American Gods (2017): en attendant de comprendre ce qui se passe…

American Gods est une nouvelle série de huit épisodes qui a été lancée à la fin avril sur les ondes de Starz aux États-Unis de même que sur le site de vidéo sur demande de la chaîne. L’action tourne autour de Shadow Moon (Ricky White) qui vient tout juste d’être libéré de prison après trois ans d’incarcération pour assaut grave. L’homme est loin d’être au bout de ses peines puisque quelques jours plus tôt, sa femme Laura (Emily Browning) a péri dans un accident d’auto avec son meilleur ami. C’est dans l’avion le conduisant à sa ville natale qu’il fait la rencontre de Wednesday (Ian McShane), un homme étrange vraisemblablement doté de pouvoirs surnaturels qui réussit finalement à le convaincre de travailler pour lui. En fait, il se révèle que Shadow représente un important pion dans un échiquier qui le dépasse ; là où deux catégories de dieux s’affrontent sans merci. Adaptation du livre éponyme de Neil Gaiman, American Gods est entichée d’un scénario pour le moins minimal où la réalité et l’au-delà coexistent maladroitement, le tout ponctué de scènes de sexualité et de violence gratuites. Mis à part ceux qui sont familiers avec l’ouvrage initial, aussi bien affirmer que la série ferme la porte à double tour à tous les autres téléspectateurs potentiels.

« Give me a fucking clue »

Ce n’est pas la curiosité qui étouffe Shadow, c’est le moins que l’on puisse dire. En effet, c’est longtemps après avoir fait la connaissance de Wednesday et après s’être fait prier qu’il accepte finalement de travailler pour lui. Dans quel but ? Il n’en sait rien (d’où la citation de cette partie), pas plus que le spectateur. Ce que l’on comprend, c’est que l’homme qui lui a fait cette proposition est pour le moins étrange et qu’il est doté de beaucoup de patience pour finalement mettre Shadow de son côté. Ce dernier en sortant de prison avait prévu de travailler pour son meilleur ami, mais lorsqu’il apprend qu’il a péri avec sa femme et qu’ils étaient amants, c’est tout son monde qui s’écroule. Reste qu’avec cette opportunité, il a l’occasion de négocier comme il l’entend son nouveau « contrat », d’autant plus qu’il est approché par d’autres êtres tout aussi bizarres : Technical Boy (Bruce Langley) et Media (Gillian Anderson).

Comme le nom de ces derniers l’indique, il s’agit de nouveaux dieux, alors que dans le cas de Wednesday ou de Bilquis (Yetide Badaki) que Shadow n’a pas encore rencontrés : des anciens. Ces deux groupes sont en guerre les uns contre les autres, mais le problème avec American Gods est qu’à moins de lire le résumé de chaque épisode, le téléspectateur néophyte n’a aucun moyen de le savoir. Ainsi, comme dans le cas de Legion ou de Twin Peaks récemment, on semble ne s’adresser qu’aux fans de la première heure qui comprennent de quoi il en retourne avec toutes ces métaphores qui à la longue nous exaspère plus qu’elles nous subjuguent.

En principe, l’on devrait s’identifier à Shadow comme tous les apprentis superhéros dans les séries de Marvel ou de DC Comics par exemple au début de leurs aventures. Cantonnés dans la réalité, ils découvrent en même temps que nous un monde parallèle où peu à peu, ils développent leurs pouvoirs. Ici, dès sa sortie, Shadow est exposé à d’étranges phénomènes, mais c’est à peine s’il réagit. En fait, le protagoniste semble tout simplement dénué d’émotions puisqu’il ne verse même pas une larme en apprenant la mort de Laura et ne se fâche pas plus lorsqu’il découvre qu’elle lui était infidèle.

American Gods table d’abord et avant tout sur les sensations ; superbement mises en scène (il faut bien l’avouer) au moyen de plusieurs séquences oniriques se déroulant à différentes époques. Par exemple, dans le premier épisode, en l’an 812 des Vikings après des sacrifices humains apaisent la colère du dieu Odin. Dans le second, c’est la divinité Anansi qui convainc un groupe d’esclaves noirs en direction des Amériques de brûler le bateau plutôt que d’être condamnés à la servitude. Si ces personnages sont effectivement issus de différentes mythologies, encore une fois, il faut se rabattre sur des moteurs de recherche pour en connaître davantage sur ce qu’ils symbolisent puisque ce n’est pas la série qui se donnera la peine de nous fournir le moindre indice. Et plus le récit avance, plus il y en a qui font des apparitions à n’importe quel moment dans les épisodes, brisant constamment le peu de continuité scénaristique à laquelle nous avons droit. Bref, plus qu’exaspérant.

Du sang et beaucoup de peau

À force de constamment avoir l’impression de se retrouver à côté de la plaque, notre esprit se met forcément à vagabonder. Or, seules ces scènes de violence et de sexualité ramènent un tant soit peu notre attention à ce qui se passe à l’écran, ce qui n’est pas pour autant très édifiant pour American Gods. C’est que c’est davantage pour leur caractère très explicite qu’on les remarque et non pour ce qu’elles apportent réellement au récit.  Par exemple, Shadow et Mad Sweeney (Pablo Schreiber) en viennent rapidement aux coups dans le premier épisode, mais autant la raison de ce combat sanglant est futile, autant les répercussions de celui-ci qui en découlent sont nulles, du moins à court terme. Même chose côté sexualité avec Bilquis dont les scènes sont à confondre avec celles que l’on retrouve dans des films pornographiques. Certes, il y a toujours l’argument que c’est le réalisme de ces dernières qui doit primer, mais on s’explique mal pourquoi chaque « acte » doit durer plusieurs minutes (outre le voyeurisme) pour comprendre qu’elle se sert de l’énergie de ses partenaires afin de maintenir sa puissance au sommet.

Le premier épisode d’American Gods a attiré 975 000 téléspectateurs en direct et après quatre semaines de diffusion, la moyenne est de 758 000 et c’est sans compter sur le visionnement en ligne offert simultanément par Starz. Des chiffres assez bons, d’autant plus que sur la même période, le taux moyen chez les 18-49 ans est de 0,30, soit plus qu’Outlander par exemple diffusé sur la même chaîne. De toute façon, quelques jours seulement après la première, la série était renouvelée pour une seconde saison.

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