que la police s’attèle à démêler. Tout d’abord, Anna et Simon ont été en couple pendant trois ans avant que cette dernière ne rencontre Joe. N’ayant jamais vraiment digéré la rupture, celui-ci a été confronté à un autre coup dur en lien avec le crime dont on l’accuse : une disparition d’enfant. En effet, quelques années plus tôt, Simon donnait des cours du soir à un élève qui après être allé à la salle de bain n’est jamais revenu. Récemment, son richissime père lui a pris des rendez-vous chez un psychiatre : Alex Kilma (Hugo Weaving), lequel est empêtré dans un douloureux divorce et qui est notre point de vue au second épisode. Quant à la supposée complice du kidnapping, elle connaissait assez bien Joe puisqu’elle a couché avec lui plusieurs fois. Escorte de luxe, Angela (le sujet du troisième épisode) est aussi la voisine de palier de Simon duquel elle est tombée amoureuse. Dans un premier temps, elle envisage même de mentir pour lui faire éviter la prison, mais lorsque les journalistes se mettent à écrire des articles sur elle et son métier, disons qu’elle a d’autres chats à fouetter.

Il serait légitime d’affirmer qu’on a suffisamment fait le tour des séries concernant les enlèvements/morts d’enfant et l’on pousse presque un sourire de soulagement quelques minutes après le début de Seven Types of Ambiguity dès que Sam est retrouvé. Mieux encore, la structure de The Slap que l’on décèle assez tôt est plus que bienvenue. Loin d’être une copie de ce qui a déjà été fait, ce choix artistique de nous proposer une vision différente des événements convient parfaitement à la structure sérielle; les épisodes se substituant à des chapitres. Encore faut-il que l’exécution soit solide, ce qui est le cas avec cette nouveauté d’ABC. En effet, on ne cesse de tourner habilement autour du pot puisque jamais nous n’avons droit à la version officielle de l’enlèvement (en admettant que c’en soit un). Du coup, plusieurs questions restent en suspens et on imagine que l’on nous fournira quelques réponses à l’épisode #5 qui se concentre sur Gina Serkin (Susie Porter), l’avocate de Simon.

Avec la même méticulosité au niveau de la mise en scène, on nous sert toujours un extrait qui est répété d’un épisode à l’autre, mais se déroulant différemment. Par exemple, dans le premier, on a Joe qui manque de change devant une machine à café du poste de police et il demande à Alex qui est tout prêt quelques pièces en échange d’un billet que ce dernier refuse. Dans l’émission suivante, le psychiatre voit le père littéralement rager contre la machine et c’est lui qui lui offre des sous et accepte l’argent en échange. Évidemment, il s’agit là de détails, mais significatifs dans la mesure où ces scènes nous rappellent qu’il ne faut rien tenir pour acquis; que le point de vue est subjectif et par défaut biaisé. C’est justement pourquoi Seven Types of Ambiguity se révèle si fascinante puisqu’on ne cesse de nous titiller avec ce qui pourrait être une déformation de la réalité ou pourquoi pas un mensonge. Simon par exemple dit qu’en se rendant par hasard chez Anna il y a quelques mois a secouru de la noyade Sam qui était tombé dans la piscine. Hallucination de quelqu’un qui consulte un psychiatre ? Quant à Angelica, elle affirme qu’en voyant Simon le soir de la disparition, elle a trouvé l’enfant avec lui enjoué alors qu’ils jouaient aux cartes. Perception tronquée de la part d’une femme amoureuse de son voisin ? Possible.

Un six en sept

Évidemment, ce qui nous pousse à poursuivre Seven Types of Ambiguity est la finale puisque le dernier épisode se concentre sur Anna; assurément la clef de tout ce mystère. Et selon les perceptions, toutes les hypothèses fusent à son sujet et sans surprises, elles l’incriminent du moins du point de vue moral. Par exemple, Alex émet des doutes dès le départ concernant l’ancienne flamme de son patient : « I read over Anna’s statement again. There’s something so so clinical in her statement. » Pour sa part, Joe en se confiant à Angelica a décrit sa femme en ces termes peu élogieux: « She uses sex as a tool to manipulate me. It’s part of her personality, I guess. It’s what princesses do when they don’t get what they want. They play dirty. » Reste Simon qui instable mentalement affirme : « I already knew Anna was unhappy. I knew the moment I saw her again. »

L’ironie est palpable dès qu’on amorce la série puisqu’à l’image du livre, on fait état de sept points de vue tandis que la fiction n’en relate que six pour être conséquente avec son nombre d’épisodes, soit : Joe, Alex, Angelina, Mitch (Anthony Hayes), Gina et Anna. Lequel manque-t-il ? Évidemment, on ne peut que laisser le bénéfice du doute à ABC qui ne pourrait en toute conscience charcuter le concept de la fiction pour de simples raisons monétaires. En tous les cas, Seven Types of Ambiguity a connu un excellent départ avec 502 000 téléspectateurs, se classant au 10e rang des programmes les plus regardés de la soirée du 13 avril. Malheureusement, l’attraction pour la série s’est étiolée de semaine en semaine pour ne plus figurer dans le top 20 des émissions les plus populaires lors de sa finale. Espérons seulement que le rattrapage sur les différentes plateformes aura fait son œuvre.

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