Iron Fist (2017) : un gros vide

Iron Fist est une nouvelle série de 13 épisodes qui ont tous été mis en ligne à partir du 15 mars sur le site de Netflix. On nous propose ici d’entrer dans l’univers de Danny Rand (Finn Jones) que tous croyaient mort il y a 15 ans dans un accident qui a coûté la vie à ses parents. C’est que ceux-ci étaient à la tête d’une multinationale qui depuis est gérée par Joy (Jessica Stroup) et Ward Meachum (Tom Pelphrey) qui à l’époque étaient très proches de Danny, mais qui se refusent à le reconnaître. C’est que d’une part ils ne croient pas à son histoire très vague qui expliquerait qu’il ait survécu et d’autre part, ils n’entendent pas partager la direction de l’entreprise qu’ils mènent à bout de bras depuis des années. Une lutte entre les deux clans est donc au rendez-vous. Quatrième adaptation de l’univers de Marvel par le service de vidéo sur demande, Iron Fist fait davantage la nouvelle ces jours-ci en raison des critiques acerbes qu’elle récolte au détriment de son contenu. S’il est exact que cette nouveauté se traîne les pieds et qu’elle n’ait pas grand-chose à nous offrir, c’est davantage le genre des superhéros qui a peut-être atteint sa limite… en vain.

Une quête morne

C’est nu-pieds et vêtu de guenilles que Danny qui semble venir de nulle part débarque à New York dans la Rand Entreprise. À l’évidence, son look ne plaît pas à la réceptionniste qui appelle les gardes de sécurité, mais le jeune homme parvient finalement à rencontrer brièvement Ward et Joy. Mais à peine s’est-il présenté qu’il se retrouve encore une fois dans la rue. Acculé au pied du mur, il se résout à utiliser la force pour confronter ses deux amis d’enfance, ce qui lui vaut d’être temporairement interné dans un hôpital psychiatrique. Juste avant, il a fait la connaissance de Colleen Wing (Jessica Henwick), une professeure d’arts martiaux avec qui il tisse lentement, mais sûrement une complicité. Elle essaiera d’ailleurs de le tirer du pétrin une fois enfermé, mais sans succès. C’est avec des souvenirs très précis que Danny convaincra, du moins en partie, son médecin, le Dr Paul Edmonds (Murray Barlett), mais c’est lorsqu’il aborde la question de ses superpouvoirs qu’il le perdra. En effet, Danny a des poings qui peuvent fracasser à peu près n’importe quoi et il en fera d’abord usage pour s’évader de l’hôpital. Dans le troisième épisode, il se résout à poursuivre les Meachum, mais prouver qu’il est bel et bien Danny Rand s’avère plus ardu que prévu.

Parmi les critiques qui ont fusé, on a entre autres accusé l’acteur Finn Jones de mollesse dans son rôle de super héros. En fait, ce n’est pas lui qu’il faut blâmer, mais plutôt un scénario terne qui ne lui donne aucune chance de briller. L’on comprend très tôt que Danny n’est pas intéressé par les millions de dollars que représentent l’industrie fondée par ses parents. En fait, il désire seulement de se réapproprier son identité alors que pendant plus d’une décennie, les Rand sont peu à peu tombés dans l’oubli. Dès lors, on s’enlise dans un drame familial sans grands reliefs ni confrontations épiques et on étire la sauce au possible. C’est que Danny croyait assez naïvement que ses amis d’enfance l’accueilleraient à bras ouverts, si bien que ça lui prend une éternité à dévoiler des secrets communs que personne d’autre ne pourrait savoir afin de prouver qui il est. Mais dans quel but ? Il s’entête à vouloir être reconnu par les Meachum, mais lorsqu’en troisième heure de la série Joy lui demande finalement : « Why are you here? », tout ce dont on a droit de sa part, c’est « It’s complicated »… Une fois à l’hôpital, on nous fait perdre notre temps avec toutes sortes de formalités comme lorsque Ward essaie de convaincre Colleen de signer un papier comme quoi il n’est pas saint d’esprit, question de prolonger son internement. Au troisième épisode, c’est un débat judiciaire très terre à terre qui prend le dessus et qui nous éloigne encore plus d’une quête toujours très obscure.

Sinon, une fois questionné par un docteur, les détails que l’on apprend sur son passé ne sont pas plus engageants. L’on ne cesse de nous montrer des images de lui et de ses parents dans l’avion tout juste avant qu’ils ne trépassent, mais le montage est tellement répétitif et bancal qu’on a plutôt l’impression de regarder la parodie d’une série. Sinon, on apprend plus tard qu’il a été recueilli par la suite par des moines tibétains, mais étant donné que son éducation se limite à la maîtrise des arts martiaux, on a vite fait le tour de la question.

Un Marvel par défaut

En enfilant les trois premiers épisodes, on peine d’abord à croire que l’on se retrouve dans l’un des univers de Marvel. En effet, il manque à Iron Fist cette atmosphère légèrement fantastique vue dans Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage aussi de Netflix. On le sait, les adaptations à la télévision des célèbres bandes dessinées tirent davantage leur succès des effets spéciaux et de luttes à finir entre le bien et le mal que pour la fine psychologie de ses protagonistes et de son scénario. Or, on peine à envisager comment même les fans les plus dédiés d’Iron Fist y trouveront leur compte ici. En fait, du spectacle, il y en a très peu. La première scène de combat entre Danny et les gardes de sécurité est incroyablement mal chorégraphiée et ce « poing magique » qui définit le super héros ne se manifeste qu’à la fin du second épisode avec pour seule victime le mur de l’établissement psychiatrique. Qui plus est, dans les séries similaires développées par Netflix, on assiste à la transformation de gens en apparence ordinaires en chevaliers des temps modernes alors qu’ils découvrent l’étendue de leurs pouvoirs en même temps que l’audience. Ici, Danny est déjà en possession des siens si bien que cette longueur d’avance nuit à la Genèse du personnage. Enfin, alors que Daredevil avait son Caïd, Jessica Jones son Kilgrave et Luke Cage son Cottonmouth, Iron Fist n’a pour le moment aucun méchant plus grand que nature contre qui combattre pour mener à bien sa quête. Et peu importe la qualité de ces séries précédentes, ces forces du mal représentaient un certain pouvoir d’attraction, mais ici, le seul qui prétende rendre la vie dure à Danny est Harold (David Wenham), le père de Joy et Ward. C’est sûrement lui qui est à l’origine de l’accident d’avion de parents Ward, mais pour le moment, il n’est guère menaçant ; confiné chez lui, il passe plus de temps à humilier son adjoint Kyle (Alex Wyse) qu’à aiguiser ses griffes.

Jusqu’ici, les adaptations de Marvel ont bien servi Netflix. Daredevil entamera sa troisième saison en 2018 tout comme Jessica Jones et Luke Cage pour leur second opus. Comme c’est la première fois qu’une de ses séries est à ce point vilipendée, peut-être serait-il sage de ne s’en tenir qu’à une seule saison pour Iron Fist, mais ironiquement le service de vidéo sur demande a en quelque sorte les mains liées. C’est que l’on a besoin de son héros qui s’illustrera dans The Defenders attendue en septembre 2017 et contenant huit épisodes. C’est qu’à l’image de la pâlotte DC Legends of Tomorrow, la nouveauté réunira ses quatre justiciers qui feront équipe dans d’autres aventures. Bien hâte de voir l’implication de ce maillon faible dans cette future équipe.

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