The Catch (2016): des prises faciles

The Catch est une nouvelle série de 10  épisodes diffusée depuis la fin mars sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CTV au Canada. Elle met en scène Alice Vaughan (Mireille Enos), propriétaire d’une agence de détectives privés et son amoureux Benjamin Jones (Peter Krause), un riche investisseur. Ils semblent filer le parfait bonheur et ils sont même à quelques heures de se fiancer lorsque la principale intéressée reçoit un coup de massue. « Mr. X »,  un important fraudeur qu’elle cherchait à arrêter depuis des semaines n’est nul autre que Benjamin. Pire encore, la veille celui-ci a pris la poudre d’escampette, ne laissant aucun souvenir de son passage, pas même des empreintes digitales. Comme le dit Alice dans une bande-annonce que l’on a beaucoup trop vue : « You wanna play? Let’s play! » et dès lors s’amorce le jeu du chat et de la souris entre les deux. Nouvelle création de Shonda Rhimes, en surface, The Catch a tous les éléments pour nous faire passer un bon printemps. La mise en scène un peu rétro et légère donne le ton et la construction des épisodes ne déstabilisera pas d’un iota les amateurs du TGIT. En conséquence, l’ensemble demeure très superficiel et il ne faut pas s’attendre à vivres d’intenses émotions.

Du bling-bling à son zénith

Comme le veut le dicton, l’amour rend aveugle. Alice a beau être une détective hors pair, jamais elle ne s’est doutée quoi que ce soit concernant Benjamin. Non seulement il n’a fait que lui mentir toutes ces années, mais en plus, il a piraté l’ordinateur de sa compagnie, s’est emparé des fonds et plus important encore, des informations concernant ses clients. Justement, Benjamin, en compagnie de ses complices Reginald (Alimi Ballard), une sorte d’homme à tout faire et Margot (Sonya Walger) tentent de s’accaparer de la fortune de l’un de ceux-ci, mais éventuellement leurs efforts sont réduits à néant puisque Sophie (Elvy Yost) et Valerie (Rose Rollins), les collègues d’Alice, réussissent à pirater l’ordinateur de Benjamin, reprendre la formule et tant qu’à y être, vider le compte en banque des trois escrocs. Cependant, la partie ne fait que commencer. Dans le deuxième épisode, un client qui a fait de la prison (injustement semble-t-il) pour le meurtre de sa richissime épouse a été libéré quelques années plus tard, faute de preuves et il demande à la détective de trouver le véritable meurtrier. Dans l’épisode suivant, l’ex de Valerie demande l’aide de l’agence afin d’enquêter sur une compagnie pharmaceutique après que sa sœur ait souffert d’importants effets secondaires dus aux traitements pour sa sclérose en plaques. Entretemps, Benjamin essaie de frauder une princesse du Moyen-Orient, Zara Al-Salim (Medalion Rahimi), présentement en voyage à Los Angeles et pour le moment, la séduction fonctionne à merveille.

Les inconditionnels de Shonda Rhimes devraient adhérer rapidement à The Catch puisqu’on y retrouve beaucoup de similarités avec ses productions précédentes… un peu trop même. Scandal, How to Get Away With Murder et maintenant The Catch : dans ces trois séries on a droit à une femme forte qui entourée de ses « gladiateurs » défend des clients présumés innocents. Dans les trois cas, on droit à deux arcs narratifs : d’abord une intrigue générale qui dure généralement le temps d’une saison entrecoupée de « cas de la semaine » sous forme de procéduraux. Mais elles ont beau être les meilleures dans leurs domaines respectifs (les communications, le droit et ici la filature), elles ont toutes le même talon d’Achille : les hommes. Mais à la différence du couple Olivia / Fitz ou de Annalise / Nate, le couple formé de Benjamin et d’Alice manque énormément de profondeur. À peine cette dernière s’est fait larguer qu’on transforme son désespoir en jeu du chat et de la souris si bien qu’on n’a nullement le temps d’éprouver quoi que ce soit pour la jolie rouquine. Quant à Benjamin, on le voit la veille de son départ demander à sa fiancée de s’enfuir, là, tout de suite avec lui, mais cette crise conscience est bien vite oubliée quand quelques heures plus tard à peine, il vide son compte en banque.

La mise en scène beaucoup trop sexy vient accentuer ce côté superficiel, notamment avec la trame sonore composée de pop, d’électro et de groove qui nous donne l’impression d’un long vidéoclip. Il y a aussi l’usage du split-screen lors des missions. Cette technique utilisée notamment dans le film Catch Me if You Can (2002) et dans la série 24, servait à créer une certaine tension, mais aussi nous montrer que certains protagonistes avaient toujours une longueur d’avance sur ceux qui étaient à leurs trousses. Ici, le sentiment d’urgence n’est pas aussi palpable et l’on finit par ne plus s’en soucier tellement cette technique est utilisée à outrance. Enfin, il est difficile de justifier le look de l’héroïne, très rétro avec ses mini jupes et ses longues bottes de cuir comme s’il elle s’en allait danser le yéyé alors qu’au fond, on a affaire à une chasse à l’homme ponctuée de complots, de meurtres et d’escroqueries à grande échelle.

C’est si facile à la télévision

Mais ce qui pardonne moins, c’est que cette légèreté déteint sur les enquêtes hebdomadaires qui nous font sourciller plus d’une fois. Par exemple, jamais Alice ne porte de gants lorsqu’elle s’introduit par effraction chez autrui et dans le deuxième épisode, toute l’histoire entourant son client et le beau-fils qu’il essaie d’inculper sont d’une limpidité telle qu’un simple policier aurait pu résoudre le tout. De plus, son équipe réussit avec une facilité déconcertante à pirater n’importe quel logiciel, un peu comme Nolan dans Revenge. Mais à la différence de la défunte série d’ABC, on pouvait facilement passer outre les exploits informatiques du jeune blond puisqu’ils n’étaient qu’épisodiques alors qu’avec The Catch, ils sont au cœur du récit.

Et quant à Benjamin, la chance est définitivement de son côté puisqu’on a beau être en 2016, où qu’il aille, jamais un témoin ou une caméra de surveillance n’est là pour capter ses méfaits,  qu’il s’agisse de retourner chez Alice pour y accrocher, par jeu, un cadre ou encore de traîner un mort des toilettes d’un restaurant jusqu’à sa voiture!

5,85 millions de téléspectateurs ont regardé le pilote de The Catch avec un taux de 1,2 sur les 18-49 ans. Parions que ce score a laissé ABC sur sa faim alors que How to Get Away With Murder dans la même case horaire a rallié en moyenne 6,3 millions pour sa seconde saison. Au moins, les curieux sont restés fidèles au poste puisqu’une la semaine suivante, ils étaient 5,07 millions (taux de 1,0) et 4,89 (1,1) pour le troisième épisode. Et comme le but d’Alice est de retrouver Benjamin, on peine à croire qu’étirer la prémisse sur plusieurs saisons fonctionne alors pourquoi ne pas en faire tout simplement une série événement et tourner la page?

 

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