Bilan d’été 2016 : des coups de cœur et des coups de gueule en 6 points

Le nombre de séries allant toujours croissant depuis ces dernières années, l’été n’est plus nécessairement une saison à négliger, d’autant plus que certaines chaînes moins grand public attendent le repos des networks pour sortir leur artillerie, lourde ou légère, c’est selon. Ce qui a changé la donne principalement aux États-Unis, c’est tout simplement deux petites semaines d’olympiques qui semblent avoir dissuadé Fox et ABC de tenter quoi que ce soit de nouveau en fiction (mis à part Uncle Buck;  une petite comédie insignifiante pour cette dernière). En compensation, les sériéphiles ont eu droit à des choix très intéressants provenant de l’étranger ou du câble. Petit tour d’horizon.

  • HBO se reprend en main

Après une année d’audiences décevantes et surtout ponctuées d’annulations, la chaîne premium a perdu beaucoup de lustre à l’exception de Game of Thrones qui avec une finale…. Explosive est venue sauver sa réputation. HBO a cependant su rebondir admirablement durant la période estivale d’abord avec The Night Of : un drame puissant où l’enquête policière a rapidement cédé sa place aux étapes de la déchéance d’un homme faussement accusé, ou plutôt à la dénonciation d’un système de justice rouillé où les innocents sont jugés coupables et pire encore, condamnés à attendre des mois un simple procès. Côté comédie, Vice Principals est presqu’autant réussie avec Walter Goggins et Danny McBride qui incarnent à la perfeciton des êtres à la fois pathétiques, survoltés et vicieux.

  • Ailleurs dans le monde anglo-saxon

Si du côté anglais l’originalité est toujours au rendez-vous avec des comédies diversifiées comme Fleabag, Flat TV (BBC Three), Power Monkeys (Channel 4) et Love, Nina (BBC One),  la palme va à ITV qui sans prétention aucune, nous a offert deux jolies comédies dramatiques. D’abord, The Durrells avec sa famille hautement sympathique et ses aventures si simples dans un cadre grec pour le moins enchanteur. Ensuite, ce fut Brief Encounters qui au-delà des jouets sexuels et de la mode criarde des années 80 a réussi surtout à nous offrir une touchante histoire d’amitié entre des femmes de générations et de classes différentes, tout aussi attachantes les unes que les autres. La première a été renouvelée, on en espère tout autant pour la seconde.

En voyageant encore plus loin, chapeau à Barracuda d’ABC en Australie qui à la veille des Jeux olympiques de Rio nous a offert une fiction plus vraie que nature sur le travail d’un athlète, sa persévérance, ses aspirations, mais aussi sa fragilité dans un domaine où une infime majorité se rend jusqu’au sommet. Adaptation du livre éponyme de Christos Tsiolkas, il faut définitivement encourager l’auteur à écrire davantage, lui dont le roman The Slap a aussi été adapté en série d’abord en Australie, puis sur NBC.

  • Deux premières impressions un peu trompeuses sur le câble américain

La première, c’est Feed The Beast d’AMC, adaptation de Bankerot, une série danoise. Certains personnages étaient peu crédibles et on aurait aimé plus « d’amour » dans le montage concernant la nourriture, laquelle était pourtant au centre des intrigues. Reste que dans son ensemble, un rebondissement n’attendait pas l’autre et qu’on a fini par adopter les deux incorrigibles protagonistes. Et malgré une finale qui ouvrait grand la porte à toutes sortes de nouvelles intrigues, AMC a tout de même décidé d’annuler la série, faute d’un auditoire suffisant.

La deuxième, c’est Animal Kingdom d’USA Network. Ellen Barkin étant en grande forme dans le rôle de Smurf, une mère de quatre turbulents fils qu’elle sait manipuler à merveille autant pas les sentiments que pas l’appât du gain. Des premiers épisodes hypnotisants, mais qui au fil de la saison ont perdu de leur intensité, incluant la finale assez prévisible. Malheureusement, la chaîne qui avec ce genre de séries cherchait à attirer une clientèle plus jeune et séduire la critique n’aura pas quitté longtemps ses pantoufles puisque dès l’an prochain, elle réintroduira dans sa grille de nouveaux procéduraux, bien moins originaux, mais beaucoup plus rentables.

  • CBS l’incomprise

Autant CBS peut se révéler ultraconservatrice dans ses séries dramatiques d’automne-hiver, autant elle peut faire preuve de beaucoup d’audace durant l’été. Justement, au cours de celui-ci elle nous proposait deux séries fort prometteuses ou du moins au synopsis très original : Brain Dead où des zombies envahissent la maison blanche et American Gothic sur une famille hébergeant sans le savoir un tueur en série. Dans le premier cas, la parodie du monde politique manquait de mordant et n’avait pas réussi à dépasser le stade des généralités alors que dans la seconde, on ne sait trop s’il s’agissait en fait d’une comédie satirique tellement les personnages principaux manquaient de crédibilité. Le public, confus lui aussi a vite laissé tomber ces deux offres, ce qui a donné des cotes d’écoute à faire rougir… de honte.

  • Prendre des adolescents pour des cons

ABC Family en changeant son nom pour Freeform avait pour but d’attirer une clientèle adolescente : en somme, devenir un second MTV. Évidemment, il faut être moins exigeant en regardant les séries que produisent ce genre de chaînes qui n’ont pas l’habitude de nous présenter de fines intrigues et de faire dans la subtilité. Par contre, cet été, Guilt et Dead of Summer se sont surpassées en termes de nullité : acteurs peu convaincants, budgets approximatifs : c’est surtout ces tentatives désespérées des scénaristes de plaire à leur jeune public en misant avec beaucoup de maladresse sur les inconvénients des réseaux sociaux et le sentiment d’appartenance à un groupe qui nous a rapidement fait décrocher.

  • Et les retours?

Plus les années passent, plus Mistresses s’enfonce dans la médiocrité. Le départ de Savi (Alyssa Milano) du strict point de vue diégétique n’a jamais fait grand sens et quand on y pense, l’adultère, comme le titre l’indique, n’a occupé que très peu de place dans les intrigues. En fin de compte, on plaint les actrices qui font ce qu’elles peuvent avec les incongruités constantes qu’on leur donne.

À l’opposé, la légèreté est 100 % excusable et assumée avec Devious Maids qui chaque année se contente de nous ramener une enquête policière et son lot de problème pour les quatre bonnes de Beverly Hills. Malheureusement, la série a été annulée au début septembre si bien qu’il y aura au moins une dernière énigme qui ne sera jamais résolue. Tyrant qui a amorcé sa troisième saison un peu plus tard cette année n’est pas à court d’idées, reste même très collée sur l’actualité, mais éprouve comme toujours des difficultés à atteindre ses objectifs narratifs très élevés. Reste UnReal qui nous a offert une seconde saison moins subtile que la première qui a déçu plusieurs critiques, mais qui néanmoins a l’avantage, (tout comme Homeland dans un autre registre) de pouvoir se réinventer chaque saison. Justement, une troisième est prévue par Lifetime l’an prochain.

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