The Mist (2017) : l’ennui nébuleux

The Mist est une nouvelle série de dix épisodes diffusée depuis la fin juin sur les ondes de Spike aux États-Unis. L’action se déroule à Bridgeville, une petite municipalité du Maine alors qu’un épais brouillard rend impossible tout déplacement. Pire encore, des morts affreuses surviennent sans que l’on ne sache trop de quoi il en retourne et les habitants, terrorisés n’osent plus sortir de chez eux ; les moyens de communication étant tous coupés. Adaptation d’un roman éponyme de Stephen King, The Mist vaut à peine le coup d’œil en raison de ses raccourcis scénaristiques et d’une mise en scène peu convaincante. Quant à cet univers fantastique créée par l’auteur, on a plutôt une forte impression de déjà-vu.

Des histoires de façades

La série débute alors que le militaire Kyle (Romaine Waite) se réveille dans une forêt lugubre, souffrant d’amnésie temporaire. Quelques minutes plus tard, c’est la panique quand il tombe sur son chien éviscéré et décapité. Ces images d’horreur se multiplient une fois le brouillard installé dans la ville puisque plusieurs cadavres au corps à moitié mangés par des insectes sont retrouvés un peu partout par la population qui n’ose plus s’aventurer à l’extérieur. Ainsi, l’on suit deux groupes de citoyens : le premier étant terré dans un centre d’achats. Mentionnons entre autres Eve Copeland (Alyssa Sutherland), qui offrait des cours en éducation sexuelle au lycée local avant d’être brutalement renvoyée en raison d’une pétition de parents. Pour ne rien arranger à la réputation de la famille, sa fille Alex (Gus Birney) vient tout juste de porter des accusations contre son compagnon de classe Jay (Luke Cosgrove) pour viol… lequel se trouve justement dans le supermarché au moment où l’on décide de verrouiller les portes pour se protéger. Le second groupe s’est installé non loin de là dans une église. Nous avons Kevin (Morgan Spector), le père d’Alex et le shérif local Connor Heisel (Darren Pettie), père de Jay auxquels s’ajoutent s’ajoutent Kyle et Zoe (Holly Deveaux), une toxicomane qui semble en savoir davantage sur le phénomène qui se produit à l’extérieur de ces murs.

Quiconque était rivé devant son écran à l’été 2013 durant la diffusion d’Under The Dome sur CBS ne pourra s’empêcher de trouver The Mist bien pâle en comparaison, parce que oui, on nage ici dans les mêmes eaux. Dans un cas comme dans l’autre on a un petit village qui en raison d’un phénomène surnaturel qui nous échappe à tous confine la population en huis clos où des secrets quelques fois terribles finissent par être éventés. Le premier opus de la série de CBS maîtrisait bien cet aspect et on s’est attaché assez facilement aux personnages, ce qui n’est pas du tout le cas avec la nouveauté de Spike. En effet, on sent que la production a un peu trop hâte d’amener le brouillard dans Bridgeville si bien qu’on fait le tour des personnages assez rapidement et de manière bâclée, à commencer par le supposé viol dont est victime Alex. La détresse de la protagoniste (ou de l’actrice…) n’est tout simplement pas crédible et encore moins la réaction des « partisans » de Jay, vedette locale de football. Non seulement ses coéquipiers vont jusqu’à casser une des vitres des Copeland, mais ils inscrivent aussi sur l’asphalte devant leur demeure le mot « WHORE » que les parents n’essaient même pas d’effacer. Pire encore, une citoyenne qui a pris part au renvoi d’Eve pointe du doigt un peu trop facilement sa fille : « (…) I’m so fed up with you people and your need for attention.(…) Said the girl who lied about getting raped. » On aurait pu se rattraper durant le huis clos forcé entre la victime et l’accusé présumé au supermarché, mais il faut attendre au troisième épisode pour que Jay se dise finalement innocent.

Pour pallier à ce manque de profondeur, on multiplie les scènes-chocs destinées uniquement à sortir le téléspectateur de sa léthargie, mais qui ne font aucun sens. Mentionnons entre autres Zoe qui en voiture avec ses compatriotes appuie sur l’accélérateur alors qu’elle n’y voit que dalle, ce qui occasionne un inévitable accident ô combien prévisible. Sinon, on a Eve et un autre homme qui prennent l’initiative de longer un corridor obscur où gisent plusieurs morts afin de s’accaparer une radio et ainsi avertir les autorités. Malgré le danger dont un meurtrier éventuel, ni l’un ni l’autre ne pense à apporter une arme pour se défendre, pas plus qu’une lampe de poche, préférant roder dans le noir. Et voilà qu’arrive ce qui devait arriver…

Révolution biblique animale

C’est justement lorsque s’est manifesté plus ouvertement le volet science-fiction, détrônant du coup l’hypothèse d’une conspiration politique qu’Under the Dome a finalement eu raison de notre intérêt. Reste qu’il s’agit d’une adaptation de Stephen King et que The Mist non plus n’y échappe pas et met de l’avant dès le début son côté surnaturel. Ainsi, on assiste à un genre de révolte des animaux, plus particulièrement les insectes qui comme dans The Birds (1963) s’en prennent aux êtres humains. Deux éléments viennent altérer notre intérêt à ce sujet : la pauvreté des effets spéciaux et surtout l’influence religieuse en lien avec ces attaques. En somme, c’est comme si les animaux obéissaient à une espèce de loi divine en s’en prenant aux « méchants » de la série et plus loin, des ailes poussent même du dos d’un des personnages.

Plus insignifiant encore est le baptême improvisé d’Adrian (Russell Posner), le meilleur ami d’Alex. Homosexuel, après un après-midi à avoir conversé avec le prêtre, le voilà déjà converti en acceptant de se « laver de ses péchés ». Ajoutons la profusion de dialogues portant autour de l’exploration de la foi (« I’m trying to understand what God is telling us / I’ve seen God / I believe this is God begging you to accept His love » etc.), ces intrigues mystiques sont loin de nous donner le goût de poursuivre l’aventure.

Le premier épisode de The Mist a tout de même attiré 684 000 téléspectateurs avec un taux de 0,19 chez les 18-49 ans. Par contre, dans les deux semaines suivantes, l’auditoire a baissé à 496 000 (0,15) et 428 000 (0,12) respectivement.  Ce score n’est pas si mauvais en considérant que Spike est novice en création de fictions originales. Pas certain cependant que cette nouveauté la fasse rayonner outre mesure.

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