Startup (2016): bon démarrage

Startup est une nouvelle série de 10 épisodes qui ont tous été mis en ligne au début septembre sur le site de vidéo sur demande Crackle aux États-Unis. L’action se déroule à Miami et rassemble trois personnes aux valeurs opposées : Nick Talman (Adam Brody), un banquier, Ronald Dacey (Edi Gathegi) un gangster et Izzy Morales (Otmara Marrero), une mathématicienne et hackeuse à ses heures. Ensemble, ils essaieront de démarrer l’entreprise Gencoin, une monnaie numérique qui n’est attachée à aucune banque et sans frontières. Mais entre l’indifférence des investisseurs et les traques dont ils sont victimes, qui sait quel tournant empruntera leur entreprise du futur ? Crackle nous revient donc avec une seconde série originale qui parvient à nous entraîner dans ce monde numérique peu exploité jusqu’ici à l’écran et malgré quelques fausses notes mérite tout de même un certain investissement de notre part.

Légale ou criminelle ?

Nick travaille à la banque et entreprise de service-conseil Valencia depuis plusieurs années et pour le moment vit en parfaite union avec sa petite amie Taylor (Ashley Grace). Pourtant, tout se complique lorsqu’Andy (Carl Weintraub),le père de ce dernier lui demande de cacher 2 millions $ sous prétexte que le fisc est après lui. Nick qui est l’honnêteté incarnée refuse dans un premier temps, mais une idée germe dans son esprit au moment où lui et ses collègues reçoivent Izzy pour un pitch sur son entreprise Gencoin. Bien que Valencia ait décidé de passer son tour, Nick la retrouve et investit à titre personnel tout l’argent de son père. Izzy a beau dégager une forte confiance en soi, en réalité elle a davantage le profil de l’artiste incomprise. Récemment larguée par son petit copain, elle est contrainte de revenir vivre chez ses parents et elle monte toute son entreprise dans leur garage. Entre-temps, on apprend que c’est l’argent de Ronald que le père de Nick volé. Le gangster n’ayant pas un grand sens de l’humour, il force Nick à s’associer à eux. Reste Phil Rask (Marin Freeman), un agent du FBI qui s’acharne un peu trop intensément sur Andy et il ne fait aucun doute qu’il a un agenda caché.

Avec The Art of More, Crackle nous offrait une immersion dans le vol d’objet d’art qui bien qu’originale se limitait en fin de compte à une série procédurale comme il y en a tant d’autres sur les networks américains, qu’il s’agisse d’enquêtes policières, de traitements médicaux ou encore de batailles judiciaires. Gageure plus audacieuse de la part du service de vidéo sur demande ? Force est d’admettre qu’une certaine maturité émane de Startup, ne serait-ce qu’avec son casting sélect et pour sa réalisation en général en incluant les magnifiques prises de vue de Miami, des Everglades et de la Petite Haïti.

Un beau contenant certes, mais un bon contenu aussi. Avec les scandales financiers qui pullulent et l’envahissement de l’informatique dans nos vies, on peine à croire que si peu de séries se soient penchées sur ses thèmes à l’exception de la très bonne Billions et de la marginale Mr Robot. La particularité de Startup est qu’elle exploite très bien dans les trois premiers épisodes un projet qui peut prendre n’importe quelle direction dépendamment des mains qui la gèrent. À l’image d’un film chorale, on rassemble à la tête du casting trois personnages aux antipodes :  Izzy est l’idéaliste du groupe et à la base, elle cherche à créer un monde meilleur et plus égalitaire avec Gencoin. Nick qui jusqu’ici a été un banquier à la réputation irréprochable partage la même vision, mais se retrouve corrompu malgré lui puisque l’argent qu’il a investi est sale. De son côté, Ronald n’a pas autant de scrupules et c’est d’ailleurs sous la pression qu’il exerce que Gencoin pourrait s’aventurer dans des voies illégales. C’est que dans un premier temps, tous ces hommes à cravate lèvent le nez sur cette nouvelle compagnie et Ronald pour sauver sa peau pourrait facilement s’allier avec des gens peu recommandables pour récolter un profit immédiat. Ainsi, un peu comme Mad Dogs d’Amazon, on a droit à des gens ordinaires qui victimes en un sens de leur invention pourraient bien se retrouver dans des aventures rocambolesques, mais la fiction pourrait aussi garder un ton plus terre à terre. Après trois épisodes, il est encore trop tôt pour se prononcer.

Faire leur connaissance au lit

Crackle, à l’image des compagnies de vidéo sur demande a décidé de mettre d’un seul coup tous les épisodes de sa saison en ligne. On ne sait trop si c’était ce mode de « diffusion » prévu au départ, mais toujours est-il que l’on retrouve dans le pilote plusieurs scènes de sexe, comme s’il fallait à tout prix passer par là pour happer le téléspectateur. Plans racoleurs où seul le corps de la femme attire l’objectif, chaque personnage principal nous est présenté pour la première fois en plein ébat et l’on doute que ce soit intentionnel, puisque leurs relations extra ou intra conjugales n’ont pas grand-chose à voir avec l’arc narratif principal. L’autre défaut se situe au scénario qui quelquefois sonne faux, notamment lorsqu’il est question de Gencoin. La présentation d’Izzy devant de potentiels investisseurs est un peu trop didactique, tout comme quelques discussions sur le sujet qui s’ensuivent et ressemblent davantage à un abécédaire destiné aux téléspectateurs qui n’est pas vraiment essentiel. Même chose plus tard lorsque Phil et une complice contemplent du haut d’une montagne Miami et qu’il lui donne un petit cours géographique sur les différentes zones de la ville, de leur potentiel économique et des opportunités qu’elles leur offrent.

Malgré des critiques tièdes, The Art of More a été renouvelée pour une seconde saison. Pour le moment, aucune annonce n’a été faite pour Startup, mais Crackle, présente dans plus de 22 millions de foyers desservis par le câblodistributeur Comcast continue à aller de l’avant, incluant un portail sans publicités et divers projets quant à la réalité virtuelle. Un joueur à surveiller assurément.

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