Semaine OTT : Haters Back Off / Freakish (2016)

Haters Back-Off est une nouvelle comédie de 8 épisodes qui ont été mis en ligne à partir du 14 octobre sur le site de vidéo sur demande Netflix. Le personnage principal est Miranda Sings (Colleen Ballinger), une adolescente aussi stupide qu’imbue d’elle-même qui compte bien devenir une star sur Youtube. Avec l’aide de son oncle Jim (Steve Little), elle tente toutes sortes de stratagèmes pour atteindre la célébrité, mais si seulement elle avait un peu de talent… De son côté, Freakish compte 10 épisodes tous rendus disponibles sur le site de Hulu depuis le 10 octobre. L’action se déroule dans un lycée alors que les élèves doivent s’y réfugier en vitesse après l’explosion d’une centrale nucléaire. Toute la ville étant anéantie, certains jeunes se transforment en zombie et les autres doivent tout faire pour survivre. Dans les deux cas on a droit à des services de vidéo sur demande qui par hasard, la même semaine, ont décidé de tendre la main aux milléniaux en leur proposant le contenu dont ils raffolent, soit, les réseaux sociaux et les histoires de zombie. Malgré ces « valeurs sûres », le pari est-il gagné pour autant ? À moitié seulement.

Haters Back-Off: doublement méta

Depuis sa tendre enfance, Miranda est louvoyée par son oncle et sa mère Bethany (Angela Kinsey) pour ses « talents artistiques », si bien qu’une fois rendu à l’adolescence, elle est convaincue qu’elle est la prochaine star montante. Dans le premier épisode, elle décide avec l’aide de Jim de mettre sur Youtube son premier vidéo ou elle chante (faux), convaincue que la toile s’enflammera pour elle. Mais devant le peu d’engouement général et les médisances qu’elle reçoit de la part de trolls, elle décide au deuxième épisode de quitter le web et de rejoindre la chorale de son quartier, mais là aussi ses talents ne font pas consensus… au grand plaisir de son oncle puisqu’elle décide de se remettre en selle dans l’épisode suivant. Le producteur qu’elle  rencontre dans une maison de retraite a beau décéder après l’avoir entendu chanter, qu’à cela ne tienne : elle s’offrira en spectacle à ses funérailles.

Si les talents de Miranda sont plus que discutables, c’est loin d’être le cas de son interprète Colleen Ballinger qui depuis plusieurs années accumule le nombre de vues à coups de millions sur sa chaîne Youtube PsychoSoprano. Pourtant, même en 2016, aussi populaire puisse-on être mondialement sur la toile, la consécration reste la télévision qui apporte une visibilité nettement meilleure sur plusieurs tranches d’âge. Netflix a beau être une alternative à la télévision linéaire, mis à part le mode de diffusion, le modèle de production et les fonds qui vont avec sont sensiblement les mêmes. Mais voilà qu’aussitôt arrivée sur nos écrans, Ballinger qui est aussi la cocréatrice de Hater Back Off nous renvoie sur le web en parodiant son fonctionnement. Dans un premier temps, cette critique mêlée d’humour fait son effet : qu’il s’agisse de l’obsession pour les clics et les « likes », du narcissisme sans borne de la protagoniste et de l’intimidation qui va avec le fait de se livrer sans filtre sur le web. Le ton à la Napoleon Dynamite (2004) en charmera plusieurs et c’est sans compter sur le personnage d’Emily (Francesca Reale), la seule ayant les pieds sur terre et exprimant tout haut ce que l’on pense en regardant notre écran.

En même temps, on a l’impression que tout a été dit après le premier épisode. Les histoires qui s’ensuivent n’ont rien de nouveau à nous proposer et les simagrées de Miranda ont tôt fait de nous taper sur les nerfs et n’eût été de la notoriété de son interprète, son personnage est tellement caricatural que n’importe quel acteur amateur aurait pu faire l’affaire.

Freakish : pas trop, espérons-le

Le premier épisode démarre en même temps que l’explosion plus bas dans la ville et seule une poignée de jeunes accompagnés du professeur (Chad L. Coleman) ont le temps de se barricader dans l’établissement scolaire. Pourtant, ils ont beau être en sécurité, une bonne partie d’entre eux s’inquiètent à un point tel qu’ils envisagent de les rejoindre. Ceux qui cèdent à la tentation ont tôt fait de happer une odeur nauséabonde dans l’air qui les transforme en zombies. En conformité avec le genre, ils se nourrissent de chair humaine et les rescapés les enferment in extremis dans un des locaux. Seulement, Mary (Mary Mousey) s’est fait mordre par l’un d’eux et son frère Grover (Leo Howard) tente par tous les moyens de cacher son état fiévreux au reste du groupe. En parallèle, on a Barrett (Tyler Chase) qui parvient à communiquer grâce à une vieille radio avec l’extérieur, Diesel (Adam Hicks) qui ne semble pas s’épuiser à intimider ses congénères et Violet (Liza Koshy) qui flirte avec Grover.

Tout comme Netflix avec Degrassi : Next Class, Hulu cherche très certainement à s’attirer la sympathie d’une couche plus jeune en ciblant les moins de 16 ans. À l’image de ce qui se fait sur des chaînes comme MTV, Freeform et The CW, l’enjeu ici est de ne pas arriver avec une prémisse trop cérébrale, tout en offrant un bon divertissement susceptible de donner quelques frissons dans le dos à son auditoire. En ce sens, dans les trois premiers épisodes, Freakish s’acquitte assez bien de sa mission. On en apprend peu à peu sur chacun des « survivants » sans pour autant user des clichés de services lorsqu’on s’adresse aux jeunes (le nerd, le sportif, la séductrice, etc.). Et avec des épisodes d’à peine 20 minutes, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, ce qui encourage l’écoute en rafale.

Certes, au niveau de la narration, on aurait pu en faire davantage : du huis clos dans lequel ces jeunes sont confinés, on aurait pu s’orienter dans une histoire à la Agatha Christie comme Les Dix Petits Nègres avec une atmosphère beaucoup plus anxiogène et des protagonistes cachant de lourds secrets, mais ce n’est pas tout à fait le cas, du moins dans les trois premiers épisodes. Le piège dans lequel la série risque de tomber est qu’à défaut de substance, on se serve de la violence comme attraction numéro un, subissant un peu trop l’exemple de The Walking Dead. La septième saison ayant semé l’indignation de plusieurs groupes de parents et même de fans de la série, Hulu n’a pas à s’aventurer dans cette voie, lui qui ne manque pas de bonnes séries pour nous divertir. Pour le moment, l’un des jeunes est armé d’une batte de baseball; voyons voir ce qu’il fera avec sans cependant nous créer trop d’illusions.

Jusqu’ici, les services de vidéo sur demande n’ont pas annoncé de deuxième saison. Netflix renouvelant toutes ses séries au moins pour un second opus, Haters Back Off n’a pas vraiment à s’inquiéter. Quant à Hulu, on est un peu plus dans une phase exploratoire si bien qu’on ne serait pas surpris qu’il passe à un autre appel.

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