Agatha Raisin (2016) : Enquêtes pop-corn

Agatha Raisin est une nouvelle série qui a débuté avec un téléfilm diffusé en décembre 2014 sur les ondes de Sky 1 en Angleterre. Un an et demi plus tard, la chaîne lance une saison complète de 8 épisodes mettant en scène comme le titre l’indique Agatha (Ashley Jensen) qui a sa propre firme de relations publiques, mais qui se révèle excessivement douée pour résoudre des meurtres : ça tombe bien puisqu’il y en a plusieurs dans Carsely, son petit village bucolique de Cotswolds. Adaptation des romans de M.C. Beaton, les enquêtes humoristiques dans Agatha Raisin nous font en effet rire, mais pas pour les bonnes raisons et l’on ne sait trop jusqu’à quel point la production assume sa nouvelle création. Néanmoins, le personnage principal campé par l’attachante Ashley Jensen vient sauver la mise… ou presque.

 

À temps partiel…

Dans le téléfilm qui a lancé la série, Agatha vient tout juste de quitter Londres et par le fait même dire adieu à son épuisant emploi. Son arrivée à Carsely ne passe pas inaperçue puisqu’elle est suspectée de meurtre après qu’un homme soit mort en goûtant sa quiche dans une compétition culinaire. C’est après avoir réussi à prouver son innocence qu’elle découvre qu’elle a la piqûre pour la résolution d’affaires criminelles et disons qu’ils ne manquent pas pour le moment dans le petit village. Ainsi, dans le premier épisode, elle et son ami James (Jamie Glover) se font passer pour un couple afin d’infiltrer un groupe de randonneurs après que leur chef soit retrouvée assassinée. Dans le second, une femme est retrouvée pendue dans une église et la détective en herbe ne croit pas une seconde à la thèse du suicide, comme en déduit la police. La semaine suivante, c’est dans le cadre de son travail en relations publiques qu’elle enquête sur le meurtre du président du conseil municipal qui s’opposait au passage d’un tuyau souterrain sensé transporter l’eau minérale d’une grosse compagnie.

S’il y a au moins un élément qui détone lorsqu’on entame Agatha Raisin, c’est sans conteste la manière peu orthodoxe dont on procède lors des enquêtes, à la limite de l’anarchie. En effet, depuis qu’elle a résolu son premier meurtre, Agatha est instantanément devenue une référence au sein de la communauté et elle ne se gêne pas pour poser sans détour des questions aux suspects qui font preuve d’une étonnante coopération envers elle. Dans tout ce processus, la police ne compte pas pour grand-chose. Le sergent Wilkes (Jason Barnett) est une parodie en soi : toujours sur les nerfs, son égo l’emporte sur toute autre chose et au final, il ne sert qu’à arrêter les meurtriers démasqués par Agatha. Il est vrai que la détective blonde bénéfice de l’aide de l’agent détective Bill (Matt McCooey) qui dès qu’il trouve un élément incriminant ou a connaissance d’un rapport à l’interne s’empresse de lui en donner tous les détails, et ce, sans que personne ne bronche. La cohérence n’est pas davantage au rendez-vous au second épisode lorsqu’Agatha est certaine de l’identité du tueur : tout ce qu’il lui faut, ce sont des aveux. Pour se faire, elle demande à ses amis Roy (Mathew Horne) et Gemma (Katy Wix) de le mariner et leur donne des oreillettes pas-du-tout-subtiles qu’ils placent au creux de leurs oreilles. Ils obtiennent une confession et le voilà arrêté bien que celle-ci ait été obtenue illégalement.

De plus, ce doit être le côté très propret de la série qui déteint sur les intrigues, mais la ville de Carsely est d’une beauté idyllique (sincèrement, il faut admirer ces photos pour y croire), tout comme ses habitants qui semblent vivre dans une bulle. C’est peut-être pour cette raison que le meurtrier du troisième épisode, lorsqu’il est démasqué, n’hésite pas à s’emparer d’Agatha, de la ligoter et de la transporter en plein jour jusqu’à sa voiture. Il y a plusieurs incongruités de ce genre tout au long des épisodes et à ce stade, on se demande si ça va avec la légèreté en  général du ton adopté ou si on n’emprunte tout simplement pas trop de détours scénaristiques dans le but de se rendre au point B.

Agatha-Ashley

Si par hasard, on s’installe devant notre téléviseur et que l’on se met à zapper, il y a de bonnes chances que l’on s’arrête tout de même sur Sky 1 ne serait-ce que pour le magnétisme du personnage principal. Pour ceux qui ne s’en rappelleraient pas, Ashley Jensen, c’est celle qui incarnait l’adorable Cristina McKinney dans Ugly Betty; un personnage que l’on n’est pas prêt d’oublier. Ici, l’actrice est tout aussi attachante dans son rôle. Femme entre deux âges, elle mène une brillante carrière (quoiqu’on ne la voit pas souvent exercer son véritable métier), a beaucoup d’énergie, de volonté et malgré son look femme d’affaires, elle reste les pieds sur terre, tout comme sa meilleure amie Gemma avec qui elle enquête, formant un duo efficace.

Ce qui la rend plus humaine, ce sont ses histoires de cœur… qui n’aboutissent à rien. On sait qu’elle est amoureuse de James, lequel lui préfère sa voisine Sarah (Lucy Liemann), sans pour autant être insensible à ses charmes. Il y a quelque chose d’un peu désespéré dans le but d’attirer son attention, elle qui d’ordinaire est solide comme le roc. L’épisode #3 est particulièrement comique en ce sens, puisque Sarah, jalouse, décide de concurrencer Agatha lors d’une enquête, traînant de force James avec elle. Évidemment, le duo n’est pas de taille contre le personnage principal, mais on voit le rapport de force changer de camp et c’est sans compter Bill qui n’est pas insensible aux charmes d’Agatha non plus.

Le premier épisode d’Agatha Raisin a attiré 950 000 téléspectateurs en direct et le second, 790 000, ce qui est excellent pour une chaîne comme Sky 1 étant donné que le téléfilm présenté en 2014 avait attiré en moyenne 1 million en auditoire. Quand on pense que M.C. Beaton vient tout juste de publier son 27e roman mettant en scène la détective amateure, il serait facile pour la série d’accumuler plusieurs saisons… pourvu qu’on mette davantage l’accent sur l’autodérision et qu’on resserre quelque peu des intrigues, pour le moment un peu trop lousses et un brin prévisibles.

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