Dead of Summer (2016) : à mourir d’ennui

Dead of Summer est une nouvelle série de 10 épisodes diffusée depuis la fin juin sur les ondes de Freeform aux États-Unis et ABC Spark au Canada. Question d’être en phase avec l’été, l’action se déroule dans le camp de vacances de Stillwater  dans les années 80 alors qu’un groupe d’adolescents s’y rend pour y travailler. Mais voilà qu’à peine arrivés, des phénomènes aussi étranges qu’apeurants surviennent et font remonter de mauvais souvenirs chez les moniteurs. Les non-abonnés à la chaîne n’ont pas à s’en faire puisque Dead of Summer ne marquera pas les esprits. Malgré une prémisse originale qui se démarque des habituelles séries « slashers », les histoires personnelles de ces jeunes sont d’un ridicule consommé, tandis que le volet effroi nous laisse indifférents.

 

De… « douloureux » souvenirs

Stillwater a été nouvellement acquis par Deb Carpenter (Elizabeth Mitchell) qui a littéralement brisé son cochon pour rouvrir le camp où elle a passé de si belles vacances durant son enfance. Mal lui en prit. En effet, dès que les 8 jeunes moniteurs arrivent, tout semble aller de travers. C’est d’abord le corps du jardinier qui est retrouvé noyé, puis sa maison remplie de photos de morts qui est brûlée, puis d’autres incidents surviennent, mais on ne saurait affirmer s’il s’agit de simples visions ou de l’œuvre de quelques désaxés. De plus, du côté des moniteurs, bien qu’ils se connaissent tous depuis l’enfance à l’exception d’Amy (Elizabeth Lail), les tensions grimpent rapidement notamment du côté sentimental, laissant chacun frustré pour le moment.

Normalement avec ce genre de série, c’est le tueur ou du moins celui qui effraie les autres par toutes sortes de moyens qui est au centre des intrigues. Avec Dead of Summer, on prend le chemin inverse, c’est-à-dire qu’à chaque épisode, on revient dans le passé d’un des adolescents, ce qui nous aide à comprendre qui se cache derrière chaque masque et qui pourrait (en principe) nous renseigner sur ce qui les attend et le pourquoi. L’approche en soi est originale, nous rappelant l’inoubliable formule de Skins, mais on est vite déçu par ce qui nous est présenté. C’est qu’en fin de compte, chacun de ces destins « brisés » sont d’un ridicule à faire rougir les scénaristes.

On commence avec Amy dont la nouvelle amie Margot (Morgan Taylor Campbell) est morte suivant une descente de police lors d’une fête entre jeunes : c’est qu’en essayant de s’enfuir par le toit, elle a perdu pied et est tombée. Dans le second épisode, on s’intéresse à Alex Powell (Ronen Rubinstein) qui d’origine russe  (qu’il cache à tous) a dû subir moult humiliations lorsque sa famille à immigré aux États-Unis alors qu’il était encore enfant. Plus tard, il se « vengera » en faisant chanter le propriétaire d’un nettoyeur qui a engagé son père… en échange de linge gratuit. Enfin, dans l’épisode suivant, c’est Cricket (Carolina Diaz) qui est à l’avant-scène. Il y a quelques années, elle était à l’origine de toutes les moqueries en raison de son excédent de poids. D’ailleurs, c’est en ce temps qu’elle a découvert que son père avait une maitresse, beaucoup plus svelte que sa mère. Depuis, cette fausse-grosse (comme c’est toujours le cas dans ce genre de fiction pour adolescents) est devenue mince, mais elle ne peut s’empêcher d’écrire des quolibets sur les murs des chambres ou des toilettes du camp afin d’humilier ses « frienemies ».

On lève plus d’une fois les yeux en l’air au cours de ces flashbacks puisqu’en plus d’être terriblement mal écrits, ils ne nous offrent aucun suspens digne de ce nom, ce qui est pourtant le but de la série. Et pour ceux qui sont à la recherche d’une certaine logique, inutile de se casser la tête : il n’y en a pas puisque ce passé macabre n’a rien à voir avec les événements inquiétants qui se déroulent au camp d’été. Ce n’est pas le fantôme de Margot qui assaille Amy alors qu’elle a des visions dans le premier épisode, les morts-vivants qui troublent le sommeil de Cricket n’ont rien à voir avec son poids où les infidélités de son père et quant aux visions du grand-père russe d’Alex qu’il voit dans la glace, elles ne sont pas plus connectées à l’histoire du camp.

Pourtant, il faut bien justifier ces vision destinées d’abord et avant tout à effrayer le téléspectateur et Amy, au troisième épisode y va de cette analyse peu convaincante : «  I thought I was seeing things, too. But the truth was it was in my head because I was upset about something else. And once I realized that, I stopped seeing them. » En fin de compte, ces intrusions dans leur vie privée ne leur donne pas plus de profondeur et dans les épisodes succédant leur histoire, ils redeviennent aussi superficiels qu’ils l’étaient au début.

La forêt hantée

Dans le premier plan de Dead of Summer, on nous renvoie plus d’un siècle en arrière à l’emplacement du camp alors qu’un groupe d’hommes (ou d’esprits) s’empare d’un pianiste noir et le tue et c’est justement l’esprit de celui que l’on surnomme : « the Tall Man » qui semble planer à Stillwater. Or, on l’a vu, le passé des jeunes n’est relié d’aucune façon à ces événements. Alors, que se passe-t-il à Stillwater? Jamais le shérif ou de son jeune assistant ne s’intéressent à la mythologie du camp et les moniteurs sont trop pris par leurs problèmes d’adolescents. On a bien quelques indices concernant un groupe de revendeurs de drogues qui pourraient s’intéresser à de quelconques rites sataniques,  impliquant peut-être la directrice Deb, mais cela reste trop flou pour l’instant. On ne sait donc nullement quel danger tout ce beau monde court et s’il s’agit d’ennemis surnaturels ou bien réels.

Évidemment, la crédibilité de la série en prend un coup. Sur les lieux du camp, on retrouve le cadavre d’un homme, probablement assassiné et plus tard des ossements, il y a un incendie et dès leur arrivée, certains enfants disent avoir vu de « grands hommes » les demandant de les suivre… Qu’à cela ne tienne, le camp reste ouvert comme si de rien n’était. Reste ces idiots d’adolescent qui malgré tous ces événements prennent la mauvaise habitude d’aller marcher seuls le soir dans la forêt : vraiment, on ne s’en sort pas.

Avec un pilote qui a attiré 628 000 téléspectateurs et un taux de 0,23 chez les 18-49 ans, Dead of Summer a beaucoup mieux fait que Guilt, l’autre nouveauté estivale de Freeform. Si on note une baisse de l’auditoire les deux semaines suivantes (488 000 et 478 000), le taux auprès des plus jeunes reste encore potable avec 0,20 et 0,22. Justement, Adam Horowitz, Edward Kitsis et Ian Goldberg, les créateurs projettent pour la série une anthologie se déroulant sur plusieurs époques, toujours au même endroit, avec la même (obscure) mythologie, des « enquêtes » fermées chaque saison et ils en planifient au moins cinq… On peut toujours rêver.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s