Son of Zorn / Legends of Chamberlain Heights (2016): dessins animés en HGE

Son of Zorn est une nouvelle comédie de 13 épisodes qui est diffusée depuis la mi-septembre sur les ondes de Fox aux États-Unis et CityTV au Canada. Comme son titre l’indique, le personnage principal Zorn (Jason Sudeikis) est un super héros de dessin animé qui décide de quitter pour un temps son île fictive de Zephyria pour Orange County en Californie afin de reconnecter avec son fils Alan (Johnny Pemberton) et son ex Edie (Cheryl Hines). De son côté, Legends of Chamberlain Heights est une série animée de 10 épisodes diffusée depuis les mêmes dates sur les ondes de Comedy Central aux États-Unis et MTV au Canada. Grover (Josiah Johnson), Jamal (Quinn Hawking) et Malik (Michael Starrbury) font partie de l’équipe de basket-ball de leur école et se considèrent comme étant des champions en devenir alors qu’ils sont tout juste bons à réchauffer le banc des joueurs. En temps normal, l’animation permet de soit nous amener plus facilement dans des lieux imaginaires ou encore de parodier le réel, offrant à ses protagonistes un certain recul. La série de Fox n’a recours à aucune de ses options et s’avère d’un conservatisme ennuyeux tandis que celle de Comédie Central nous amène dans les extrêmes, ne réalisant pas par le fait même tout son potentiel.

Son of Zorn : la crise de l’adolescence (X2)

Au départ, Zorn ne devait faire qu’un aller-retour, mais tout empreint de fierté mal placée, il décide de rester plus longtemps lorsqu’il constate que son fils l’ignore tout comme son ex-femme qui a un nouvel amoureux, Craig (Tim Meadows) : un homme aussi intéressant qu’une plante verte. Par miracle, il se trouve un emploi de bureau dans une entreprise de vente de savons. Dans le second épisode, il aide Alan à se rapprocher de Nancy (Ellen Wong) de qui il est amoureux, tandis que dans le troisième, il entre en guerre ouverte contre un collègue au travail qui leur vole des articles de cuisine.

Depuis des années Fox tient la route le dimanche soir en offrant une contre programmation avec The Simpsons, Family Guy et Bob’s Burger : tous des dessins animés. Reste une trentaine de minutes auxquelles n’ont pas survécu Mulaney en 2014 et l’an dernier Cooper Barrett’s Guide To Surviving Life. Avec Son of Zorn, on semble couper la poire en deux puisqu’on rassemble à la fois le monde réel et animé, un peu comme l’avait tenté ABC l’an dernier avec The Muppets. Dans ce cas-ci, ce qui rend en principe Son of Zorn unique est que l’homme en question est un super héros, de surcroît animé à l’écran. Pourtant, le côté fantastique n’apporte pas grand-chose à l’histoire. En effet, le milieu de la télévision américaine a beau connaître une vague (exagérée) de productions à l’antenne et à venir d’adaptations de Marvel ou de DC Comics, avec la nouveauté de Fox, on s’en tient au minimum avec quelques gadgets de son île enchantée pour aider ou nuire à ses proches selon les circonstances. On n’est pas allé assez loin dans l’humour, beaucoup trop bon enfant et le père distant, borné et irresponsable est de toute façon surexploité dans les comédies aux États-Unis si bien que tout dans cette nouveauté sent le réchauffé. Sinon, on peine à croire que le volet animation en soit resté à un degré si primitif. À plat, en deux dimensions; on n’admet qu’avec beaucoup de bonne volonté les interactions entre Zorn et sa famille et c’est encore pire lorsqu’à la fin du premier épisode, il nous est dévoilé qu’Alan est un  « demi-zéphyrien » des pieds à la taille.

Legends of Chamberlain Heights : avec un peu moins de vulgarités…

Qu’il s’agisse d’une série régulière ou d’un dessins animé, la vie adolescente est la même, avec ses fêtes, concours de popularité et intimidations. Avec Legends of Chamberlain Heights, on a trois jeunes qui bien que frimeurs, tentent par tous les moyens de hisser leur popularité. Ainsi, dans le premier épisode lorsque les policiers confisquent toute la drogue circulant sur le campus, Grover, Malik et Jamal dévalisent la pharmacie de la maisonnée de ce dernier et concoctent de la « Jamallies », une drogue qui a un franc succès, mais c’est avant qu’on en connaisse les effets secondaires. Dans le second épisode, tous les élèves doivent élever des bébés robots comme si c’étaient les leurs et les filles ont tôt fait de confier les tâches les plus ingrates à leurs partenaires masculins. Dans le troisième, Grover, après être devenu la risée du quartier en raison de ses souliers passés de mode décide d’acheter une marque premium, des Shackles, mais de ce fait il attise plutôt la convoitise de ses pairs que de l’admiration.

Les oreilles sensibles ne dépasseront même pas le cap des 5 premières minutes du pilote avec son abus du terme « negro » et ses blagues impliquant des prostituées, de la masturbation et des poupées gonflables. C’est que Legends of Chamberlain Heights cherche assurément à rivaliser en vulgarité avec South Park diffusée aussi sur la même chaîne. Vomissements, femmes objet, viols, excès de matières fécales : c’est en poussant à l’extrême les limites du bon goût qu’on croit faire rire le téléspectateur. Pourtant, la série en appliquant un peu d’automodération n’est pas complètement à jeter à la poubelle, notamment lorsqu’elle aborde le thème du racisme ou de la brutalité policière. Par exemple, on a le petit frère de Grover qui vent de la drogue, mais délibérément qu’à des blancs. Grover et Malik vivent dans des taudis alors que Jamal, le seul caucasien de la bande vit dans une immense villa sous l’autorité d’une mère qui n’en a que pour les chirurgies plastiques. Au troisième épisode, Grover après plusieurs tentatives de vol de ses baskets réussit à les conserver par miracle… jusqu’à ce que ce soit les policiers qui s’en emparent, ceux-là mêmes qui un soir, ont offert de ramener Jamal seulement à la maison, laissent en plan ses deux amis noirs. En exploitant davantage ce filon, Legends of Chamberlain Heights aurait peut-être quelques chances de faire parler d’elle (dans le bon sens), mais ses créateurs ont de toute évidence choisi la facilité scénaristique.

Qu’à cela ne tienne : la série a démarré avec 672 000 téléspectateurs, 484 000 pour le second épisode et 615 000 pour le troisième. Mais peu importe cette popularité en dent de scie, la production avant même la diffusion du pilote a renouvelé son dessin animé pour une seconde saison. De son côté il y avait définitivement une curiosité pour Son of Zorn puisque son premier épisode a attiré plus de 6 millions de téléspectateurs avec un taux impressionnant de 2,44 chez les 18-49 ans. Sans que l’on sache trop pourquoi, il a fallu attendre deux semaines avant la diffusion du second épisode et c’est peut-être ce qui explique la perte de plus de la moitié de l’auditoire, mais même avec 2,65 millions en deuxième semaine (taux de 1,12) et 3,58 millions (taux de 1,6) pour le troisième épisode, la comédie, si elle se stabilise aurait des chances d’être elle aussi renouvelée.

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