The New Edition Story (2017) : un peu trop nostalgique

The New Edition est une nouvelle minisérie de trois épisodes qui a été diffusée du 24 au 26 janvier sur les ondes de BET aux États-Unis. Comme le titre l’indique, on se donne ici le large mandat de couvrir les débuts du quasiment mythique groupe originaire de Massachussetts de 1978 jusqu’à leur réunion anniversaire en 2005. Culturellement « coincés » entre les Jackson Five et plus tard les New Kids on the Block, ces enfants vedettes feront face à plusieurs défis en vieillissant tant au niveau professionnel que personnel. Mais malgré leurs déboires, les fans, eux, ont toujours été au rendez-vous… s’il faut en croire la production. En effet, The New Edition a pour coproducteurs les six membres du groupe, si bien que la sélection de certains moments de leurs vies nous paraît trop subjective, pour ne pas dire complaisante. Quant à la musique, elle occupe bien évidemment une place de choix dans la série… un peu trop même.

La faute des autres

Au départ, New Edition ne comptait que cinq membres qui très jeunes ont décidé de cultiver ensemble leur passion pour la musique : Ralph Tresvant (Aglee Smith et Jahi Di’Allo Winston (enfant)), Bobby Brown (Woody McClain et Tyler Marcel Williams (enfant)), Michael Bivins (Bryshere Y. Gray et Dante Hoagland (enfant)), Ronnie DeVoe (Keith Powers et Myles Truitt (enfant)) et Ricky Bell (Elijah Kelley et Caleb McLaughlin (enfant)). Un jour, ils décident de passer à l’opération charme devant Bobby Payne (Wood Harris) qui en voyant leurs talents manifestes accepte de devenir leur manager. Très tôt, il devient évident que c’est Ralph qui a le charisme, le professionnalisme et la voix pour être désigné le chanteur principal et « Candy Girl » est incontestablement leur premier succès. Malgré leur jeune âge, ils enchaînent les spectacles à travers le pays en plus d’enregistrer des albums, mais gagnent très peu en échange de leur dur labeur, du moins, au goût de certaines de leurs mères. Celles-ci décident de renvoyer Payne et d’éventuellement faire appel au service de Gary Evans (Michael Rapaport). Ce dernier les met en contact avec Jheryl Busby (Durrell Babbs), un des chefs de la direction de MCA Records qui leur donne plus d’argent, certes, mais plus de travail également. Au fil des ans, une certaine jalousie s’installe à l’encontre de Ralph qui est toujours au premier plan alors que l’égo de Bobby, surchauffé par la cocaïne, prend de plus en plus de place. Ce qui s’ensuit est plutôt chaotique : chicanes, batailles (même sur scène), explosion du groupe, réunion, désunion, etc.

Qu’on le veuille ou non, les biographies à l’écran contiendront toujours leur part de subjectivité, qu’il s’agisse du point de vue du showrunner ou encore de l’époque et son contexte dans lesquels ces histoires son recréées pour le divertissement du téléspectateur. Dans le cas de The New Edition Story, la distance entre la production et son sujet est quasiment nulle puisque les membres du groupe ont eu leur mot à dire sur le développement de la série, ce qui est assez apparent, dès le premier épisode. Les gamins sont adorables, ne se plaignent jamais et représentent une réelle fierté dans leur petite communauté du Massachussetts. Pourtant, ces longues heures de travail ont un prix et il n’est pas assez élevé au goût de leurs mamans (d’ailleurs, où sont leurs pères ?). On peut comprendre à la limite qu’elles veillent sur les intérêts de leurs fils, trop jeunes pour s’occuper de ces détails contractuels. Le problème est qu’on ne les voit à l’écran que lorsqu’elles réclament plus d’argent pour leurs progénitures. En effet, jamais on ne fait ressortir leur côté maternel, si bien qu’elles ont pratiquement l’air de considérer leur fils comme des guichets automatiques, d’autant plus que ce sont elles qui portent l’odieux du licenciement de Bobby Payne, celui qui les a fait connaître. On retrouve cette même « fausse bonne conscience » lorsque la décision est prise de renvoyer Bobby Brown du groupe, en raison de ses excès de toutes sortes. S’il faut en croire la minisérie, c’est Gary qui a influencé avec le plus de véhémence possible les autres à se défaire de son chanteur. Eux, n’ont plus qu’à agréer la tête baissée…

Plus surprenant encore, l’accent est mis durant tout le second épisode et une partie du troisième sur le fait qu’ils veulent se séparer et lancer une carrière en solo. Justement, le seul saut important dans le temps qu’effectue la série (de six ans) concerne comme par hasard cette période. On comprend que comme son titre l’indique, The New Edition Story a pour objectif de narrer l’histoire du groupe. Par contre, en tant que téléspectateurs, l’ennui nous guette lorsqu’on ne nous présente que les moments flatteurs d’une carrière puisque c’est cette période d’échecs que traverse les membres de New Edition qui nous intéressait plus particulièrement. Certes, la série n’est pas exempte de conflits ; on a bien droit à des batailles ici et là et l’on s’attarde même durant un gros 10 minutes à l’addiction à la cocaïne de Ricky, mais on sent davantage l’autopromotion. Le plus ironique est qu’à de multiples reprises, ils ne cessent de répéter qu’ils ne se réunissent que pour l’argent puisque ce n’est qu’ensemble qu’ils rallient les foules. En clair, ceux qui regardent la série sont le dindon de la farce…

De la musique, beaucoup de musique

Pour une chaîne comme BET qui a pour principale cible les Afro-américains, on se rend compte que les modèles historiques noirs ne courent pas les rues, si bien qu’il n’y a qu’en sport et en musique que de véritables talents se révèlent et sont adulés à leur juste valeur. The New Edition Story entre dans cette catégorie et dans un premier temps, on sent la nostalgie de toute une époque monter en nous en réentendant ces chansons. Dans un deuxième temps, on ne peut être qu’impressionné par le talent des jeunes acteurs qui les interprètent, d’autant plus que l’on recrée aussi les vidéoclips d’époque. S’il est logique de donner une place prédominante à la musique, trop, c’est comme pas assez. En effet, sur les 70-80 minutes de chaque épisode, on compte au moins 20 minutes de chansons (spectacles, vidéoclips, etc.) que l’on nous montre dans leur entièreté. Aucun doute que les fans de la première heure y trouvent leur compte, mais pour cela s’avère frustrant pour ceux qui auraient préféré un peu plus de substance et un peu moins de notes.

Le premier épisode de The New Edition Story a attiré 4,2 millions de téléspectateurs en direct : il s’agit du meilleur lancement pour BET depuis 2012 alors qu’elle diffusait pour la première fois le pilote de la sitcom The Game. Sinon, la série a bénéficié d’une belle stabilité avec un auditoire de 3,96 pour le second épisode et 4,2 pour la finale. C’est encore mieux lorsqu’on porte attention au L +3 qui inclut les enregistrements et la VSD puisqu’elle s’est classée au sommet du palmarès des programmes câblés les plus regardés de la semaine.

 

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