Doubt (2017) : il n’y en a plus

Doubt est une nouvelle série qui a débuté le 15 février sur les ondes de CBS aux États-Unis et qui initialement devait contenir 13 épisodes. Par contre, étant donné le faible attrait des téléspectateurs, elle a été annulée la semaine suivante après seulement deux diffusions. L’on y suivait la carrière de l’avocate chevronnée Sadie Ellis (Katherine Heigl) qui de semaine en semaine se voyait confier des causes difficiles à défendre, mais représentant un défi sur mesure pour celle-ci. Après son départ controversé de Grey’s Anatomy en 2010 et l’échec de State of Affairs quatre ans plus tard sur NBC (la série a été annulée après une saison), c’est un autre échec pour l’actrice blonde. En vérité, Doubt n’est pas plus mauvaise que les autres procéduraux de CBS et il faut rendre crédit à la chaîne pour avoir été la première à donner un rôle d’importance à une transgenre. Une chose est certaine, ses nouveautés dramatiques de la saison 2016-2017 ne passeront pas à l’histoire.

Amour, amitié et procès

Dans le premier épisode, Sadie doit défendre Billy Brennan (Steven Pasquale), un brillant chirurgien accusé d’avoir tué sa petite amie il y a plus de 15 ans. S’il a bien purgé sa peine, de nouvelles preuves ont été découvertes et le pauvre homme doit encore repasser par le tortueux système judiciaire. L’avocate a d’abord fait sa connaissance alors qu’il était en prison et bien qu’ils ne sortent pas ensemble, la chimie est palpable entre les deux au point où elle décide de confier  son dossier à son collègue Albert Cobb (Dulé Hill), tout en continuant cependant à le coacher. Sinon, elle travaille aussi avec Cameron Wirth (Laverne Cox) qui dans le premier épisode défend un jeune schizophrène accusé de meurtre tandis que dans le second, son client hésite entre plaider coupable pour un crime qu’il n’a pas commis ou tout simplement dénoncer son cousin qui a le bras long. Pendant ce temps, Sadie s’affaire à défendre un ami de son patron Isaiah Roth (Elliott Gould), un juge à la retraite accusé du viol à répétition de son épouse souffrant d’Alzheimer.

Force est d’admettre que chacun des cas mentionnés ci-haut contient assez de rebondissements pour que l’espace d’un instant, l’on croie que les avocats perdent la partie ou du moins n’obtiennent pas tout ce qu’ils désirent pour leurs clients. Les investigations quant aux méfaits pour lesquels ils sont (faussement) accusés se tiennent et on boucle rapidement le tout. Évidemment, c’est sans trop de surprises que jusqu’ici les avocats que l’on suit aient gagné toutes leurs causes et l’enquête impliquant Billy sert d’arc narratif à long terme, question d’engager le public à revenir de semaine en semaine. Néanmoins, CBS étant ce qu’elle est, on devrait mettre la pédale douce quant à certains procès, comme lorsque le premier client de Cameron se met à japper en plein interrogatoire (normal, il est schizophrène…) ou que le juge défendu par Sadie perd patience trop facilement… comme si ça allait le perdre. Sinon au niveau de son casting, tout s’équilibre : les clients apportent l’effet dramatique / policier. Du côté des avocats lorsqu’ils se retrouvent entre eux,  l’ambiance est plus légère et elle l’est carrément trop lorsqu’entrent en scène les deux stagiaires Nick (Kobi Libii) et Tiffany (Dreama Walker) : le premier ne se limite qu’à manger les beagles de tout le monde tandis que l’autre ne peut s’empêcher de parler sans arrêt de son Iowa natal en termes très clichés.

Le seul regret que l’on ait quant à cette annulation hâtive concerne le personnage de Cameron. Dans la série, elle est définie d’abord et avant tout comme avocate et non une transsexuelle, ce qui est une bonne chose et c’est tout juste si l’on aborde la question lorsqu’un client lui demande franchement si elle était un homme. Restait maintenant à savoir si au même titre que les autres personnages, elle aurait aussi eu droit à son histoire d’amour et comment cela se serait développé à l’écran d’autant plus qu’elle et Albert semble assez proches. Bref, ce modèle de diversité était convainquant. Dommage pour son personnage que l’aventure se termine ainsi.

Une fin abrupte

Depuis l’automne, beaucoup de nouveautés des networks n’ont pas obtenu le succès espéré, mais jusqu’ici, très peu d’annulations ont été communiquées publiquement et c’est en ce sens que le retrait rapide de Doubt étonne. Évidemment, la chaîne n’avait aucun choix avec ces chiffres désastreux : 5,3 millions pour le premier épisode avec un taux de 0,76 chez les 18-49 ans et 4,02 millions (0,55) en deuxième semaine. D’une part, on est surpris que ce soit celle-là que les téléspectateurs aient décidé de bouder alors qu’en ce qui concerne ses nouveaux drames, CBS a fait bien pire dernièrement avec Training Day, Ransom et Pure Genius dont la moyenne n’a même pas dépassé le symbolique 1,0 chez les 18-49 ans.

D’autre part, le seul succès de l’année pour la chaîne est Bull qui elle aussi se déroule dans les salles d’audiences des palais de justices. L’arrivée de Doubt à quelques mois d’intervalle indique peut-être un trop plein du côté des téléspectateurs. Sinon, les séries judiciaires en arrachent depuis quelques temps avec How to Get Away With Murder qui perd environ 1 million en auditoire chaque nouvelle saison et la nouveauté de l’automne Conviction d’ABC qui ne dépassera pas le cap des 13 épisodes. Seule Chicago Justice lancée le 1er mars tire son épingle du jeu avec 8,73 millions de téléspectateurs (taux de 1,70), mais c’est en grande partie en raison de la franchise de Dick Wolf dont elle est issue.

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