Doctor, Doctor (2016) : retour aux sources

Doctor, Doctor est une nouvelle série de 10 épisodes diffusée depuis la mi-septembre sur les ondes de Nine Network en Australie. On y fait la connaissance de Hugh Knight (Rodger Corser), un chirurgien aussi doué que délinquant qui au risque de perdre le droit d’exercer, se voit muté pour un an dans sa ville natale de Whyhope dans un petit hôpital à titre de simple médecin de famille. « Forcé » de renouer avec sa famille, il doit en même temps faire face à plusieurs gens qu’il aurait vexés par le passé, mais qui sait si au bout du compte, cette année de « probation »  ne lui sera pas bénéfique ? Mélange d’E.R. et d’une série de type Hallmark Channel, Doctor, Doctor tient étonnamment bien la route avec des intrigues parfois légères, mais divertissantes et un casting convainquant, à commencer par le personnage principal qui n’a pas besoin de faire les fanfarons pour garder captif son auditoire.

Une pénitence en campagne

Peut-être est-ce dû à l’adulation de tous qui lui aurait monté à la tête du temps qu’il était à Sydney, mais Hugh vit comme un roi dans la métropole, faisant la fête le soir et opérant le jour. Toujours est-il que c’est l’une de ses collègues qui résume le mieux son changement de comportement : de George Clooney, il s’est transformé en Charlie Sheen (!) La goutte qui fait déborder le vase est lorsqu’il se retrouve impliqué dans un incident survenu chez lui impliquant beaucoup d’alcool et de la cocaïne. En l’envoyant à Whyhope, les directeurs lui donnent une dernière chance exigeant même qu’il soit testé chaque semaine. Là-bas, Hugh retrouve ses parents qui semblent n’être toujours en couple que pour les convenances : sa mère Meryl (Tina Bursill) met toutes ses énergies en politique municipale et son père retraité Jim (Steve Bisley) qui n’en a que pour leur fils adoptif Ajax (Matt Castley) et sa petite amie bigote Hayley (Chloe Bayliss). La seule personne avec qui Hugh s’entende bien est son frère Matt (Ryan Johnson), mais le fait qu’il soit en couple avec Charlie (Nicole da Silva), son ancienne petite amie n’augure rien de bon dans leurs relations futures. Sinon, à l’hôpital, il est dirigé (et surveillé) d’une main de fer par sa supérieure et très rigide Penny (Hayley McElhinney) qui bien qu’elle le méprise dans un premier temps finisse par voir en lui ses qualités alors qu’au fil des épisodes, il donne tout ce qu’il a pour sauver la vie de ses patients.

D’entrée de jeu, la trame narrative de Doctor, Doctor est loin d’être originale : la grande ville qui encourage les excès, la pénitence en campagne et une sorte de retour aux sources a été exploitée plus d’une fois au petit, comme au grand écran. Bien que cela se confirme en partie alors que les épisodes s’accumulent, un certain charme ressort néanmoins de la série, dans un premier temps parce qu’elle ne se borne pas au genre médical en particulier. Certes, Hugh qui n’a pas pratiqué la médecine familiale depuis des années a beaucoup de retard à rattraper, mais on le voit autant à l’extérieur de l’hôpital avec sa famille et ses proches qu’avec des patients. Exit donc le médecin qui passe des journées et des nuits entières dans son cabinet ne vivant que pour le bien-être de ses patients si souvent dépeint dans les séries américaines.

De plus, on évite de nous arriver avec des maladies qui n’ont qu’une chance sur mille de toucher un être humain et par-là même de créer une espèce d’atmosphère sensationnaliste visant à nous tirer les larmes alors qu’on sait très bien qu’on ne reverra plus les patients qui souffrent la semaine suivante de toute façon. Par exemple, dans l’épisode #2, Hugh et l’infirmière Aoife (Shalom Burne-Franklin) sont incapables de soigner un adolescent renversé par un tracteur, lequel meurt presque sur le coup. Au loin, on voit sa mère qui ignore tout de son état, puis on coupe au plan suivant alors qu’ils retournent à l’hôpital. Même chose au troisième épisode avec un patient blessé dans un accident de voiture. On apprend plus tard qu’il voulait se suicider : Hugh lui donne du support, mais on ne transforme pas cette trame en émission d’info publique pour autant. En s’intéressant autant à la vie familiale de Hugh, son personnage n’en est que plus complet. Ça rend évidemment la série plus familiale, plus grand public, mais au moins on évite de reproduire ce que les Américains répètent année après année.

Un personnage qui évolue… pour vrai

Reste que si on continue à suivre Dotor, Doctor, c’est d’abord et avant tout pour le personnage principal. En effet, Hugh a beau avoir des problèmes, la série ne tourne pas autour de ceux-ci comme c’était le cas par exemple pour certaines séries américaines comme Rake (justement l’adaptation d’une série éponyme australienne) en 2014 ou Backstrom en 2015 toutes deux diffusées sur Fox. Le schéma procédural tournait autour d’un avocat toxicomane et joueur compulsif dans la première et d’un détective alcoolique dans la seconde si bien qu’on s’intéressait davantage à la résolution de causes ou d’enquêtes plutôt qu’aux personnages principaux qui eux, n’évoluaient pas d’un iota et même, carburaient à leurs dépendances respectives. Avec Doctor, Doctor, on a droit à un ton plus modéré. Au départ, Hugh aime faire la fête et coucher à droite et à gauche, mais n’est pas accro pour autant. Lorsqu’il revient chez lui, on comprend un peu mieux cette fuite en avant lorsqu’on fait la connaissance de ses parents. Sa mère est égocentrique au possible et se montre gênée que son fils passe de chirurgien à simple docteur au lieu de tout simplement se réjouir de son retour. Quant à son père, c’est à peine s’il parle à son fils. Dès lors, Hugh comprend qu’ils ne changeront probablement jamais, mais c’est lui qui progressivement fait la paix avec son passé, bien qu’il joue avec le feu en se rapprochant de Charlie.

En tous les cas, cette formule légère, mais sympathique a plu aux téléspectateurs puisqu’ils étaient 760 000 en données préliminaires et 927 000 en données confirmées (incluant les enregistrements) pour le premier épisode qui s’est classé au 5e rang des émissions les plus regardées, toutes chaînes confondues ce soir-là. La semaine suivante, un auditoire de 820 000 en direct a aussitôt convaincu la chaîne de renouveler la série pour une seconde saison.

Publicités

2 réflexions sur “Doctor, Doctor (2016) : retour aux sources

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s