Bilan de saison: Harley and the Davidsons (2016)

Harley and the Davidsons est une nouvelle minisérie de 3 épisodes qui a été diffusée sur les ondes de Discovery Channel aux États-Unis et au canada du 5 au 7 septembre. On nous fait voyager au début du XXe siècle dans la ville de Milwaukee au Wisconsin alors que Bill Harley (Robert Aramayo), un jeune étudiant brillant qui  avec son meilleur ami Arthur Davidson (Bug Hall) et son cousin Walter (Michiel Huisman) décident de fabriquer leur propre prototype de bicyclette motorisée. Cependant, loin d’être des hommes d’affaires aguerris, la compétition est rude, mais la passion est de leur côté. Histoire typique de l’American Dream, Harley and the Davidson est une série à la narration fluide qui se dévore rapidement. Série typique de l’image d’une Amérique fière et industrieuse que l’on nous a vendue pendant plus d’un siècle, c’est surtout l’autopromotion de Discovery qui nous laisse pantois.

Un rêve…

Au départ, Bill et Arthur dessinent et fabriquent leurs premiers motorisés dans une grange, alors qu’au même moment, Walter s’est fait exproprier par une compagnie de chemin de fer. C’est avec la maigre compensation qu’on lui a versé qu’il décide d’investir dans le prototype de son cousin. On a donc Bill sur sa table à dessin, Arthur aux ventes et Walter qui fais les essais et participe aux courses qui sont organisées en grande partie pour la visibilité. Pour le moment, il ne s’agit que de bicyclettes à moteur, mais il y a bel et bien une demande et un potentiel d’amélioration. Au début, leur principal concurrent est la Indian Motorcycle Company et leur rivalité atteint son paroxysme lors d’une course… meurtrière. Dans les épisodes suivants, les années passent et le produit se modernise, mais en plus de devoir tous élever une famille, les trois partenaires ont à charge des employés et devront prendre de difficiles décisions à l’avènement de la Grande Dépression, d’autant plus qu’ils sont constamment courtisés par des plus gros joueurs qu’eux : c’est d’abord Mason Gears, ensuite une entreprise japonaise, puis monsieur Ford en personne.

Harley and The Davidsons nous charme d’emblée pour son récit fluide et son efficace recréation d’époque. Il est en effet intéressant de voir ces jeunes hommes parcourir les champs sur leurs engins avec non loin d’eux des chevaux sauvages qui galopent! On réalise dès le départ que les protagonistes sont tous assez uniformes et qu’outre leurs talents complémentaires, on explore au minimum leur sphère personnelle. Certes, ils vont tous se marier au tournant du second épisode et éventuellement avoir des enfants, mais le temps des flirts et de la vie conjugale se résume à quelques scènes seulement au point où les femmes n’ont pas grand-chose d’intéressant à apporter dans la série.

 

En fait, dans sa forme de narration on ne peut plus classique, l’accent est définitivement mis sur le bon vieux rêve américain dans lequel les protagonistes ne sont que l’incarnation du mythe en général. Jeunes, (Blancs), issus d’un milieu modeste; leur aventure est celle de David contre Goliath et c’est par-dessus tout le rêve et une confiance en eux inébranlable qui les guident. Les méchants, ce sont les grands banquiers ou grands entrepreneurs qui dans un premier temps leur lèvent le nez parce qu’ils ne croient pas en leur projet et qui ensuite cherchent à signer avec eux, mais en imposant de sévères conditions tout en s’appropriant un maximum de profit. Évidemment, devant ces tentations, ils finissent toujours par résister; leur détermination étant plus forte que tout. Conséquemment, on met moins l’accent sur leurs échecs si bien que leur parcours est un peu fade. À l’opposé, Klondike présenté en 2014 sur la même chaîne et portant sur des chercheurs d’or, on avait beaucoup plus d’émotions fortes à nous offrir, ne serait-ce que par les multiples défis quotidiens qu’ils devaient relever.

La Harley sur un piédestal

Tout au long de la série, les trois protagonistes ne cessent d’améliorer leur produit, mais ont aussi une vision assez claire de ce que leur moto leur inspire : la liberté, la vitesse, le côté rebelle et jeune, etc. Ces caractéristiques sont surtout mises de l’avant dans le dernier épisode alors que le fils de Walter, Walt Jr. (Sean H. Scully) décide délibérément de s’éloigner de l’entreprise familiale pour un environnement plus cool, avec des jeunes de la rue qui avec des pièces trouvées construisent leurs propres motocyclettes. Vers la fin de l’épisode, les trois fondateurs délaissent un événement guindé pour une course en plein air avec les amis de son fils, nous faisant comprendre par là que c’est la clientèle pour laquelle ils ont toujours œuvré, ce qui est plutôt ironique puisqu’en 2016 ce type d’engin est loin d’être abordable; se vendant (neufs) entre 11000 et 30 000 $…

L’autre aspect qui nous fait quelque peu grincer des dents concerne le site web de Discovery dédié à la série. Outre les informations de base, on encourage les téléspectateurs à l’aide du hashtag #HARLEYPRIDE à envoyer des photos de leurs motos, de témoigner de leurs expériences (sublimes) avec celle-ci… On est à la limite de l’autopromotion gratuite à tel point où l’on est persuadé que la minisérie a été commanditée par la compagnie, ce qui est faux. La compagnie a bien prêté avec plaisir du matériel pour les scènes, mais n’a cependant pas franchi la ligne blanche. Par contre, Budweiser s’est associée avec enthousiasme au projet. En plus des publicités entourant les diffusions, l’entreprise a recréé la bouteille de mise dans les 30 premières années du XXe siècle et comme « par  hasard », la plupart des protagonistes ont souvent une bouteille à la main, l’étiquette bien visible…

En somme Harley and the Davidsons aura été un réel succès. Présenté avant le raz-de-marée des séries des networks et en rafale de surcroît, les deux premiers épisodes ont attiré 3,4 millions de téléspectateurs et 3,34 pour la finale avec un taux stable de 0,9 chez les 18-49 ans. De plus, la nouveauté se classe sur la deuxième marche du podium en termes de popularité chez les 25-54 ans du côté du câble, tout juste en dessous de The People v. O.J. Simpson: American Crime Story. Discovery a définitivement de quoi se frotter les mains!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s