Bilan de saison : One of Us (2016)

Bilan de saison : One of Us (2016)

One of Us est une nouvelle minisérie de 4 épisodes diffusée sur les ondes de BBC One depuis la fin août. L’action qui se déroule en Écosse démarre en tragédie : le meurtre d’Adam Elliot (Jeremy Neumark Jones) et de Grace Douglas (Kate Bracken), deux jeunes mariés depuis quelques semaines seulement et de surcroît, cette dernière était enceinte. Les deux familles voisines ont à peine le temps de se remettre de la mauvaise nouvelle qu’un soir pluvieux, un jeune homme fait des tonneaux avec une voiture volée et aboutit chez eux à demi conscient. Or, grâce à des images diffusées dans les bulletins de nouvelles, les Elliot et les Douglas découvrent qu’il s’agit du meurtrier de leur progéniture et décident de l’enfermer dans une cage de leur ferme en attendant que la police et l’ambulance, retardés semble-t-il par la pluie, ne viennent le prendre en charge. Or le lendemain le tueur est retrouvé la gorge tranchée, mais on ignore qui est le meurtrier. Et la police qui finalement s’en mêle… Drame écrit par Jack et Harry Williams qui nous ont tenus captifs à l’écran durant la diffusion de The Missing, leur dernière création, One Of Us s’amorce avec beaucoup d’originalité, mais quelques longueurs et le retour à une forme plus classique viennent presque par nécessité altérer l’idée de départ. Reste que la fiction vaut définitivement le coup d’œil.

Aussi opaque que la brume écossaise

Passé l’introduction nous montrant une vidéo de Grace et Elliot le jour de leur mariage, on voit le meurtrier, l’arme à la main alors que les corps des amoureux gisent dans une mare de sang. Ce que l’on sait pour le moment de lui, c’est qu’il s’agit d’un junkie qui les aurait tués après que le cambriolage ait mal tourné. Plus tard, les familles apprennent la nouvelle et sont évidemment dévastées. Chez les Elliot, on a Louise (Juliet Stevenson) la mère, sa fille Claire (Joanna Vanderham) et son frère Rob (Joe Dempsie) tandis que chez les Douglas, il y a les parents de Grace, Moira (Julie Graham) et Bill (John Lynch) ainsi que leur jeune fils Jamie (Christian Ortega) et Alistair (Gary Lewis), un employé sur la ferme. Au fil des épisodes, on découvre que tous ont quelque chose à cacher et après le troisième, les soupçons vont dans tous les sens si bien que le téléspectateur est toujours dans le noir.

Ce qu’il y a d’intéressant avec One of Us est qu’un drame aussi poignant que la mort des jeunes mariés se retourne aussi vite contre les proches endeuillés. Certes, avec ses épisodes de 60 minutes, BBC a le privilège de prendre son temps et de nous transmettre avec réalisme toute la peine éprouvée par les protagonistes, mais dès que le corps inanimé du meurtrier est retrouvé, l’ambiance change du tout au tout. Ce ne sont plus des victimes endeuillées, mais des coupables et ils se comportent comme tel. Et bien qu’ils se soient concertés sur la manière de cacher le corps, ils n’ont pas pensé à se donner un alibi commun, ce qui éveille les soupçons des policiers Juliet (Laura Fraser) et Andrew (Steve Evets).

Encore plus intéressant est l’axe narratif concernant le « tueur-tué » très peu exploité après trois épisodes. On a beau se concentrer sur celui qui lui a tranché la gorge, qui nous dit que c’est lui qui a tué Grace et Adam? Ou peut-être le meurtre était-il commandité par quelqu’un de leur famille? Il faut toujours garder en tête que le présumé tueur, avant son accident de voiture avait à la main le code postal de la maison des Elliot : c’est donc qu’il se rendait chez eux, mais dans quel but? Récolter un salaire pour sa sale besogne? Confronter le vrai tueur? Révéler aux familles un terrible secret? La curiosité nous tenaille et l’épisode 4 finit par répondre à toutes nos questions, quoiqu’au final, cela s’avère un peu trop tiré par les cheveux.

L’indispensable police

Oui, l’idée que deux familles complètes soient complices du fait qu’ils enterrent le corps ensemble et se débarrassent d’objets incriminants est assez originale, mais reste qu’au long terme, la prémisse se dirige inévitablement sur un mur. C’est que s’il y a une chose sur laquelle ils s’entendent tous, c’est que le tueur, lui-même assassiné n’a eu que ce qu’il méritait. Avec cet état d’esprit, ils n’insistent pas plus qu’il le faut pour trouver le coupable, ce qui se comprend, mais qui laisse aussi le téléspectateur sur sa faim. L’épisode #2 est assez lent justement et les quelques secrets que l’on découvre à propos des Douglas et des Elliot sont en somme peu compromettants. Par conséquent, ce huis clos dans les premiers épisodes est loin d’être aussi réussi que And The There Were None par exemple qui avec une tension toujours croissante a attisé jusqu’à la fin notre désir de connaître le coupable, et ce, sans que les policiers ne soient impliqués dans le scénario. Ici, l’intensité n’est vraiment atteinte qu’à la fin du troisième épisode, soit, lorsque les forces de l’ordre s’en mêlent. Elles seules seront à même de trouver le coupable face à deux familles soudées qui aussi empêtrées soient-elles dans leurs problèmes personnels et leur deuil, ne sont pas à même de faire avancer la fiction au diapason des vœux des téléspectateurs.

Au moins, ce qui ne fait aucun doute est qu’ils étaient nombreux pour la première : 5,33 millions en auditoire, One of Us s’est ainsi classée au 8e rang des émissions les plus vues de la semaine du 22 au 28 août, toutes chaînes confondues. La semaine suivante, la fiction chutait au 11e rang, mais avec 4,84 millions de téléspectateurs, la baisse est tout de même limitée. Même chose en troisième semaine avec une stabilisation de l’auditoire à 4,83 millions, toujours au même rang.

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