Time Traveling Bong / Two Doors Down (2016): trop courts?

Time Traveling Bong est une minisérie événement qui a été diffusée du 20 au 22 avril sur les ondes de Comedy Central aux États-Unis et MTV au Canada. Comme son titre l’indique, deux cousins, Jeff (Paul W. Downs) et Sharee (Ilana Glazer) par un étrange concours de circonstances tombent sur une pipe à cannabis leur permettant de voyager à n’importe quelle époque de l’humanité, pour le meilleur et surtout le pire. De son côté, Two Doors Down est une nouvelle série de 6 épisodes diffusée depuis le début avril sur les ondes de BBC Two en Angleterre. Dans une banlieue près de Glascow, Beth (Arabella Weir) et Eric (Alex Norton) semblent être malgré eux le pôle d’attraction puisque les voisins finissent toujours par débarquer chez eux, là aussi, pour le meilleur et pour le pire. Ces deux comédies ne marqueront probablement pas le paysage sériel, notamment en raison de leur brièveté, mais si la nouveauté anglaise parvient à nous faire sourire plus d’une fois, c’est l’américaine qui en s’assumant totalement a de bonnes chances de plaire à sa base.

Time Traveling Bong : beaucoup d’endroits en peu de temps

C’est alors qu’ils prenaient une marche nocturne que Jeff et Sharee ont vu apparaître devant eux deux extra-terrestres qui sont aussitôt tués par un chauffard un peu trop pressé. En un rien de temps, les cousins s’emparent de la pipe qu’ils ont laissée derrière eux et après quelques recherches découvrent qu’à chaque fois qu’ils fument, ils peuvent voyager dans le temps. Au menu de ce voyage : la préhistoire, Salem, la Grèce Antique, les années 60, une plantation de coton et bien évidemment le futur.

Le fait que Time Traveling Bong soit diffusée sur Comedy Central et MTV nous en dit long sur l’auditoire que la production cherchait à atteindre, soit, les adolescents. Évidemment, que retrouve-t-on dans les fictions destinées aux jeunes? Drogue, sexe, alcool et fêtes : ce autour de quoi tourne la grande majorité des blagues dans la série, et c’est sans compter l’usage à outrance du mot « Fuck » par les deux protagonistes.

Certes, la vulgarité est omniprésente ici, mais un peu comme dans Those Who Can’t de TruTV, on s’assume pleinement et en passant par-dessus ces gags un peu trop faciles, on retrouve un discours à la fois original et drôle sur la société et dans ce cas-ci, sur l’histoire et sa civilisation. Lors de leur arrêt à Salem dans le premier épisode, il était inévitable que l’on aborde le thème des sorcières, mais on a davantage mis l’accent sur le machisme qui se cachait derrière ces superstitions : la femme étant vue comme responsable des maux du monde. Lorsque Sharee est jugée pour sorcellerie dans un tribunal, elle s’apprête à lire sa défense lorsque le juge l’interrompt : « A woman who can read and write? That’s the proof she’s a witch! » et lorsque les cousins parviennent à se volatiliser : « witchcraft is real! Kill all the woman ! »

Dans le second épisode, Sharee et Jeff se retrouvent au début des années 60 et croisent par hasard les « Jackson Five » avant qu’ils ne soient connus. D’un commun accord, ils décident de kidnapper le plus jeune, Michael et de donner du véritable amour à cet enfant « afin qu’il n’ait pas envie de faire de même à d’autres plus tard » (évoquant ici les rumeurs de pédophilie dans le futur). Évidemment, l’entreprise échoue, mais on a droit à des références à la Mad Men et à une foule de petites allusions à la personnalité du chanteur, comme lorsque celui-ci est fasciné par le nez très fin de Jeff… Et quand ils le ramènent chez lui, le garçon d’affirmer « I learned it’s ok to take little boys from their homes »…

Reste quelques critiques dénonçant avec humour la situation des noirs, la pédophilie et les Grecs ou encore la dégradation de la planète lorsqu’ils se rendent dans le futur, mais aussitôt que la série trouve le mordant approprié, les héros retrouvent dans leur salon pour ne plus vouloir plus vouloir le quitter…

Two Doors Down : ces voisins encombrants

C’est souvent l’image que l’on se fait de la banlieue : autant il y a une certaine proximité entre voisins, autant on ne les choisit pas! Beth est assez directe lorsque quelqu’un la contrarie tandis qu’Eric n’est pas nécessairement le plus bavard : reste que par un concours de circonstances, les voisins proches finissent toujours par se retrouver chez eux. Notons Colin (Jonathan Watson), le mauvais génie d’Éric et son épouse Cathy (Doon Mackichan) qui n’en manque pas une (surtout lorsqu’elle a pris un verre) pour lancer des piques à ses hôtes. Il y a aussi une autre voisine, l’hypocondriaque Christine (Elaine C. Smith) et sa fille Sophie (Sharon Rooney) qu’elle couve un peu trop.  Reste Ian (Jamie Quinn), le fils d’Eric et Beth et son petit copain Jaz (Harki Bhambra) qui ont leurs petits problèmes de couple.

Les voisins qui débarquent à l’improviste, la famille dysfonctionnelle, les problèmes de couple : c’est à peu près la base de 90 % des sitcoms/comédies que l’on retrouve en ce moment sur le marché. Seule la verve des scénaristes est capable de transformer ce genre de série en hit et force est d’admettre que ce n’est pas tout à fait le cas pour Two Doors Down. Si c’est le rire que l’on recherche, il vaudrait mieux passer son tour, mais en même temps, les personnages de la série sont attachants et il est aisé de s’identifier à certains d’entre eux, surtout en raison de leurs petites manies respectives et de la relation en montagne russe qu’ils entretiennent selon les circonstances. Jamais on ne tombe dans le grotesque ou la caricature; à preuve, Jamie et son petit copain Jaz auraient pu facilement devenir les têtes de Turc en raison de leur orientation sexuelle, mais au contraire, ils s’avèrent être les plus normaux du groupe. Et qu’il s’agisse d’un congélateur en panne ou d’un plafond qui s’écroule, on trouve toujours la bonne astuce pour nous arriver avec une finale inattendue.

Force est de constater que cet humour simple et bon enfant a plus au public puisque le premier épisode a attiré 1,3 million de téléspectateurs et qu’à la mi-saison, l’audience de Two Doors Down se situait toujours au-dessus du million; ce qui est excellent considérant que la série est diffusée les vendredis soirs à 10 h, si bien que BBC Two planifie une seconde saison. Quant à Time Traveling Bong, le premier épisode a rassemblé 614 000 téléspectateurs avec un taux de 0,4 chez les 18-49 ans, ce qui est aussi considérable pour une aussi petite chaîne et lorsqu’on prend en compte la compétition. Toujours est-il que trois épisodes, c’était trop peu et étant donné la mine de sujets/thèmes à aborder, un second opus serait à considérer.

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