Rattrapage Automnal anglais : My Mother and Other Strangers (2016)

My Mother and Other Strangers est une nouvelle série de cinq épisodes qui a été diffusée du 8 novembre au 6 décembre sur les ondes de BBC One en Angleterre et BBC Northern Ireland. Justement, l’action se déroule dans le village fictif de Moyberg sur les rives du Lough Neagh en 1943 avec pour contexte historique la Deuxième Guerre mondiale. La famille Coyne est au cœur de cette petite société qui vit en vase clos. Le père, Michael (Owen McDonnell) possède une taverne où tous les hommes se réunissent tandis que son épouse Rose (Hattie Morahan) s’affaire à servir les clientes derrière le comptoir de leur magasin général. Leur tranquillité est troublée lorsqu’un contingent de soldats américains vient installer une base non loin de chez eux, créant un véritable choc des cultures. La narration étant assumée par leur jeune fils Francis (Michael Nevin), My Mother and Other Strangers est beaucoup trop fleur bleue avec des histoires pour le moins prévisibles. Le titre quant à lui est assez évocateur d’une communauté à laquelle on a beaucoup de difficulté à s’attacher.

Les contes de Moyberg

Dans un premier temps, ce sont surtout les personnages féminins qui sont touchés par l’arrivée de quatre soldats venus d’Amérique. En effet, aussitôt débarqué de sa Jeep, le lieutenant Barnhill (Corey Cott) a le béguin pour Emma (Eileen O’Higgins), l’aînée de 16 ans des Coyne et c’est d’ailleurs réciproque. Malgré l’interdiction de Michel, les deux tourtereaux s’offrent une virée au cinéma, ce qui fait beaucoup jaser au village au point où à la veille de son départ, un groupe d’homme se met en tête de tabasser le jeune militaire. N’eût été l’intervention de Rose, il aurait eu les os brisés, mais ce n’est malheureusement que partie remise puisqu’il périra sur le champ de bataille quelques mois plus tard. De son côté, Rose n’est pas non plus insensible aux charmes du capitaine Ronald Dreyfuss (Aaron Staton), mais dans le second épisode elle met toute son énergie dans un vibrant plaidoyer en faveur des pêcheurs locaux qui ont dû comparaître en cour après avoir eu un violent démêlé avec des membres de la marine. Dans l’épisode suivant, toute la famille Coyne se fait du sang d’encre après que leur plus jeune fille ait contracté la scarlatine.

Le premier problème que l’on rencontre en amorçant My Mother and Other Strangers se situe au point de vue de la narration qui malgré une idée de départ assez intéressante, ne livre pas vraiment la marchandise. C’est qu’en entendant la voix de Francis adulte nous parler de sa jeunesse, on s’attend à ce que les aventures des Coyne nous soient racontées d’un point de vue subjectif et idéalement enfantin puisque le jeune garçon n’a pas plus de dix ans. Au contraire, c’est à peine s’il ouvre la bouche au cours des trois premiers épisodes et son apport aux intrigues est plus que négligeable. On a plutôt droit à des chroniques on ne peut plus classiques; un mélange des Contes d’Avonlea et de Home Fires où la tension dramatique se résume à quelques cœurs brisés… le tout alors que l’Europe est à feux et à sang. L’idylle entre Emma et Barnhill a beau nous toucher lorsqu’on apprend le triste destin du jeune homme, mais dans l’épisode suivant, l’aînée des Coyne tombe encore une fois amoureuse, cette fois d’Andrew Black (Ruairi O’Connor), le fils du docteur local : un peu répétitif pour une série si courte.

On retrouve aussi une petite touche de Poldark dans My Mother and Other Strangers (une petite communauté tissée serrée assez isolée d’où se démarque une famille « sage » que l’on prend en exemple, etc.) notamment dans la scène du procès au troisième épisode où « l’establishment » de la mère patrie se confronte à la réalité du peuple de l’Irlande du Nord. Malgré le ton romantique qui caractérise les deux séries, celle d’ITV dont la seconde saison s’est terminée à l’automne peut compter sur des personnages forts et attachants, ce qui n’est pas le cas ici sauf pour Rose… l’étrangère : ou est-ce le contraire?

 

Une intégration difficile

En effet, Rose vient d’Angleterre et ne s’est jamais totalement adaptée aux mœurs de son village d’adoption une fois mariée. C’est que les habitants de Moyberg ont en horreur les étrangers au point où c’en est ridicule. Ils méprisent ces « Yankees » qui sont pourtant des alliés dans un conflit auquel ils ont la chance de ne pas avoir à prendre part. Dans le troisième épisode, ils les blâment encore une fois lorsqu’une épidémie de scarlatine s’abat sur le village. On peine à comprendre cette excessive méfiance au point où l’on se dit que les « étrangers » dans le titre ne sont pas nécessairement les soldats américains, mais plutôt tous les habitants avec qui Rose cohabite. À notre époque où de plus en plus de gens haussent la voix contre l’immigration toujours grandissante, il y a bien évidemment un parallèle à faire avec la production de BBC. Mais pour le peu de fictions tournées en Irlande et qui arrivent jusqu’à nous, on a droit en fait à un portrait peu flatteur de la population locale. Cela est d’autant plus juste que le véritable point de vue qui nous est transmis ici n’est pas celui de Francis, mais bien de Rose : une Anglaise qui incarne la voix de la raison dans un village de têtes brûlées. Si elle s’entend si bien avec Dreyfuss, c’est qu’ils sont tous deux dotés d’une ouverture d’esprit et d’une objectivité qui se rapprochent de celles du téléspectateur, pour le moins décontenancés par ceux qui les entourent.

À l’amorce de My Mother and Other Strangers la curiosité était définitivement présente puisqu’ils étaient 5,96 millions de téléspectateurs en direct, l’épisode s’étant classé au 12e rang des émissions de la semaine du 7 novembre. Ce fut cependant de courte durée puisqu’au fil des semaines, l’auditoire a considérablement rapetissé s’est si bien qu’ils étaient toujours 4,48 millions répondant toujours à l’appel, la fiction ayant glissé au 21e rang. Avec une moyenne totale de 4,76 millions, on doute qu’une suite soit annoncée.

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