Aftermath (2016) : fin du monde prise #382

Aftermath est une nouvelle série canadienne de 13 épisodes diffusée depuis la fin septembre sur les ondes de Space et SyFy aux États-Unis. Cette science-fiction débute à Washington alors qu’une terrible tornade qui a semble-t-il traversé les continents fait rage. Au lendemain de son passage, ce sont d’autres phénomènes naturels qui continuent de ravager la Terre, tout en modifiant le comportement de ses habitants. Ces drames sont vus à travers les yeux de la famille Copeland qui, à la recherche de leur plus jeune fille, effectuent un road trip en direction de la Côte Ouest. Après Too Close to Home, Aftermath a assurément une place de choix dans le top 5 des séries les plus nulles de la rentrée 2016. Mal écrite, jeu exécrable des acteurs et incongruités spécialement perceptibles en écoute en différé, un peu d’autodérision aurait peut-être pu sauver la nouveauté, mais pour le moment, on peut vite passer à autre chose.

« We’ll be safe in Seattle »

C’est ce que Joshua (James Tupper) affirme à sa femme Karen (Anne Heche), son fils Matt (Levi Meaden) et l’une de ses filles Dana (Julia Sarah Stone) alors qu’ils ont fui la maison familiale en toute hâte après que leur fille Brianna (Taylor Hickson) ait été enlevée par un genre de zombie. En effet, mis à part la multitude de villes fantômes que l’ouragan a dévastées, une bonne partie des êtres humains perdent subitement la mémoire, on du sang dans la bouche et semblent atteints d’une certaine fièvre qui les rend agressifs et susceptibles de contaminer les autres. Au départ, le phénomène est difficilement compréhensible pour des têtes froides comme Karen, une ancienne pilote de la U.S. Air Force, mais c’est son mari, un professeur d’université spécialisé dans les cultures du monde qui nous arrive avec une certaine réponse à la fin du premier épisode : selon certains mythes anciens, des monstres que l’on surnomme les Skinwalkers ont été enfermés au centre de la Terre et seul un séisme important pourrait les en libérer. Pendant que d’énormes météorites s’écrasent un peu partout, Brianna trouve refuge à l’épisode #3 dans une commune dirigée par le « Reverend Brother », lequel affirme être le seul capable de guérir la plaie dont sont atteints une bonne partie des êtres humains.

Aftermath entre dans cette longue lignée de séries de science-fiction comme Z Nation qui en définitive n’ont rien d’autre à offrir que des effets spéciaux et des scènes spectacles. Sans trop d’originalité (et c’est une constante assez irritante) avec les séries diffusées sur SyFy et Space, de banaux coups de feu suffisent à avoir raison de leurs ennemis : en effet, quelques tirs en direction des monstres et l’esprit noir quitte leur corps pour s’en aller on ne sait où. Après trois épisodes, on perd le compte du nombre de scènes d’attaques-surprises de ces monstres qui certes, n’ont pas la sauvagerie que l’on retrouve dans The Walkind Dead, mais n’apporte pas beaucoup d’eau au moulin quant à l’arc narratif.

Par exemple, dans l’épisode #3, toutes sortes de réfugiés sont rassemblés dans des centres médicaux afin d’être immunisés contre les Skinwalkers. Puis, dû aux catastrophes naturelles, plusieurs sont blessés et les docteurs qui sont en manque de tétracycline convainquent les Copeland d’aller faire le plein dans un grand magasin abandonné. D’autres à la recherche du même produit sont déjà sur place et kidnappent Dana. Une fusillade éclate et après d’âpres négociations et subterfuges, Joshua récupère sa fille et élimine les malfrats. En fait, il ne s’agissait que d’une distraction s’éternisant sur plus de la moitié de l’épisode et qui n’a pas fait avancer d’un iota l’intrigue… laquelle est loin d’être emballante. C’est que malgré les météorites qui explosent et la Terre qui s’embrase, l’objectif des Copeland est tout simplement de se rendre à Seattle, pour la simple et bonne raison que : « we’ll be safe there »… Le mystère impliquant les Skinwalkers nous étant expliqué comme étant tout simplement l’œuvre du Divin, il n’y a plus grand-chose à se mettre sous la dent.

Une gravité à géométrie variable

On a souvent tendance à blâmer le scénario pour excuser des performances d’acteurs plus que médiocres, mais dans le cas d’Aftermath, il faut bien avouer que la responsabilité est partagée de part et d’autre.  En fait, dès le début, la mise en scène laisse à désirer. On voit la famille qui se cache dans son salon alors que la tornade n’est qu’à quelques mètres de ceux-ci, on brasse la caméra pour nous faire croire que les vents sont puissants et dans la scène suivante, on est le lendemain et il fait beau à nouveau. Même la tempête dans The Wizard of Oz de 1939 était plus convaincante.  Sinon, la maison familiale n’a pas une seule égratignure tandis que le vent a été assez fort pour transporter une centaine de poissons sur leur propriété. Et lorsque l’on regarde la série en sautant les pauses publicitaires, on réalise à quel point il manque de liant au scénario. Par exemple, dans l’épisode #1, un Skinwalker attrape la main de Brianna et s’envole avec elle dans le ciel. L’on voit Karen qui vide toutes les larmes de son cœur pendant un gros 5 secondes, puis on passe à la pub.  Après, toute la famille est calme et décide de partir à la recherche de Brianna… en voiture. Au troisième épisode, les Coperland acceptent d’héberger dans leur VR un père et son fils, lequel est très agité. Persuadé qu’il est atteint de ladite fièvre, Matt l’achève par un coup de feu devant le père en pleurs : son fils n’était pas possédé du démon, mais bipolaire. Pause publicitaire, puis au retour, seule la famille continue son trajet; ce qui signifie qu’elle a dû abandonner le père avec le cadavre de son fils sur le bord de la route.

De leur côté, les acteurs ne savent trop comment interpréter leur texte qui, il faut dire est assez ridicule. Anna Heche, James Tupper; on a pu constater leur talent dans de multiples séries, mais ici, la fin du monde ne semble pas les troubler outre mesure, alors qu’ils débitent leurs textes bourrés des phrases épiques avec une certaine nonchalance, comme s’ils n’y croyaient pas eux-mêmes : « Our world is falling apart, but at least we’re all together./I’m gonna do a little more reading. » ou encore « Hey, it’s 5h40 in the morning. You should go back to bed. It’s still the end of the world. We’ll be safe in Seattle. »

Du point de vue des cotes d’écoute, Aftermath ne s’en tire pas trop mal. Aux États-Unis le pilote a rassemblé 630 000 téléspectateurs le jour de sa diffusion avec un taux de 0,16 chez les 18-49 ans. Au cours des trois semaines suivantes, l’audience est restée stable, enregistrant un léger gain pour une moyenne de 681 000 avec un taux de 0,17. Pour le moment, elle se retrouve en plein milieu des performances sérielles de la chaîne et des séries bien moins regardées comme Dark Matter, Killjoys, Wynonna Earp et 12 Monkeys qui ont toutes été renouvelées. La série canadienne a donc de quoi espérer.

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