Queen of the South (2016) : la « Cendrillon » des cartels

Queen of the South est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis la fin juin sur les ondes de USA Network aux États-Unis et devrait être disponible sur les écrans canadiens à la mi-août sur les ondes de Bravo! En somme, nous suivons l’ascension du personnage principal, Teresa Mendoza (Alice Braga) qui est au centre de toutes les intrigues, de sa vie insouciante au Mexique jusqu’à ce qu’elle devienne se retrouve à la tête « du plus puissant empire de la drogue de l’hémisphère ouest ». Adaptation de la télénovela de Telemundo La Reina del Sur, elle-même basée sur un livre éponyme, Queen of the South adopte dès le départ un ton à la fois irritant et pompeux tout en travaillant très fort pour en faire une série d’action incontournable, mais en vain. Le pire est qu’on ne tire pas profit de l’atout numéro 1 de la série : les femmes.

 

Ceci n’est pas un soap (malheureusement)

Au Mexique d’il y a quelques années, Teresa n’est qu’une pauvre fille mêlée à du blanchiment d’argent et surtout exploitée par son patron. Un jour, elle rencontre par hasard dans la rue Güero (Jon-Michael Ecker), et c’est le coup de foudre instantané. Malheureusement pour elle, ce mauvais garçon est un trafiquant de drogues et elle a tôt fait de le suivre dans ses « transactions » devenant ainsi son bras droit. Le conte de fées ne dure pas très longtemps puisque Güero  est assassiné : celui-ci voyait d’ailleurs sa fin venir et avant de mourir, il a fait don à son amoureuse d’un mystérieux journal, lequel contient probablement plusieurs informations sur les cartels existants du pays. Qu’il soit le commanditaire du meurtre de son bien-aimé ou non, Don Epifanio (Joaquim de Almeida), un richissime baron de la drogue fait tout ce qui est en son pouvoir pour s’emparer du document, mais Teresa parvient à s’enfuir et même à traverser la frontière… pour finir par être captive de son épouse Camila (Veronica Falcòn). Cette dernière est sur le point de divorcer depuis qu’Epifanio a eu l’idée folle de se présenter aux élections sénatoriales. Teresa, un pion parmi tant d’autres? Pas si sûr puisque la jeune femme, constamment mise à l’épreuve relève tous les défis haut la main : le début d’une ascension en effet.

Dès le début de la série, c’est Teresa qui dans le futur, nous propose de revenir en arrière avec ces phrases : « I was born poor, not that that’s bad. But take it from me, I’ve been poor. And I’ve been rich. Rich is better. » (…) « And I’ve become good at it. And you may not agree with how I got here, but I don’t care. And you shouldn’t judge. » C’est bien simple, à l’en croire, nous aurons droit à une réelle épopée, rien de moins. Et cette façon d’engager personnellement le téléspectateur a quelque chose d’un peu trop précipité, comme si la production était certaine d’avoir un hit entre les mains, ce qui est loin d’être le cas. La même erreur a été faite il y a quelques années avec Golden Boy de CBS dans laquelle,  dès le départ le personnage principal, malgré ses 25 ans environ, nous proposait avec son ton de « sage » de nous raconter comment il était passé de simple policier à détective au département des homicides de New York. L’irritant majeur dans ces deux séries est que le personnage principal suscite peu l’empathie du téléspectateur. Dans le cas qui nous intéresse, on peut bien comprendre que les affres de la vie ont rendu Teresa méfiante et peu enjouée, reste qu’après trois épisodes,  on n’a toujours pas accès à son côté plus fragile qui aurait eu une chance de nous charmer. Avec Teresa qui n’est guère attachante, on n’a plus grand monde vers qui porter notre sympathie. Camilla ne sort pas assez de son huis clos et de sa prudence, elle qui aurait pu incarner la méchante de service que l’on adorerait détester. Étant donné que le principal de l’action tourne autour de ces deux femmes fortes, il est dommage que l’on n’ait pas misé davantage sur la féminité du casting afin de rendre la série un peu plus « télénovelesque » justement, formée de complots, coups bas, tricheries, un peu de glamour (pourquoi pas), etc.  Bien pire, il n’y a tout simplement pas de personnages « B » pour prendre la relève de temps en temps. Il y a bien Brenda (Justina Machado), la meilleure amie de Teresa dont le mari a lui aussi été assassiné et qui est maintenant recherchée par la police, mais en trois épisodes, tout ce qu’elle fait, c’est errer dans la ville et attendant indéfiniment que le destin lui offre une porte de sortie. Quant à Don Epifanio, c’est à peine s’il sort de son bureau, lui qui est pourtant en campagne électorale.

Boucher maladroitement les trous

L’apprentissage de cette « déesse » en herbe n’est pas plus intéressant. Par exemple, dans le deuxième épisode, Teresa doit passer les douanes en compagnie de son mentor James (Peter Gadiot),  avec plusieurs petits sachets de drogue entassés dans son œsophage et cette trame narrative occupe les 30 premières minutes… sur seulement 39. Ce genre de séquence, on l’a vue et revue mille fois aussi bien au cinéma qu’en séries : passons pour l’originalité.

Sinon, en se prenant trop au sérieux, Queen of the South se couvre au contraire de ridicule. Il y a d’abord cette omniprésente trame sonore, grave et stressante alors qu’il n’y a rien de particulièrement prenant dans ce que l’on voit. Ensuite, toujours dans l’épisode #2, Teresa et James doivent se rendre à l’aéroport, et bien que rien ne presse (elle-même le lui dit), on le voit conduire comme un fou dans les rues de Dallas et à trop faire le pitre cette course folle se termine par un accident aussi injustifié que risible.

La première de Queen of the South a attiré 1,39 million de téléspectateurs en direct avec un taux de 0,45 chez les 18-49 ans, puis ce chiffre a baissé à 1,35 (taux de 0,48) et 1,26 (taux de 0,38) au cours des épisodes suivants. C’est exactement la performance moyenne chez USA Network. Bien entendu, le fait d’offrir en simultané la version en espagnol de la série a dû aider à mousser les audiences. Reste que pour le moment, le sort de la série reste en suspend et tout dépendra de la moyenne après des plus jeunes puisqu’avec un auditoire similaire Colony (taux moyen de 0,41)  et Mr Robot (taux moyen de 0,48) ont été renouvelées, tandis que Complications (taux de 0,35) est passé à la trappe. Bien entendu, reste le succès critique pour décider de son sort, ce qui dans ce cas constitue un net désavantage.

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