The Magicians (2015): ça commençait si bien…

The Magicians est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis la fin janvier sur SyFy aux États-Unis et Showcase au Canada. L’action tourne autour de deux amis inséparables, Quentin Coldwater (Jason Ralph) et Julia Wicker (Stella Maeve) qui depuis l’enfance s’intéressent à la magie. C’est sans trop d’enthousiasme qu’ils doivent s’enrôler à l’université de leur choix et s’égarant en chemin, ils se retrouvent mystérieusement sur le campus de Brakebills qui se spécialise en magie et où ils sont invités à passer un examen d’entrée. Si dans un premier temps, développer à plein potentiel leur don semble épanouissant, ils découvrent rapidement le côté noir de cette « science » qui les met potentiellement en danger. Adaptation de la trilogie éponyme de Lev Grossman, The Magicians marque un tournant dans la chaîne SyFy qui enfin semble avoir gagné en maturité, ne serait-ce que dans la manière d’aborder ce genre de récit. Par contre, l’épisode pilote a beau titiller notre curiosité, les deux suivants sont assez décevants.

Stade universitaire

Quentin est en dépression lorsque The Magicians s’amorce. C’est qu’il est à l’âge où il est temps de penser à son avenir professionnel alors que toute son enfance a été baignée par la fantaisie, entre autres avec la série de nouvelles Fillory & Further. Une fois à Brakebills il réussit l’examen d’entrée avec brio et a tôt fait de se lier d’amitié avec des gens de sa classe : Eliot (Hale Appleman), Margo (Summer Bishil) et éventuellement Alice (Olivia Taylor Dudley) dont le frère qui était magicien a récemment disparu. Justement, elle cherche à trouver un moyen de le faire revenir sur terre, où qu’il soit. Un soir, elle et les autres tentent de le contacter, mais convoquent par erreur la « Bête » qui le lendemain attaque violemment deux professeurs devant des étudiants figés à leurs chaises à la suite d’un sortilège. Pendant que dans les épisodes subséquents le groupe poursuit ses expériences, nous avons de l’autre côté Julia qui n’a pas réussi son examen d’entrée et c’est à son tour de perdre sa joie de vivre. Le soir de son anniversaire, elle est appâtée par Pete (David Call), le recruteur d’une société secrète de magie; les « Hedge Witches » que l’on suspecte d’être maléfique. Peu importe, Julia est obsédée à l’idée de développer ses pouvoirs et se lance dans l’aventure : en somme, c’est la même chose pour Quentin, mais ni l’un ni l’autre ne sait où ça les mènera.

Depuis quelques années, SyFy semble se confiner dans le statu quo, reproduisant sans cesse les mêmes formules, qu’il s’agisse d’un voyage intergalactique (Ascension, Dark Matter, The Expanse), de virus (Helix, The Last Ship, 12 Monkeys) ou d’un monde postapocalyptique (Defiance, Dominion). Toutes ces fictions dans leur mode narratif s’apparentent de beaucoup au soap; avec ses intrigues de pouvoir, des chassés-croisés amoureux et des protagonistes très stéréotypés. Et quant à la mise en scène, disons que nos scénaristes sont plus que pessimistes puisque ce sont toujours le noir, le chrome et le beige qui dominent.

C’est en ce sens qu’on est d’emblée séduit par The Magician parce qu’elle s’écarte de tout ce que l’on a vu jusqu’à maintenant. On n’a pas eu besoin de doter Quentin d’une énorme paire de lunettes pour nous signifier qu’il est du côté des nerds, ni de déshabiller à moitié les filles les plus séductrices de la série. Au cours du pilote, on nous dévoile juste ce qu’il faut d’informations sur tous les personnages principaux, tout en laissant planer une touche de mystère sur chacun d’eux.

Quant à la mise en scène, outre une bande sonore saisissante, on a droit à un contraste intéressant du côté de l’éclairage entre leur vie normale où le gris domine alors qu’une fois à Brakebills, toutes les couleurs du spectre explosent.

(De plus, dès qu’on évoque la magie à l’écran, on pense immédiatement aux Harry Potter où l’on met certes l’accent sur des effets spéciaux spectaculaires, mais au ton plus familial. Après un début lent où l’on ne sait pas trop où l’on s’en va, The Magicians nous prend par surprise avec la finale très graphique de son pilote qui provoque en nous un mélange d’effroi et de fascination. Dès lors, on grouille de découvrir l’épisode subséquent…

Un feu de braises?

En septembre 2015, Netflix publiait quelques données concernant ses séries originales ainsi que le nombre d’épisodes qu’il fallait pour devenir accro. Elle pouvait ainsi affirmer que ses utilisateurs se donnaient de trois à quatre épisodes pour juger s’il était pertinent ou non de poursuivre une série dans son entièreté. Si on se fie à ces données (le service de vidéo sur demande collecte des millions de données après tout), on peut aisément comprendre qu’un téléspectateur n’a pas la même patience avec l’expérience télévisuelle; le décalage hebdomadaire entrant dans la balance.

Toujours est-il qu’avec The Magicians, le pilote est très séduisant et on a envie d’être au rendez-vous la semaine suivante. Malheureusement, c’est à ce moment où l’on commence à être déçu. Après trois épisodes, le rôle de cette école de magiciens reste nébuleux, on se demande pourquoi Quentin se montre si attaché à cet établissement lorsqu’il risque l’expulsion et pire encore, ce que signifiait cette visite de la « Bête » parce qu’en effet, il y a très peu de suivi sur ce sujet. Puis, le mystère entourant les personnages auxquels on est sensé s’attacher ne s’évapore pas, même qu’il s’opacifie. Quant à la magie, on en parle beaucoup, mais n’on n’effectue qu’une quantité infime de tours, ce qui est carrément passer à côté de son sujet, du moins du point de vue visuel. Enfin, mis à part des cliffhanger efficaces à chaque fin d’épisode, c’est tout le reste de ceux-ci qui manquent de rebondissements, ce qui commence à nous peser, au point où on remet en doute la pertinence de poursuivre la série.

Le pilote de The Magicians ayant été diffusé une première fois en décembre a rassemblé 920 000 téléspectateurs en direct, ce qui lui a valu un renouvellement (assez hâtif) de la chaîne pour une saison 2. Mieux encore, sa reprise à la fin janvier suivie immédiatement du second épisode en a rassemblé plus encore : 1,11 million avec un taux de 0,40 chez les 18-39 ans. Puis, au troisième épisode ce nombre baissait à 900 000 (taux de 0,35) et 750 000 (taux de 0,3) la semaine suivante, mais même à ce stade, les chiffres sont au-delà de la moyenne de la chaîne.

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