Claws (2017) : manque d’égratignures

Claws est une nouvelle série de dix épisodes diffusée depuis la mi-juin sur les ondes de TNT aux États-Unis. L’action se déroule dans un salon de manucure de Manatee County en Floride géré par Desna (Niecy Nash). À même ses heures de travail, elle blanchit l’argent de son petit copain Roller (Jack Kesy), lequel est sous la férule de son oncle surnommé « Uncle Daddy » (Dean Norris), l’un des plus puissants mafieux de la ville. Mais à l’image du vernis que la jeune femme étend à journée longue sur les ongles de ses clientes, la relation de confiance dégénère et se solde par un meurtre accidentel. La police a beau s’en mêler, l’enquête s’enligne pour être aussi compliquée que les efforts de Desna pour se sortir de ce milieu. Avec un pilote accrocheur bien que convenu à plusieurs niveaux et des actrices hors pair, l’ennui nous gagne dès le second épisode de Claws. En effet, à peine une semaine plus tard la série semble à bout d’inspiration et la ligne entre l’humour et le drame est plus que bancale.

Les 20 minutes de trop

Le salon de manucure en question n’a beau être qu’une couverture pour les activités illicites d’Uncle Daddy, reste que Desna s’y sent comme chez elle en compagnie de ses anciennes compagnes de cellule : Quiet Ann (Judy Reyes), Jen (Jenn Lyon) et Polly (Carrie Preston) qui vient tout juste d’être libérée. De plus, l’appât du gain n’est pas une priorité pour la gérante qui n’a qu’un rêve : ouvrir son propre salon. Seulement, son bonus de fin d’année pour ses loyaux services s’élève à 3 000 $ au lieu des 20 000 promis et elle risque de perdre sa priorité d’achat sur un salon dans un quartier chic. Elle a beau implorer Roller de plaider en sa faveur, ce dernier semble davantage intéressé à sauter sur tout ce qui bouge. Un jour, Desna le surprend en train de violer Virginia (Karrueche Tran) qui travaille aussi au salon et suite à une violente altercation, Roller meurt d’une balle dans la tête. Les deux femmes cachent le corps dans un bateau auquel ils mettent le feu et dans les deux épisodes suivants, elles font tout pour détourner les soupçons sur leurs personnes. En attendant, le blanchiment doit continuer et Uncle Daddy tente de réorganiser sa… structure d’entreprise.

Le pilote de Claws pique notre intérêt à plusieurs égards à commencer par le casting. Niecy Nash en impose naturellement, elle dont le personnage est à la fois fort et vulnérable (elle veut entre autres acquérir ledit salon pour avoir les moyens de s’occuper convenablement de son frère autiste Dean (Harold Perroneau). Quant à Judy Reyes que l’on a pu voir (et aimer) notamment dans Devious Maids et Jane The Virgin, la métamorphose en hommasse sur le point de subir un changement de sexe est stupéfiante. En supplément, la trame musicale qui vogue entre divers genres est à l’image de ce mélange de comédie, d’action et de drame qui tient assez bien la route… mais dans un premier temps seulement.

Il faut préciser qu’à la base, Claws était destinée à la chaîne HBO dans un format comique de 30 minutes. Sachant cela, la débâcle au niveau scénaristique des deux épisodes suivants prend tout son sens. En effet, on a l’impression que l’on étire inutilement la sauce alors que l’enquête pour trouver le meurtrier de Roller n’avance pas d’un iota. Pire encore, la caméra continue d’accompagner Desna dans son quotidien on ne peut plus banal sans pour autant donner plus d’attention à ses amies qui pourtant ont beaucoup de potentiel côté scénaristique.

À une intrigue qui stagne, on peine aussi à trouver un juste équilibre au niveau du ton général de la série. Mélange de comédie et de drame, mis à part le meurtre de Roller, disons que l’adrénaline n’est pas tellement au rendez-vous. Uncle Daddy qui fait la pluie et le beau temps sur toute la communauté et qui a surtout la mèche courte n’est qu’un bouffon. Pour preuve, lorsqu’on le voit pleurer comme un enfant à l’enterrement de son neveu ou frapper d’un coup de poing en plein visage de sa femme on a presque envie de rire, sans pour autant être certain que c’était l’émotion que l’on voulait nous transmettre du côté de la réalisation. Parlant du « vrai » humour, on aurait dû inclure davantage de scènes dans le salon de manucure avec des clientes issues de différentes classes sociales ou d’origine : les anecdotes et les gags étant inépuisables.

Cliffhanger absurde ou ingénieux ? (***(***divulgâcheur)

Alors qu’on a aiguisé au possible notre patience et qu’on est à deux doigts de laisser tomber Claws, on a un troisième épisode se termine sur une intrigue que l’on n’avait absolument pas vue venir. Desna entre seule dans son bureau et voilà que surgit Roller : « What took you so long? I missed you, baby girl. » Et l’autre de répondre : « I missed you, too, baby. » Non seulement le neveu d’Uncle Daddy n’est pas mort, mais la répulsion de sa maîtresse tout au long du pilote était feinte. Que faut-il en conclure ? La théorie du rêve serait tout simplement stupide. Quant au meurtre filmé très explicitement, il a beau s’être pris des balles à blanc dans le corps, reste qu’on a vu les deux complices emballer son cadavre dans un sac de plastique et y mettre le feu. Qui plus est, la police a pu l’identifier grâce à sa fiche dentaire. Un frère jumeau dont personne n’aurait eu vent ? Ou alors malgré sa réaction d’effroi, Virginia serait leur complice ? Bref, on a beau se creuser la cervelle, l’explication ne pourrait qu’être tirée par les cheveux et peu crédible. Le seul élément intéressant est que Desna durant toute cette période ait joué la comédie à la fois à ses proches et à son public. Est-ce à dire qu’elle est aussi ignoble que son amant ? On doute fort qu’elle soit si mauvaise, ne serait-ce qu’en raison de ses altercations avec ses amies et son jeune frère. Bref, l’effet de surprise est réussi, mais trop peu trop tard.

Le premier épisode de Claws a attiré 1,09 million de téléspectateurs avec un taux de 0,45 chez les 18-49 ans. Puis, 1,2 (taux de 0,42) et 1,07 (taux de 0,39) pour les deux autres semaines respectives. Selon les critères de TNT, la fiction se situe en ce moment dans le jaune, mais la première saison d’Animal Kingdom avec des chiffres similaires s’est vue accorder un second opus. Reste plus qu’à souhaiter que l’audimat de la nouveauté reste stable.

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