Mary+Jane / Loosely Exactly Nicole (2016): pas de double sens

Mary+Jane et Loosely Exactly Nicole sont deux nouvelles comédies de 10 épisodes chacune qui sont diffusées depuis le début septembre sur les ondes de MTV aux États-Unis et au Canada. La première met en scène deux amies : Paige (Jessica Rothe) et Jordan (Scout Durwood) qui ensemble décident de démarrer un service de livraison de marijuana à domicile appelé le « Green 15 » malgré une compétition plus rude qu’il ne le paraît. Dans la seconde, comme son titre l’indique, le personnage principal, Nicole (Nicole Byer) rêve de devenir actrice, mais son surplus de poids donne lieu à plusieurs situations inconfortables, notamment lorsqu’elle se présente en audition. Avec l’arrivée de l’automne, MTV amorce ses lundis soir au féminin avec des personnages qui ne manquent pas de trempe et qui se retrouvent pris dans toutes sortes de quiproquos, mais à l’image de la ville de Los Angeles où elles évoluent, c’est le superficiel qui l’emporte sur leurs faits et gestes au détriment de prémisses pourtant prometteuses.

Mary+Jane : l’entreprise qui passe derrière tout le reste

L’utilisation de la marijuana à des fins médicinales étant légale depuis plus d’une décennie en Californie, Jordan et Paige ne sont pas les seules à vendre les feuilles vertes et constatent que même sur les réseaux sociaux la concurrence est féroce. Ainsi, dans le premier épisode, les deux amies tentent par tous les moyens de se faire photographier aux côtés d’une célébrité, n’importe laquelle, qui aurait consommé leur produit afin de faire mousser leurs ventes. Dans le second, Paige retrouve une vieille copine qui déjà à l’époque la détrônait en popularité et c’est le même schéma qui est reproduit ici alors que dans le troisième, elle et Jordan sont invitées à un enterrement de vie de jeune fille, mais juste avant, essaient un lubrifiant à base de marijuana et se mettent à entendre parler leurs vagins et celui des autres.

Comme on peut le constater, tous les épisodes ont un lien plus ou moins direct avec le cannabis, mais la plupart du temps, seulement en apparence. Ainsi, question de plaire potentiellement à de jeunes téléspectatrices, on s’intéresse surtout à la popularité, l’importance des réseaux sociaux et par-dessus tout au sexe dans Mary+Jane. Malheureusement, ce dernier thème empiète trop sur les deux précédents au point où on tombe rapidement dans les clichés d’usage, sans apporter grand-chose aux épisodes. « Les contraires s’attirent » comme le veut l’expression, ce qui est le cas des deux amies : Paige est introvertie, se remet mal de ses ruptures amoureuses et manque de confiance en elle alors que Jordan couche avec tout ce qui bouge et est incapable de s’attacher émotionnellement. Évidemment, comme le veut le cliché, la sexualité chez les jeunes est extrêmement fluide et on a Jordan dans le second épisode qui sort avec un couple où le garçon et la fille finissent par se battre puérilement pour son attention. C’est encore pire la semaine suivante avec leurs organes génitaux qui se mettent à parler. Avec un peu d’originalité, on aurait pu élever un tant soit peu le ton des conversations et pourquoi pas nous arriver avec un genre de réflexion sur le féminisme de la nouvelle génération, mais là encore, on tombe dans l’humour facile avec un vagin qui se plaint d’être trop « utilisé » et un autre, pas assez. En fait, il manque tout simplement à Mary+Jane un second niveau d’humour que l’on retrouve dans les Simpsons par exemple, celui qui interpelle les plus de 16 ans…

Loosely Exactly Nicole : l’éléphant dans la pièce…

Pour faire original, Nicole habite Los Angeles… et rêve de devenir actrice. Si elle a le tempérament pour exercer ce métier et une excellente confiance en soi, le marché étant ce qu’il est, elle gagne sa vie en faisant du gardiennage et passe le reste de son temps en compagnie de son colocataire, le flamboyant Devin (Jacob Wysocki) et de sa meilleure amie, la très sérieuse Veronica (Jen d’Angelo). Dans le premier épisode, la protagoniste se rend à une audition qui ne donne pas les résultats escomptés et l’on suit aussi ses déboires avec Derrick (Kevin Bigley) qu’elle traite en véritable objet sexuel alors que dans le second, elle se demande si elle ne serait pas en train de tomber amoureuse de lui. Finalement dans le troisième, on met en lumière l’incapacité de Nicole à économiser ne serait-ce qu’un centime alors qu’elle préfère se payer une coupe de cheveux plutôt que de payer son compte d’électricité.

Encore une fois, c’est davantage les petits problèmes du quotidien qui accaparent toute la place dans le scénario au détriment de la carrière de Nicole. Pourtant, Loosely Exactly Nicole est directement inspiré de la vie de son actrice Nicole Byer qui en raison de son physique et malgré une forte personnalité a toujours eu de la difficulté à percer à Hollywood. En la mettant à la tête d’une série, on aurait pu croire que ç’aurait été la vitrine par excellence pour dénoncer la culture de l’industrie qui s’acharne à donner des rôles principaux à des jeunes filles aux physiques dignes de donner des complexes à n’importe qui, mais non. Mis à part le premier épisode où Nicole espère obtenir le rôle d’une prostituée surnommée « big butt Bertha », jamais on n’aborde le tabou qui pourtant est au cœur de la série : le surplus de poids de l’actrice. En fait, dès l’épisode suivant, il est peu question de sa carrière et tout comme dans Mary+Jane, c’est le sexe qui accapare toutes les conversations avec des répliques aussi futiles que vulgaires comme cet échange entre Derrick et elle :(D) « You smell good tonight » (N) : « I got McDonald’s earlier » ou plus tard Devin à propos d’un amant : « No, the male orgasm is like Pringles. Once you pop, you cannot stop. »

Les résultats de cet humour puéril se traduisent en ces chiffres; Mary+Jane a rassemblé 460 000 téléspectateurs pour ses deux premiers épisodes avec un taux respectif de 0,22 et 0,26 chez les 18-49 ans et en troisième semaine 400 000 (taux de 0,22).  Quant à Loosely Exactly Nicole, on compte un auditoire de 350 000 téléspectateurs pour son pilote avec un taux de 0,22, 230 000 (taux de 0,16) en deuxième semaine et 250 000 (taux de 0,13) pour l’épisode #3. Il s’agit là de chiffres assez quelconques pour des séries qui le sont tout autant. Pas de renouvellements non plus à l’horizon.

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