Fin de semaine OTT: Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (2017)

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (avec un titre beaucoup moins dramatique en anglais : A Series of Unfortunate Events) est une nouvelle série de 8 épisodes qui ont été mis en ligne le 13 janvier sur le site de vidéo sur demande de Netflix. Comme son titre l’indique, la fiction s’amorce alors que les trois enfants : Violette (Malina Weissman), Klaus (Louis Hynes) et le bébé Prunille (Presley Smith) apprennent que leurs parents ont tous deux péri dans un incendie qui a ravagé le manoir familial. Leur exécuteur testamentaire Mr Poe (K. Todd Freeman) n’a d’autre choix dans un premier temps de les confier à leur parent le plus proche, le comte Olaf (Neil Patrick Harris). Mais ce vieil acteur narcissique et vil n’a qu’une idée en tête, se débarrasser des enfants de ainsi hériter de l’immense fortune des Baudelaire. Adaptation de la série de romans jeunesse éponymes de Lemony Snicket, Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire est en effet le meilleur exemple de divertissement familial fédérateur qui pourrait plaire à n’importe quel public à travers le globe. Quant aux quelques défauts, on ne sait s’il faut blâmer Netflix ou les livres.

Des aventures à suivre

Au départ, les circonstances de la mort des parents Baudelaire (interprétés par Will Arnett et Cobie Smulders) demeurent très nébuleuses et face au détachement volontaire qu’affiche Mr Poe, les enfants n’ont d’autre choix que d’obéir à cet homme qui après les avoir chichement hébergés chez lui, les envoie chez Olaf. Imbu de lui-même et sans cesse encensé par une troupe de sbires aussi complaisants que serviles, leur oncle affiche rapidement ses couleurs quant à l’appât du gain concernant l’héritage de ses neveux. C’est Violette, l’aînée qui touchera ce montant, mais seulement une fois majeure. Dès lors, deux options s’offrent à cet oncle rapace. La première est ni plus ni moins d’épouser sa jeune nièce. Pour ce faire, il met sur pieds une pièce de théâtre et enrôle la véritable juge Strauss (Joan Cusak) en lui faisant croire qu’elle jouera la comédie en les mariant. De justesse, ce subterfuge échoue et dans le troisième épisode, les enfants sont désormais confiés à leur oncle Monty (Asif Mandvi), un lointain parent et éminent herpétologue. La seconde et ultime option pour Olaf est de retrouver leur trace et de les tuer, mais la tâche est plus ardue qu’il n’y paraît, et ce, malgré ses nombreux déguisements. En même temps, l’on découvre que les parents des enfants ne sont pas morts, mais tenus captifs au Pérou et c’est Monty qui est chargé de réunir la famille, quoique l’on doute qu’il reste en vie assez longtemps.

Là est justement la qualité première des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire : malgré un ton beaucoup plus enfantin que les séries habituellement desservies par Netflix, chaque épisode nous réserve une intrigue nouvelle avec des rebondissements qui parviennent immanquablement à prendre de court le téléspectateur.

Mais c’est probablement du côté du ton que la série se révèle admirablement rassembleuse. Les Baudelaire ont beau passer par toutes sortes d’épreuves, on ne tombe pas pour autant dans le fatalisme exacerbé. Certes, Olaf est exubérant et peu subtil, mais reste qu’on le craint malgré tout puisqu’il a plus d’un tour dans son sac. Cet équilibre, on le doit au réalisateur Barry Sonnerfield qui il y a plus de 20 ans captivait toute une génération avec son adaptation cinématographique de la Famille Addams (The Addams Family (1991) & Addams Family Values (1993). D’ailleurs, la vivacité grâce à l’animation de Prunille qui pourtant n’est qu’un bébé nous rappelle les prouesses de Pubert Addams, le dernier rejeton de la célèbre famille.

Le public adulte n’est pas en reste non plus. D’épisode en épisode, on a toujours droit à un deuxième degré très « méta » dans les histoires qui nous renvoient à la base de la narration. La « fausse, mais pas tant que ça » cérémonie de mariage durant la pièce de théâtre d’Olaf n’inspire qu’un regain de la part des spectateurs que lorsqu’ils réalisent que les acteurs ne jouent plus. Pourtant, ils restent assis confortablement dans leurs sièges à réagir aux différentes répliques : à l’image des téléspectateurs. Au troisième épisode, toute la famille se rend au cinéma voir « Zombies in the Snow»  : un genre de fourre-tout de la culture pop actuelle, mais avec un grain de pellicule et des décors nous rappelant l’expressionnisme allemand qui d’ailleurs s’étend à toute la mise en scène de la série.

Désastreuses ou regrettables ?

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire ont beau dans l’ensemble être réussies, on ne sait trop si les petits irritants sont à mettre sur le dos de la production ou des livres dont elle s’inspire. Toujours est-il qu’on s’explique mal l’utilité du narrateur (interprété par Patrick Warbuton) dont la présence est considérable et qui ne cesse de mettre l’accent sur le tragique de la vie des Baudelaire. Même chose du côté du générique qui nous conseille « d’éteindre nos télés » parce que les aventures des protagonistes sont trop épouvantables alors qu’ils ne s’en tirent pas si mal tout compte fait.

Au niveau des personnages, les enfants subissent un peu trop les événements alors qu’on voudrait les voir mettre à profit leurs dons respectifs (Violette est une jeune inventrice, Klaus un véritable rat de bibliothèque et Prunille est dotée de quatre dents aiguisées pour se défendre). Et comme c’est trop souvent le cas avec Netflix, les épisodes qui dépassent aisément les 50 minutes comptent plusieurs longueurs et un peu de rigueur au niveau du rythme ne ferait pas de tort à la série.

Malgré tout, Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire qui a un potentiel international tellement son histoire est universelle ne s’arrêtera pas de sitôt, pour notre plus grand plaisir. C’est qu’en une saison, on a eu le temps de mettre en scène les quatre premiers tomes de Snicket (deux par épisodes) et que l’on planifie de s’attaquer aux quatre suivants pour l’an prochain. Et si tout se passe comme prévu, la production devrait se rendre à la fin de la série en troisième saison puisque les aventures des orphelins s’étalent sur treize romans.

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