The Good Place / Kevin Can Wait (2016) : la peste et la bête

The Good Place de NBC et Kevin Can Wait de CBS sont les deux comédies qui ont ouvert le bal de la rentrée américaine le 19 septembre. Contenant 13 épisodes chacune et diffusées sur les ondes de Global au Canada, la première met en scène Eleanor (Kristen Bell) qui après une mort subite se retrouve au « bon endroit » (d’où le titre) selon son concepteur Michael (Ted Danson). En effet, ayant mené une vie plus qu’admirable, elle a l’infime privilège de cohabiter avec les personnes les plus vertueuses au monde, sauf qu’il semble qu’il y ait erreur sur la personne… De son côté, Kevin Can Wait met en scène le personnage du même nom (interprété par Kevin James) qui après 20 ans à servir dans les forces policières entame une retraite auprès de sa femme Donna (Erinn Hayes) et ses enfants. Pourtant, il réalise rapidement que cette nouvelle vie est loin d’être de tout repos. Dans le cas de la nouveauté de NBC, on a décidé de proposer un concept hors de l’ordinaire qui malgré ses failles vaut au moins le coup d’œil tandis que CBS, fidèle à elle-même n’innove pas d’un iota avec sa sictom prévisible au possible. Et devinez ce que le public préfère…

The Good Place : trop bonne en effet

En créant la « Good Place », Michael a voulu créer un monde parfait destiné aux êtres les plus méritants de la terre. Après 200 ans à le façonner, les défunts se retrouvent dans des maisons et des quartiers fidèles à ce qu’ils ont toujours aspiré et il a même trouvé des âmes sœurs à chacun. Convaincu qu’Eleanor, en tant qu’avocate a épargné à plusieurs innocents la peine de mort, il la jumelle avec Chidi (William Jackson Harper) un réputé professeur en éthique du Sénégal. Seulement, Eleanor n’était qu’une simple vendeuse de faux médicaments destinés à des personnes âgées, mais se garde bien de dire la vérité. La « Good Place » réagit promptement à ce subterfuge alors qu’une pluie de déchets ou d’objets ayant appartenu à l’imposteur déferle sur la ville. Au cours des trois premiers épisodes, on a Eleanor qui tente tant bien que mal de cacher son passé tout en essayant de ne plus être la peste qu’elle était sur terre. Pourtant, il semble qu’elle ne soit pas la seule arrivée dans cet endroit suite aux erreurs de Michael.

Bien que la prémisse soit audacieuse, plusieurs petits éléments dans The Good Place viennent nous chicoter dès le premier épisode. Par exemple, il est étonnant que tous ces morts soient aussi jeunes et qu’aucun d’entre eux ne manifeste de la peine ne serait-ce que pour leurs proches qu’ils ont laissés sur terre. Ensuite, il y a cet endroit assez peu original où ils sont tous logés qui ressemble à une banlieue quelconque de la côte Ouest Américaine.

L’autre défaut est qu’on donne beaucoup trop d’importance dans le scénario au personnage d’Eleanor. Pour nous montrer qu’elle n’a définitivement pas sa place ici, on a recours à plusieurs flashbacks avant qu’elle ne meure. Certes, on comprend qu’elle est loin d’être une sainte, mais des beuveries où elle manifeste ouvertement son égoïsme ou encore son peu de considération pour l’environnement sont loin de faire d’elle un monstre. Il est évident que le créateur Michael Schur tenait à ce que l’on s’attache au personnage principal en modérant son caractère égocentrique, mais le problème est que dans cet endroit ne réunissant que des êtres exemplaires, les débuts de la série manquent d’étincelles. De plus, ils ont beau faire partie de tout un village, dans les trois premiers épisodes la protagoniste n’échange qu’avec Chici, et ses voisins Tahani (Jameela Jamil) et son âme sœur Jianyu (Manny Jacinto). En fin de troisième semaine, on vient nous titiller quant à la vraie nature de ses acolytes, mais trop peu trop tard ?

Kevin Can Wait : pas nous

Le plan de retraite de Kevin est simple : en plus de jouir de sa pension, lui et Donna planifient de transformer le garage en chambre et de la louer afin de récolter un revenu d’appoint. Mais à peine l’ex-policier a-t-il posé son derrière sur le divan qu’un premier imprévu se pointe à l’horizon : sa fille aînée Kendra (Taylor Spreitler), afin de soutenir financièrement son nouveau petit ami anglais Chale (Ryan Cartwright) qui développe une app, elle décide d’abandonner ses études et de reprendre son emploi de serveuse. Aussitôt, contre mauvaise fortune bon cœur, ses parents leur offrent le garage, ce qui ne signifie pas que la cohabitation sera sereine. Dans le second épisode, Kevin réalise que tout dans la maison a été conçu pour le confort de sa femme et non du sien et décide d’y remédier alors que dans le troisième, Donna l’implore de se mettre aux tâches physiques autour du logis, mais son mari qui préfère jouer au football avec ses amis décide de payer en douce un homme à tout faire.

 

Avant même que CBS lance ses nouveautés automnales, plusieurs ont critiqué le manque de diversité du network, ce qu’incarne sans conteste Kevin Can Wait. Cet homme très simple se veut dans toute sa simplicité (pour ne pas dire sa nonchalance) « l’Américain moyen »; celui qui lorsqu’il rentre à la maison à son souper posé sur la table et qui aime prendre une bière tranquillement avec ses amis. C’est justement ce train-train quotidien qui est exploité afin de faire rire l’auditoire comme lorsqu’un de ses amis affirme : « Let’s be honest. I mean, most of the stuff we’re doing for retirement is just okay. The beer is what makes it great » à cela s’ajoute les rires délirants de la foule, en admettant qu’ils soient véritables… Vient inévitablement plus tard cette guerre des sexes où le mari et la femme se disputent l’autorité du logis. Sans trop de surprise, notre pachyderme des temps modernes prend des décisions stupides comme d’installer un Lay-Z-Boy dans la cuisine ou encore de visser la télévision au plafond de la chambre. Sa femme intervient, plie à une concession mineure pour ne pas blesser son égo et tout rentre dans l’ordre. En principe, on a beau qualifier la comédie de familiale, mais tout tourne autour de ce père de famille simplet, au point où on néglige tout le reste, notamment ses deux plus jeunes enfants (James DiGiacomo & Mary-Charles Jones) complètement inutiles aux intrigues. Même du côté du décor la maison est exagérément grande tout comme le lit du couple « extra king size » ou encore la table de la cuisine qui n’a que quatre chaises alors qu’ils sont une famille de six.

Ce qu’il y a de plus triste avec cette comédie d’un autre âge et prévisible au possible est que le public répond plus que favorablement; 11,08 millions de téléspectateurs ont regardé en direct le premier épisode avec un taux de 2,6 chez les 18-49 ans, suivi de 10,06 millions pour le second (taux de 2,7) et 9,59 pour le troisième (taux de 2,2). Les chiffres ont beau baisser, ils n’en demeurent pas moins très forts, surtout chez la cible payante. De son côté, The Good Place aussi a connu un bon départ avec un auditoire de 8 millions pour ses deux premiers épisodes présentés le même soir et un taux de 2,6 chez les 18-49 ans. Depuis deux semaines, la série a intégré sa case horaire régulière du jeudi soir et après 4 semaines, la moyenne de l’audience est de 6,15 millions avec un taux de 1,7, ce qui augure bien pour l’annonce d’une saison complète.

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