Still the King / Uncle Buck (2016): pour passer le temps

Still the King est une nouvelle série diffusée depuis la mi-juin sur les ondes de CMT aux États-Unis et au Canada et met en scène Vernon Brownmule (Billy Ray Cyrus), une ancienne star du country particulièrement reconnue pour ses imitations d’Elvis qui après avoir passé plusieurs années en prison, apprend qu’il a une fille de 15 ans (Mabel (Chelsea Talmadge)) et par conséquent, tente de renouer avec elle. De son côté, Uncle Buck est une nouvelle comédie diffusée depuis les mêmes dates sur les ondes d’ABC aux États-Unis et met en scène le personnage principal du même nom (Mike Epps), un célibataire endurci pas vraiment reconnu pour son sens des responsabilités qui justement est réquisitionné par son frère Will (James Lesure) pour s’occuper de ses trois enfants. Dans les deux cas, on a droit à des hommes fainéants qui peinent à assumer leurs responsabilités familiales, bref, ce qu’on voit tout le temps en comédie. Loin d’être novatrices, ces deux séries ne sont pas mauvaises pour autant, mais de là à ce qu’elles deviennent un rendez-vous hebdomadaire, il y a un pas.

Still the King : plus vraiment en fait

Comme n’importe quelle star de la chanson qui se respecte, l’alcool et la drogue faisaient partie du quotidien de Vernon jusqu’à ce que ces dépendances lui valent quelques années de prison. À sa sortie, il apprend par une décision de la cour qu’il a l’obligation de payer 15 ans de pension alimentaire alors qu’il ne savait même pas qu’il était père! Curieux de la rencontrer, son ex-flamme Debbie (Joey Lauren Adams) veut d’abord et avant tout qu’il commence à payer et par un tour de force grâce à l’appui de son ami Walt (Travis Nicholson), il se fait passer pour le nouveau pasteur de la communauté, ce qui temporairement lui permet d’assumer ses responsabilités et en plus de créer un certain lien avec Mabel.

À peine a-t-on terminé de visionner le pilote de Still the King, qu’on a tout de suite une foule de référence en tête : un artiste âgé, un peu dépassé et s’entêtant à vivre comme s’il avait encore 20 ans, c’est exactement la prémisse de Dice (Showtime) et Sex&Drugs&Rock&Roll de FX et fait similaire avec cette dernière, là aussi le père tente de renouer avec sa fille. Sinon, le type en manque d’argent qui tente de se faire passer pour un prêtre, c’est le sujet d’Impastor de TV Land lancée l’été dernier. Et c’est sans compter ce père qui ignorait tout de l’existence de sa fille désormais adulte, tout comme Grandfathered de Fox sauf que dans la précédente, John Stamos jouait le rôle du grand-père. Puisque passablement tous les sujets ont déjà été exploités ailleurs, Still the King n’a pas de quoi nous impressionner, d’autant plus qu’en exploitant plusieurs thèmes à la fois, on s’éparpille si bien qu’à l’épisode #3, on ne mentionne même plus son métier de pasteur. On ne fait pas non plus tout un cas de Mabel qui ne manifeste pas beaucoup d’émotions quant à ce père retrouvé, comme s’il s’agissait de n’importe qui ressurgissant dans sa vie.

Au moins, Billy Ray Cyrus (le père de Miley) qui n’est pourtant pas un comédien de formation s’en tire assez bien; n’exagérant pas outre mesure son personnage alors qu’on avait tendance à en faire un peu trop du côté de  Dice et de Sex&Drugs&Rock&Roll. En fait, l’ensemble du casting est approprié, en particulier le loufoque Jon Sewell dans le rôle du très décomplexé Ronnie, le petit ami de Debbie et on a droit à quelques échanges savoureux : (Debbie) : « Trust me, Vernon, you don’t have any fans in this house » (Ronnie) : « Oh… he don’t look rich. » (Vernon) : « I told you, it’s royalty money. » (Ronnie) : « Ah, he’s British. »

Uncle Buck: l’arbre qui cache la forêt?

Au moins dans la quarantaine, venant tout juste de se faire larguer par sa copine et sans emploi stable, les astres étaient manifestement alignés lorsque son frère Will (James Lesure) et son épouse Alexis Russell (Nia Long) ont fait appel aux services de Buck. Il faut dire qu’ils travaillent beaucoup depuis qu’ils ont aménagé à Boston et leurs trois enfants Tia (Iman Benson), Miles (Sayeed Shahidi) et Maizy (Aalyrah Caldwell) ont la réputation d’être très turbulents, quoi que ça ne se voie pas vraiment à l’écran. Malgré son caractère pour le moins irresponsable, Buck gagne tout de même l’affection de son neveu et de ses nièces et est invité à s’installer dans la maison familiale. Dans le second épisode, il aide Maizy qui fait partie des jeunes scouts à vendre des biscuits et dans le troisième, lui et Alexis courent les boutiques en vue d’une fête d’enfant alors que les enfants font semblant d’être malades pour rester à la maison puisque c’est Will qui s’engage à s’occuper d’eux : c’est-à-dire les laisser faire n’importe quoi.

On ne s’esclaffe pas en regardant Uncle Buck tout simplement parce qu’on a l’impression d’avoir vu ce genre de situations au moins mille fois. Certes, la nuance dans ce cas-ci est qu’il s’agit d’un oncle, quoique Will est tellement absent en tant que père que Buck est de facto son remplaçant. En additionnant le personnage principal dans Still The King, on a l’impression qu’un père absent peut facilement se rapprocher de ses enfants même s’il les a ignorés volontairement ou non pendant une bonne partie de sa vie. Puisqu’il s’agit de comédies, on glorifie en quelque sorte ces paresseux égocentriques qui n’en font qu’à leur tête et qui ont finalement un âge mental qui ne dépasse pas vraiment celui des enfants dont ils ont la charge. En bref, des imbéciles heureux, comme ces quelques répliques de Buck : «Y’all need to hurry up with that dessert, ’cause them hot dogs expire tomorrow, and I’m trying to get ’em out of me tonight » ou encore «  I learned more in the toilets than  I did in school ».

Étonnamment, la principale qualité d’Uncle Buck est que d’un certain angle, elle a réussi à créer une série ordinaire. C’est qu’après Black-Ish mettant en scène une famille noire, Cristela, une famille hispanique, Dr Ken et Fresh Off The Boat, des familles asiatiques, la diversité ethnique est devenue une nouvelle norme pour les comédies d’ABC si bien qu’on est rendu à un point ou la couleur de la peau n’importe plus. Mieux encore, à force de multiplier les séries de ce genre, on n’a plus besoin de traiter de la réalité de ces minorités, soit, de les marginaliser si bien que leurs problèmes de la vie quotidienne sont les mêmes que ceux des autres Américains, peu importe leur origine. Pourtant, on éprouve tout de même un petit agacement en regardant Uncle Buck. C’est que tout comme dans Black-Ish, la famille Russell vit littéralement dans un palace et c’est à se demander si la représentation de ces familles noires très aisées (tout comme dans Empire d’ailleurs) n’est pas tout simplement une vision tronquée de la réalité du Noir moyen aux États-Unis. Avec tous les conflits que l’on entend depuis quelques années impliquant la police et cette communauté, c’est à se demander si les studios n’ont tout simplement pas reçu une demande de propagande positive de la part de Washington…

Le premier épisode de Still the King a rassemblé 810 000 téléspectateurs et à la mi-saison, l’auditoire moyen était de 560 000 et un taux de 0,16 chez les 18-49 ans; ce qui n’est pas si mal pour la première série originale de CMT. D’ailleurs, la chaîne en lancera une autre cette année : Million Dollar Quartet portant sur l’univers du rock n’ roll. Quant à Uncle Buck, 4,96 millions de curieux ont regardé les deux premiers épisodes diffusés le même soir et le bilan de la saison est de 3,83 millions avec un taux de 1,12. Au lendemain de sa finale, ABC a annoncé que la série ne serait pas renouvelée.

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