Fuller House / Those Who Can’t (2016) : en arrière et de l’avant

Fuller House est une nouvelle sitcom de 13 épisodes mise en ligne le 26 février sur le site de Netflix. Il s’agit en fait du séquel de Full House qui a été diffusée de 1987 à 1995 sur les ondes d’ABC aux États-Unis. La famille Tanner-Katsopolis se retrouve donc 29 ans plus tard alors que toute la famille s’est réunie pour une petite fête avant de prendre des chemins divers. L’action est centrée autour de D.J. (Candace Cameron Bure), dont le mari est décédé récemment. Mère de trois enfants en bas âge, elle est la seule à se retrouver dans la maison familiale, mais par altruisme, sa sœur cadette Stephanie (Jodie Sweetin) et Kimmy (Andrea Barber), une amie de la famille et mère d’une adolescente décident de venir rester avec elle. De son côté, Those Who Can’t est une nouvelle comédie de 10 épisodes diffusée depuis la mi-février sur les ondes de TruTV aux États-Unis et qui met en scène trois professeurs : Andy à la gym (Andrew Orvedahl), Billy à l’histoire (Benjamin Roy) Loren à l’espagnol (Adam Cayton-Holland). Ils ont visiblement choisi le mauvais métier puisqu’ils n’ont aucune patience envers leurs élèves, au point de livrer une guerre sans merci à certains d’entre eux. Alors que la nouveauté de Netflix, passé les premières minutes de curiosité s’avère en total décalage avec son époque, celle de TruTV est un brin irrévérencieuse, mais est-ce assez pour lui assurer une visibilité?

Fuller House : en fait, il y a moins de monde

La famille Tanner-Katsopolis est grande et il serait inutile ici d’en faire toute la nomenclature puisque passé le premier épisode où chacun des personnages nous met à jour sur ses projets, presque tous s’en retournent chez eux. Pour les autres qui restent, au départ, la cohabitation ne se déroule pas aussi bien que prévu : les enfants se chamaillent pour le partage des chambres tandis que Stephanie se révèle peu douée pour les enfants alors que l’étrangeté qui caractérisait Kimmy a atteint des sommets. Reste D.J. qui tente de réconcilier tout le monde. Dans le second épisode, c’est le beau-frère Jesse (John Stamos) qui effectue un caméo et qui tente de consoler Jackson (Michael Campion) le fils aîné de D.J. qui digère mal tous ces changements tandis que dans le troisième, c’est Joey (Dave Coulier), un ami de la famille qui garde les enfants pendant que les mères s’offrent une sortie.

Au départ, il faut reconnaître ce tour de force de la part de Netflix d’avoir réussi à réunir presque l’entièreté du casting, comme en témoigne le magnifique générique du début qui nous montre le changement physique des acteurs; certains n’étant que des poupons durant la série originale. Passé cette première curiosité, Fuller House a du mal à évoluer par elle-même et la nostalgie a finalement un effet négatif sur la production. Les premières minutes du pilote nous en offrent un bon exemple puisqu’à chaque fois qu’un nouveau personnage entre en scène, il a droit à une salve d’applaudissements… et il y en a au moins une douzaine. Et comme le public est renouvelé à chaque épisode, l’acclamation reprend pour tous les anciens qui effectuent un petit retour dans le scénario, ce qui est franchement lassant, d’autant plus qu’on a l’impression que les acteurs jouent et non qu’ils incarnent un personnage. À un moment par exemple, Jesse/ John Stamos s’exclame « regardez comme je n’ai pas vieilli! »; une blague méta qui nous décroche à peine un sourire en coin.

Dans la forme elle-même, Fuller House ne s’est pas mise au goût du jour. Dans les années 80-90, les familles à la télévision étaient blanches si bien qu’en 2016, on ressent un certain malaise face à ce manque flagrant de diversité. Ensuite, ce sont ces incessants retours en arrière : on a les protagonistes qui se remémorent entre eux des anecdotes, qui les reproduisent même comme le numéro de danse de Dirty Dancing performé à l’époque par D.J. et Kimmy ou Joey qui cache les iPhones des enfants afin qu’ils puissent s’amuser « à l’ancienne ». L’humour de l’époque était aussi beaucoup plus innocent, davantage porté sur l’amour entre les membres d’une famille et chez Netflix, on n’a pas cru bon d’actualiser la recette. Au second épisode par exemple, Jesse affirme : « On se faisait toujours des câlins dans les années 80 ». Et qu’est-ce qu’on a à la fin de l’épisode? Un calin…

Those Who Can’t : les taloches qu’ils méritent

C’est reconnu et même amplifié dans les séries télévisées : les adolescents sont rarement des enfants de choeur et le métier d’instituteur peut s’avérer pénible, mais pas tant pour Billy, Andy et Loren. En effet, ils ne s’en laissent pas imposer et ils se rabaissent même à leur niveau la plupart du temps. Ainsi, dans le pilote, exaspérés de se faire ridiculiser par un élève populaire, ils décident de cacher de la drogue dans son casier afin qu’il se fasse expulser, mais le plan ne fonctionnera pas comme prévu. Dans le second épisode, les étudiants doivent voter pour leur prochain président et le trio fait tout pour promouvoir celui que tout le monde perçoit comme un nerd, afin de donner une leçon à sa fendante compétitrice. La semaine suivante, les étudiants sont mis de côté puisque toute l’intrigue porte sur une grève des professeurs.

Il y a quelque chose de franchement drôle à regarder ces trois protagonistes ne pas se laisse marcher sur les pieds, bien qu’en somme, ils s’énervent pour des broutilles. Les quiproquos qui découlent de ces guéguerres avec leurs étudiants donnent de très bons moments de télé et on en redemande (à la fin de l’épisode #2, ils rendent public le dossier médical de leur adversaire (elle a eu une MTS) et leur pupille qui s’est fait élire président est devenu un dictateur à cheval!) On a la nette impression que l’adolescence ne les a jamais vraiment quittés et ils s’assument entièrement. En même temps, on retrouve par la bande une certaine critique de ce milieu, qu’il s’agisse du sous-financement des écoles publiques ou les rapports de force entre les plus forts et les plus faibles. Those Who Can’t n’est pourtant pas la première comédie dont l’intrigue prend place dans un lycée : récemment, on a eu Mr Robinson à NBC et Bad Teacher à CBS. Ces deux échecs n’ont pas survécu à plus d’une saison alors que le personnage principal était au centre de toutes les intrigues (trop gentil pour la première, trop égocentrique pour la seconde), mais les interactions avec les élèves n’étaient malheureusement pas assez exploitées.

On ne sait trop à ce stade quel est le succès de Fuller House auprès des Américains, mais au point de vu international, à moins d’être bilingue, il vaut y mieux renoncer : les gags ne fonctionnent pas beaucoup et on est gêné chaque fois qu’ils se mettent à chanter…. alors qu’on retourne aux voix originales. Du côté de Those Who Can’t, les deux premiers épisodes ont attiré 440 000 téléspectateurs avec un taux de 0,23 chez les 18-49 ans tandis que le troisième en a rassemblé 350 000 (taux de 0,17). Mais peu importe les scores, avant même le lancement de la première saison, TruTV en a commandé une seconde.

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