Rattrapage automnal australien : The Secret Daughter (2016)

The Secret Daughter est une nouvelle série de six épisodes qui a été diffusée du 3 octobre au 7 novembre sur les ondes de Seven Network en Australie. Le titre fait référence à Billie Carter (Jessica Mauboy), une jeune chanteuse qui à contrecœur accepte de se faire passer pour la fille naturelle de Jack Norton (Colin Friels). Celui-ci est un riche propriétaire d’hôtels de Sydney qui avant son décès prématuré a décidé d’inclure sa fille biologique qu’il n’a jamais connue dans son testament. C’est que Gus (David Field), son véritable père, ou du moins celui qui l’a élevé, est poursuivi par des créanciers impatients de revoir la couleur de leurs prêts. Chez les Norton, c’est bien entendu la commotion générale. Mais Billie est-elle réellement la fille de Jack? Là est la question. Série très « soap », The Secret Daughter sans être extraordinaire se laisse regarder et en raison de sa courte durée, on peut à la limite faire fi de certaines incongruités. Par contre, c’est lorsqu’on a l’impression de regarder une infopub que l’on a envie de revenir sur nos positions.

Une histoire de famille… ou pas

Jack n’a appris qu’il y a quelque mois qu’il avait eu une fille illégitime; le résultat d’une aventure d’un soir avec une aborigène (laquelle est décédée) il y a de cela 24 ans. L’homme quitte donc la métropole à bord de son hélicoptère privé en direction du petit village où il l’a rencontré. Une fois arrivé, il tombe par hasard sur Billie et les deux font connaissance. Le lendemain, Jack est pris d’un malaise en plein vol et meurt lorsque son hélicoptère s’écrase. Par chance, il avait laissé une note concernant ses projets à son plus jeune fils Jamie (Matt Levett) et celui-ci retourne sur les traces de son père et tombe aussi sur Billie. Entre-temps, Gus étant poursuivi par ses prêteurs sur gages, sa fille pour le sauver de ce mauvais pas se fait passer pour l’héritière de Jack et s’en va à Sydney avec son supposé demi-frère. Une fois sur place, elle doit affronter l’animosité de Christopher (Jared Turner), le fils aîné de Jack qui gère les hôtels. Et c’est sans compter sa belle-mère Susan (Rachel Gordon), laquelle a eu une fille (Harriet (Jordan Hare) issue de ce deuxième mariage. La belle-mère décide de lui faire passer un test d’ADN qui au grand étonnement de Billie, s’avère positif.

Il faut donner crédit aux scénaristes pour arriver à garder la prémisse intrigante puisqu’à la mi-saison, on réussit à encore maintenir le doute quant aux origines de Billie. Si à l’inverse du téléspectateur la jeune femme ne réagit pas après avoir entendu les confidences de Jack (même âge, du sang indien coule aussi dans ses veines, etc.), c’est qu’elle est persuadée que son père est Gus. Il faudra ensuite le résultat du test d’ADN pour que ce dernier lui avoue qu’il a rencontré sa mère alors qu’elle était déjà enceinte. Par contre, à la fin du troisième épisode, on a encore droit à un retournement de situation puisque ce serait Harriet qui aurait substitué sa salive à celle de Billie afin que le test s’avère positif.

On est donc toujours dans le noir à ce sujet, mais à bien y penser, cela a peu de sens. Harriet a beau s’être entichée en quelque jours seulement de sa potentielle belle-sœur, mais de là à lui inventer un passé qui n’est peut-être pas le sien et avec pour résultat direct de lui octroyer une large part d’héritage, il y a tout un pas. De plus, Billie n’a pas réagi lorsque Jack lui a montré la photo de sa fille en bébé naissant. Elle doit bien avoir quelques clichés de son enfance quelque part et si elle ne se reconnaît pas, c’est que le titre de la série est définitivement erroné. Enfin, il faudrait être aveugle pour ne pas s’apercevoir que parents ou non, le courant passe entre Jamie et Billie… Et on n’est pas tout à fait dans l’amour fraternel, ce qui est assez malaisant.

Sinon, au point de vue de l’histoire, on passe beaucoup trop de temps sur les péripéties de Gus qui même lorsqu’il a remboursé ses créanciers, trouve le moyen de se retrouver encore dans l’eau chaude. Il y a aussi la meilleure amie de Billie, Layla (Bonnie Sveen) qui la remplace au sein de son groupe de musique. Là encore, on se questionne sur leur utilité puisqu’à la mi-saison, ils ne sont rien de plus qu’une distraction. À l’opposé et sur une même période de temps, on regrette de ne pas en savoir davantage sur le clan Norton. Malgré leurs nombreuses présences à l’écran, Jamie et Harriet restent très unidimensionnels. Le premier n’est là que pour rendre la vie plus facile à Billie tandis que la seconde incarne le cliché de la jeune fille de riches en quête de repères. Susan nous rappelle à Victoria Grayson (Revenge), mais cent fois moins fascinante tandis que Christopher ne pense qu’aux colonnes de chiffres.

L’infopub derrière ou devant la série, c’est selon

À la première scène de The Secret Daughter, l’on voit Billie entamer la chanson « Risk it » en regardant droit devant l’écran et pendant ce temps durant le montage, on fait la connaissance de certains personnages de la série. Certes, sa voix est belle et ça amorce bien la série, mais les chansons continuent et au cours des épisodes à venir, on se questionne de plus en plus sur leur apport réel au récit. Par exemple, à un moment, elle se remémore une chanson qu’on lui chantait lorsqu’elle était plus jeune alors que dans le second, elle participe à un karaoké pour gagner un peu d’argent de poche. Et voilà qu’à la fin du troisième opus, tout s’explique. Durant le générique, on nous encourage à nous procurer le CD (ou via iTunes) de la série avec que des chansons de l’actrice principale.  Le procédé est courant aux États-Unis avec Empire, Glee ou Smash, mais dans ces cas-ci, la musique était le thème central de l’intrigue, ce qui n’est pas du tout le cas concernant la production australienne. Qui plus est, Jessica Mauboy a été l’une des finalistes d’Australian Idol les plus appréciées du public et selon cet article, le personnage de Billie serait en quelque sorte l’alter ego Jessica et l’écriture des intrigues serait venue après. De l’autopromotion à outrance en somme…

En tous les cas, Seven Network a parié sur le bon cheval puisque le premier épisode a attiré près de 900 000 téléspectateurs en direct et qu’à la finale ils étaient près de 795 000. Avec un aussi bon taux de rétention et une moyenne en auditoire de 820 000, The Secret Daughter a été sans surprise renouvelée pour une seconde saison.

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