Great News/The Warriors (2017) : de fortes têtes d’affiche

Great News est une nouvelle comédie de dix épisodes diffusée depuis la fin avril sur les ondes de NBC aux États-Unis. L’action se déroule au New Jersey dans une salle de nouvelles avec pour personnage principal la journaliste Katie (Briga Heelan). Bien que talentueuse, elle éprouve de la difficulté à faire sa place auprès des siens et cela semble s’empirer lorsqu’elle découvre qu’elle devra travailler tous les jours avec sa propre mère Carol (Andrea Martin) qui vient de décrocher un stage avec Chuck (John Michael Higgins) le présentateur vedette de leur bulletin de nouvelles. À l’autre bout de la planète, The Warriors qui compte huit épisodes est diffusée depuis la mi-avril en Australie sur la chaîne publique ABC. Le titre fait référence une équipe de football qui n’a pas connu de succès depuis des lustres et qui vient de recruter trois jeunes prometteurs : Maki (Gordon Churchill), Zane (Nelson Baker) et Scottie (Ben Knight). Si leur talent avec un ballon est indéniable, leur véritable défi est de s’adapter à ce monde nouveau. Dans les deux cas, on a affaire à des protagonistes qui se lancent tête la première dans un monde qui exige beaucoup d’eux, autant du point de vue professionnel que personnel. Mais contrairement à d’autres comédies dévoilées cette année, c’est l’excellent casting qui nous fidélise aux nouveautés d’ABC et de NBC.

Great News : la plus saine des relations dysfonctionnelles

Voilà plusieurs années que Katie travaille pour « l’expéditif » Greg (Adam Campbell), mais elle fait du sur-place non pas en raison de ses talents, mais d’un manque de narcissisme, apparemment essentiel dans le milieu. L’arrivée de Carol a priori n’est pas une si mauvaise nouvelle pour elle. Malgré un comportement beaucoup trop protecteur devant ses collègues, elle réussit néanmoins dans 50% des cas à lui prodiguer les bons conseils. Quant au stage de la mère dans la soixantaine, si elle a beaucoup de retard à rattraper, notamment sur une technologie qui la dépasse, Chuck s’en fait rapidement une alliée, lui-même vieillissant et de marbre face aux nouvelles tendances éditoriales. Justement, dans le premier épisode, personne ne s’entend sur la manière de couvrir un reportage sur une tornade tandis que dans le second, Katie tient mordicus à couvrir l’évasion d’un ours dans la ville, quitte à mettre sa vie en danger. La semaine suivante, Carol doit materner Chuck après une opération aux yeux et en son absence,  chaque employé veut laisser sa trace sur le bulletin de soirée, mais leurs idées sont si farfelues que Greg se voit contraint de discipliner tout le monde… ce en quoi il est loin d’exceller.

Après l’échec de Notorious d’ABC, une série dramatique  à la sauce Shonda Rhimes se déroulant dans le monde des bulletins de nouvelles, disons qu’on avait bien besoin d’une comédie comme Great News pour dédramatiser un milieu de travail qui ne vit pas que de scoops et de scandales. Dans un premier temps, ce qu’on apprécie surtout, c’est la décadence dans laquelle est plongée cette salle d’information, : une formule qui a porté ses fruits avec The Great Outdoors de CBS lancée à l’automne.  Ici, on a un vieux de la vieille de présentateur  (Chuck) qui ne jure que par l’objectivité froide des nouvelles. À l’opposé, on a son acolyte, la jeune Portia (Nicole Richie) qui a peu d’expérience, mais qui mise un peu trop sur sa personnalité. Cela donne quelques dialogues succulents : (Chuck) : «That’s the problem with journalism today. It’s more about the personality saying the news than the news itself! A real newsman has no personality. » (Portia quelques répliques plus tard) : «Chuck does have a point. Except in the digital era, well-reasoned opinions are more valuable than the archaic model of so-called objective journalism » Et Chuck de renchérir plus tard dans une discussion avec Carol: « I don’t know what anybody’s talking about anymore. Like, who is Snapchat? Is he one of the Minions? And are they all Pokemen? »

Mais ce qui nous charme par-dessus tout dans Great News, c’est la relation mère-fille entre Carol et Katie. Celle-ci ne cesse de la blâmer pour tous ses problèmes, mais ironiquement elle finit toujours par lui demander de l’aide pour se sortir du pétrin. Mention toute spéciale aux interprètes : la chimie est excellente entre Briga Heelan et Andrea Martin. Cette dernière dans la façon de se mouvoir, de livrer ses répliques du tac au tac et de se sortir indemne d’impossibles retournements de situation nous fait oublier l’espace d’un instant l’univers télévisuel toujours plus glauque. Mission réussie donc.

The Warriors : le groupe avant l’individu

Il y a longtemps que l’équipe n’a pas fait parler d’elle, du moins en termes de victoire et le patron des Warriors Bill Shepherd (John Howard) croit avoir frappé un grand coup en signant trois nouvelles recrues prometteuses. C’est cet avenir  plein d’espoir qu’il tente de vendre aux journalistes lors d’une conférence de presse dans le premier épisode, mais Deb (Lisa McCune) des relations publiques doit tout faire pour limiter les dégâts : Maki, Scottie, Zane et le capitaine Doc (Reece Milne) se sont perdus dans l’amphithéâtre, mais dès que la presse voit ces nouveaux joueurs à l’œuvre, elle semble conquise… À l’exception d’un journaliste qui dans l’épisode suivant publie un tas de méchancetés sur son blogue au point où la confiance des jeunes est ébranlée. La semaine suivante, deux visions s’affrontent durant le camp d’entraînement : le travail physique et mental qui finit par créer des dissensions au sein de l’équipe.

Autant l’avouer d’entrée de jeu, The Warriors ne réinvente pas le genre sportif en série, mais ne s’empêtre pas non plus dans les clichés. Scottie, Maki et Zane ont beau avoir beaucoup de potentiel, le plus dur reste à accomplir puisqu’ils doivent désormais jouer avec des pros. Si l’équipe perd les premiers matchs, on portera le blâme sur eux et si au contraire ils épatent la galerie, la jalousie s’installera et on les accusera de faire du zèle. C’est aussi une adaptation à l’univers médiatique que l’on aborde puisqu’ils doivent savoir flatter dans le sens du poil les journalistes sportifs et surtout ne pas laisser leurs écrits affecter leur jeu. Reste la méthode de préparation. Maki par exemple est dans son élément lorsqu’il participe aux séances de yoga de l’équipe. Bill qui trouve cela complètement ridicule les oblige à participer à un entraînement de boxe afin de les « endurcir ». Le fait que ce même joueur ne veuille pas se faire casser la gueule « pour l’équipe » provoque des dissensions au sein des nouveaux arrivants à la recherche de repères.

Scénario classique, mais fluide, on enfile surtout les épisodes de The Warriors en raison des personnages principaux interprétés par des acteurs pour qui il s’agit d’une première expérience à l’écran pour la plupart. Ensemble, ils viennent concilier le ton à moitié comique et à moitié dramatique de la série. Du côté plus joyeux on a Scottie, le bouffon que rien ne semble atteindre et Zane aussi suffisant qu’insécure au moindre incident. À l’opposé,  on a Maki dont l’origine ethnique l’isole quelque peu du reste de la bande et qui peine le plus à s’adapter à tous ces changements. Reste le capitaine Doc qui dégage beaucoup de confiance en soi. Pourtant, bien qu’il soit marié et papa, il multiplie les aventures et ne passe pas une journée sans prendre sa dose de cocaïne. Qui sait de quel côté penchera le ton de la fiction lors de sa finale le 31 mai.

Le premier épisode de The Warriors a affiché des performances correctes avec un auditoire de 217 000 pour son premier épisode, mais signe d’encouragement, le chiffre a gonflé deux semaines plus tard à 250 000. Chez NBC, après quatre diffusions, la moyenne de téléspectateurs de Great News se situe à 3,9 millions et un taux de 0,90 auprès des 18-49 ans, ce qui est limite pour espérer un renouvellement. Ne reste plus qu’à souhaiter que l’audience se stabilise très rapidement si l’on veut une suite.

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