The Loch (2017) : l’autre monstre

The Loch est une nouvelle série de six épisodes diffusée depuis le 11 juin sur les ondes d’ITV en Angleterre. Comme son titre le suggère, l’action se déroule en Écosse dans le petit village de Lochnafoy alors que le corps de Niall Swift (Jordan McCurrach), le professeur de piano local est retrouvé sans vie au pied d’une montagne. C’est d’abord la sergente détective Annie Redford (Laura Fraser) qui se rend sur les lieux du crime, mais l’enquête se complique lorsqu’un peu plus loin sur la plage est retrouvé un cœur humain, mais n’appartenant pas à la même victime. Afin de régler au plus vite l’affaire, on dépêche sur place la directrice de la Central Intelligence Agency Lauren Quigley (Shiobhan Finneran) qui en accumulant les indices ne peut que conclure à l’œuvre d’un tueur en série. Et la salve de meurtres ne semble pas prête de s’arrêter. Village bucolique, paysages à couper le souffle, crimes épouvantables et des citadins qui cachent beaucoup de secrets : The Loch entre aisément dans ce courant policier anglais qui en quelques épisodes nous propose une enquête somme toute bien écrite avec plusieurs zones grises et des acteurs que l’on affectionne. Sans nécessairement se démarquer du lot, on a tout de même envie de terminer l’aventure, même si la surenchère au niveau des meurtres est grandement exagérée ; en espérant que la finale reste crédible.

 Le monstre qui n’est pas dans l’eau

Le premier plan de The Loch est aussi accrocheur qu’il attise notre curiosité pour la suite des choses : l’on y voit un vieillard au fond de l’eau les pieds attachés à un bloc de ciment. C’est d’autant plus troublant qu’à la fin du même épisode, un plan de caméra nous le montre encore, mais cette fois avec le cœur arraché… En parallèle, afin de faire croire aux restes du monstre légendaire du lac, un groupe d’adolescents installe sur la plage la carcasse d’un animal avec de multiples morceaux de viande à l’intérieur. Parmi ceux-ci se trouve un cœur qui après examen semble appartenir à un être humain. Si rien au départ ne nous laisse croire qu’un de ces jeunes soit coupable de quoi que ce soit, c’est tout de même Jonjo (Keiran Gallacher) qui s’est servi dans les restes de chair de l’abattoir de ses parents Ken et Nicole Patterson (Moray Hunter et Jenny Ryan). Pire encore pour Annie lorsqu’elle apprend que sa fille Evie (Shona McHugh) était impliquée dans ce sale tour et qu’elle est écartée de l’enquête… officiellement. À ce moment, tout semble dérailler : un loup est retrouvé mort à l’abattoir, des restes humains sont dispersés ailleurs, laissant entendre qu’il y aurait d’autres victimes et pour ne rien arranger, Jonjo qui est bipolaire n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours.

Comme on peut le constater, la tension monte d’un cran chaque semaine et on se laisse facilement prendre au jeu à mesure que l’on fait partiellement la connaissance des suspects potentiels. Il y a d’abord le professeur du collège local Craig Petrie (Alastair Mackenzie) qui a apparemment trouvé le corps de Niall et qui plus tard nous est montré en train de jeter à l’eau un cellulaire (le sien ou celui de la victime ?). De plus, ce n’est pas un hasard que dans une scène on l’entende professer à ses élèves des théories du psychiatre Jung (« According to Jung, we all have a shadow, a dark part of ourselves. It’s a part that we fear, but, at the same time, there is an overwhelming desire to let it loose. ») Sinon, le suspect le plus en vue de la police est Leighton Thomas (William Ash) qui est sorti de prison après vingt ans de peine pour le meurtre de deux hommes. Le Dr Simon Marr (John Hefferman) n’est pas non plus à écarter de la liste des suspects étant donné que le professeur de piano était au courant d’un grave secret concernant sa femme défunte. Reste Jordan Whitehead (Oliver Greenall), le jeune frère du petit copain d’Evie atteint du syndrome de Locked-In ; un peu comme s’il était dans le coma. Le problème est que lorsqu’il reprend connaissance, sa mère, infirmière de formation lui administre des médicaments pour le rendormir…

Bien entendu, avec la rigueur dont font preuve les Anglais dans des séries de ce genre, nul doute que le véritable meurtrier soit celui que l’on suspecte le moins. Les informations tombent au compte-goutte et on se doute bien qu’un secret en cache un autre et que les révélations feront éventuellement boule de neige en direction du tueur… Reste à savoir si ces complexes retournements de situation s’avéreront crédibles…

Tuer est compliqué

À défaut des séries policières procédurales américaines qui recommencent la même histoire chaque semaine, leurs équivalentes anglaises se cantonnent aussi dans le milieu des enquêtes, à la différence que le contenant reste et le contenu change du tout au tout. Loin de se plaindre de l’originalité à laquelle on a eu droit ces dernières années, il faut admettre qu’à force d’y aller trop fort dans la surenchère pour se différencier de ses contemporaines, on se retrouve avec des finales qui ne rencontrent pas les ambitions de départ. C’était justement le cas pour The Replacement, Born to Kill ou HIM (dans un autre registre) qui nous ont un peu laissés sur notre faim. Incidemment, on craint que le même phénomène se reproduise avec The Loch. Dans ce cas-ci, c’est surtout au niveau du tueur en série, ou plutôt de ses tactiques pour confondre la police qui nous laisse dubitatifs. En effet, comment le cœur d’un homme (inconnu) a-t-il pu échoir dans une boucherie et surtout avoir un lien avec Niall. D’ailleurs, ce dernier n’a pas seulement été poussé d’un rocher : on lui a aussi ouvert le crâne pour en disperser les fragments. Plus farfelu encore, Annie retrouve ceux-ci dans un sac de plastique, lequel était caché sous un amas de pierres, mais le sang autour n’est pas celui de Niall, mais provient du cœur de l’autre victime… C’est se donner beaucoup de mal, un peu trop même pour brouiller les pistes. Ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance aux scénaristes pour que leurs lignes demeurent conséquentes et plausibles jusqu’à la toute fin.

Le premier épisode de The Loch a attiré 6,35 millions de téléspectateurs, se classant ainsi au 7e rang des émissions les plus regardées dans la semaine du 5 au 11 juin. La performance est digne de mention étant donné qu’à la même heure, LA série phare de BBC Poldark récoltait 6,69 millions. Par contre, trois semaines plus tard, cette dernière s’est maintenue au sommet, tandis que la nouveauté d’ITV a récolté un auditoire de 4,86 millions, se classant cette fois au 12e rang.

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