Quarry (2016) : un avenir brouillon

 

Quarry est une nouvelle série de 8 épisodes diffusée depuis le début septembre sur les ondes de Cinemax aux États-Unis. L’action se déroule à Memphis en 1972 alors que Mac (Logan Marshall-Green), aussi surnommé Quarry et Arthur (Jamie Hector), deux militaires ayant servis au Vietnam reviennent au pays sous les huées de la foule. Ostracisé et pas non plus en très grande forme psychologique, Mac fait la connaissance de celui que l’on appelle The Broker (Peter Mullan) qui en échange de beaucoup d’argent lui propose de devenir tueur à gages. Pourtant, les choses ne vont pas du tout comme prévu et le protagoniste s’embourbe dans toutes sortes de mésaventures. Série inspirée des romans de Max Allan Collins, il manque à Quarry un fil directeur auquel le téléspectateur puisse s’accrocher et c’est sans compter tout un contexte historique qu’elle exploite à peine.

De mal en pis

Le premier plan de Quarry nous montre le personnage principal isolé sur le bord de la mer et disposant d’un cadavre dans l’eau. On apprend plus tard qu’il s’agit de sa seconde affectation au Vietnam et on peine à imaginer toutes les horreurs dont il a été témoin. Toujours est-il qu’à son retour aux États-Unis, il n’y a pas grand monde pour le prendre en pitié. Le clan des pacifistes étant apparemment majoritaires à Memphis, personne n’ose lui donner un emploi et sa famille lui avoue qu’elle est gênée d’être vue en public avec lui. Il ne reste donc que sa femme Joni (Jodi Balfour) à ses côtés, mais le mutisme dans lequel il s’enferme et sa grande consommation d’alcool n’arrangent pas les choses. Un soir, The Broker lui arrive avec l’offre que l’on connaît en échange de 30 000 $. Il refuse, mais apprend plus tard qu’Arthur l’a acceptée. Le soir où celui-ci est sommé d’exécuter quelqu’un, Mac accompagne son ami, mais les événements tournent au vinaigre, ce dernier est tué et de surcroît, l’argent qu’il avait touché pour sa mission a disparu. Le protagoniste est donc forcé de travailler pour le Broker et justement, le premier client qu’il doit éliminer n’est nul autre que l’amant de sa propre femme. Pire encore, voilà que Boni est kidnappée au troisième épisode par l’homme qu’Arthur n’a pas réussi à tuer.

Un homme qui à la recherche d’un travail se fait offrir 30 000 $ les refuse, pour ensuite devoir tout de même cette somme et en plus d’avoir à trouver le montant de la rançon exigé par le ravisseur de sa femme; on ne peut pas dire que Mac ait tout à fait un retour à la vie normale. Mais malgré cette énumération d’intrigues qui s’écoulent sur les trois premiers épisodes, le rythme est beaucoup trop lent (pour ne pas dire saccadé) et ne justifie pas du tout un pilote de près de 75 minutes et des épisodes subséquents de presque 60 minutes. En effet, on ne parvient pas à nous garder en haleine principalement parce qu’on ignore l’objectif de Mac et par ricochet celui de la série. Dans le premier épisode, on est certain que l’on suivra les tribulations d’un tueur à gages, mais des événements traités sans grande intensité comme l’enlèvement et toute l’intrigue portant sur l’infidélité de sa femme, viennent saper cette lancée.

Qui plus est, on court trop de lièvres à la fois sans jamais réussir à les saisir. Dans un premier temps, on remarque la proximité de Mac avec la communauté noire de Memphis en partie due avec son amitié avec Arthur. Certes, la pauvreté est palpable, mais on peine à nous transmettre le climat raciste de l’époque, les enjeux et les revendications de ce groupe ethnique. Il faut dire que le manque de budget de la série se traduit par plusieurs scènes tournées en huis clos qui ne nous mettent nullement dans l’ambiance des années 70 à la fois du point de vue culturel que politique.

Reste le retour à la vie « normale » d’un soldat qui a risqué sa vie pour son pays. Rarement dans l’histoire une guerre a si intensément divisé les Américains et bien que Mac soit traité comme un paria, on ne met pas assez l’accent sur l’hostilité de la communauté à son égard mis à part sa difficulté à trouver un emploi au premier épisode. Reste le stress post-traumatique dont est atteint le personnage principal. On a bien droit à plusieurs scènes nous montrant son désarroi, mais on a davantage l’impression qu’elles sont insérées dans le montage pour boucher les trous narratifs et qui plus est, le personnage principal, de par son mutisme et la distance qu’il instaure avec le téléspectateur peine à éveiller notre sympathie à son égard. Reste ce plan où on le voit dans sa piscine en train de se noyer… la métaphore qui manque de subtilité perd surtout de son ampleur parce qu’étant présentée à outrance.

Réglez vos montres…

Cinemax est encore une jeune chaîne dans sa création de séries originales et s’il y a un aspect « signature » que l’on peut accoler à ses productions c’est bien le ton cru et les scènes graphiques de violence, notamment dans Outcast et Banshee. Quarry ne fait pas exception à la règle et il s’agit peut-être d’un hasard, mais dans les trois premiers épisodes, une altercation violente survient systématiquement entre la 40e et la 50e minute. Pourtant, ces moments coups de poing (littéralement) sont loin de compenser l’apathie générale qui les précèdent et comme tout semble être réglé au quart de tour, on ne se sent plus autant pressé d’assister au tout début des émissions….

Pour le moment, le sort de Quarry n’est pas au beau fixe. Le premier épisode a été regardé en direct par 182 000 téléspectateurs avec un faible taux de 0,06 chez les 18-49 ans. Certes, au cours des deux semaines suivantes l’auditoire a légèrement augmenté (173 000 puis 204 000), mais le taux est resté inchangé. On est loin des performances de Banshee dont la dernière saison rassemblait en moyenne 377 000 fidèles avec le double pour le taux (0,12), mais en même temps, on a Outcast qui avec seulement une moyenne de 174 000 téléspectateurs et un taux à 0,06 s’est vu attribuer une seconde saison. À suivre donc.

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