Bordertown / Cooper Garrett’ Guide to Surviving Life (2016): dimanches à Fox

Depuis le début janvier, Fox nous offre deux nouvelles comédies dans son carré d’as du dimanche soir: la première est Cooper Barrett’s Guide to Surviving Life diffusée aussi sur CityTV au Canada et dans laquelle on suit les (més-)aventures d’une bande de vingtenaires qui ont le chic pour se mettre dans le trouble. Comme l’indique le titre, le personnage principal (Jack Cutmore-Scott) auquel on se réfère en profite par la bande pour nous offrir des leçons de vie. La seconde est Bordertown qui devrait être composée de 12 épisodes si les audiences sont au rendez-vous. L’action se déroule dans la ville fictive de Mexifornia et on joue sur les différences de mentalité entre deux protagonistes et les membres de leurs familles : Bud Buckwald (Hank Azaria), un agent des services frontaliers entre les États-Unis et le Mexique qui reste campé sur ses positions rétrogrades et Ernesto Gonzalez (Nicholas Gonzalez), à la tête d’une lucrative entreprise d’aménagement paysager. Abordant des thèmes très différents, mais partageant un même bloc horaire, c’est Cooper Garrett qui sied le moins à cette programmation, autant pour son style que pour les sujets qu’elle aborde. À l’opposé, Bordertown, sans aucun tabou est terriblement d’actualité.

Cooper Garrett’s Guide to Surviving Life: des leçons à oublier

Le groupe est composé de cinq individus et mis à part Garrett, pour archétypes on compte : – Barry (James Earl), le gaffeur et insouciant de première – Neal (Charlie Saxton), le nerd – Josh (Justin Bartha), le grand frère de Cooper hyperprotecteur et qui qui ne veut définitivement pas grandir et – Kelly (Meaghan Rath)…la fille du groupe. Puis, chaque épisode de la série débute par la fin et on effectue ensuite un retour en arrière pour comprendre comment nos protagonistes ont bien pu se mettre dans le pétrin. Dans le premier épisode, le vol d’une télévision HD fait littéralement de Cooper un otage, dans le second, le groupe à les mains en l’air devant une Paula Abdul les menaçant d’une arme et au suivant, ils sont au Mexique, habillés chics, mais assis dans une charrette parmi des chèvres.

Cooper Garrett a beau nous intriguer en commençant avec des mises en situation improbables, après trois épisodes, ce tour de passe-passe est de moins en moins accrocheur. C’est que les différents chemins pris ou les concours de circonstances qui les mèneront aux différents points B exposés au tout début sont tous tirés par les cheveux, pour ne pas dire forcés. Ce que l’on retient ici, c’est que Fox renoue encore une fois avec une série mettant en scène des hommes immatures (Brooklyn Nine-Nine, Grandfathered, Backstrom, Rake, etc.) et dans ce cas-ci, qui font des choix de vie absolument grotesques. Sans travail sérieux, Cooper et sa bande sont convaincus qu’ils feront fortune en vendant leur « Barry’s Grandma’s Hangover Cure »; une potion concoctée dans leur cuisine, nullement approuvée par un organisme de santé quelconque et sensée soulager la gueule de bois. Quant aux leçons de vie assurées par Cooper, on a déjà vu mieux : à la fin du premier épisode après que le mystère du vol des télévisions ait été (maladroitement) éclairci, le protagoniste nous confie : «One last thing: don’t be afraid to take chances at this time in your life. I got kidnapped. That went a lot better than I thought it would. »  Ça alors…

Bordertown: des élections s’en viennent

Si Bud fait preuve de zèle au travail, ce n‘est pas parce qu’il est d’un naturel consciencieux, mais plutôt parce qu’il est persuadé que les immigrants clandestins sont une menace pour les blancs et LEUR pays. Dans le premier épisode, il est aux anges lorsque le gouvernement approuve une loi anti-immigration qui a pour conséquence la déportation de J.C. (Nicholas Gonzalez), le neveu d’Ernesto, mais il doit vite revenir sur certains préjugés lorsque sa fille Becky (Alex Bornstein) lui annonce qu’il est son fiancé. Dans l’épisode suivant, une rentrée inattendue d’argent permet à la ville de construire un mur pour empêcher les Mexicains de traverser la frontière. La mesure fonctionne si bien que Bud, n’ayant plus rien à faire perd son emploi et après avoir été pris en pitié par Ernesto qui l’engage, il se lance dans le trafic d’immigrants. Finalement, dans le troisième, l’église protestante de Bud, toujours à court d’argent tente de convertir les riches catholiques, réputés pour leurs généreux dons.

Avoir quelques appréhensions avant d’entamer Bordertown était compréhensible : encore un dessin animé ou peu de travail a été fait sur l’esthétisme et encore une fois, le personnage principal est un père de famille blanc et bedonnant (après Homer Simpson et Peter Griffin sur la même chaîne, la même soirée, ça devient redondant) doté d’une épouse en retrait et au foyer. Est-ce si difficile de sortir un tant soit peu des sentiers battus?

Par contre, la série a pour avantage d’avoir pour producteurs exécutifs Seth MacFarlane et Mark Hentemann, à l’origine aussi de Family Guy. Et leur empreinte est palpable; corrosive dans l’humour, on va peut-être très loin avec certaines blagues raciales, mais il est surtout question d’autodérision et il y a toujours un sous-texte en lien avec la politique ou la religion qui s’y attache, comme lorsque Becky dit à J.C. « Put a baby in me so I can fight for the right to legally abort it » ou Bud à propos du diable : « That’s the guy that gives me an erection when I see a hot man ». Et comme une bonne douzaine de scénaristes travaillent sur la première saison de Bordertown, gageons qu’on ne sera pas à court d’idées de sitôt.

Quant aux mises en situation, elles sont d’autant plus d’actualité quand on pense au candidat conservateur à la présidence Donald Trump qui veut littéralement emmurer les États-Unis comme solution à l’immigration illégale. C’est justement ce qu’il y a d’intéressant ici : Bud, le personnage principal, est le reflet de leurs valeurs, mais aussi la première victime des idées qu’il véhicule sans arrêt et en toute logique, on nous montre les conséquences possibles du jusqu’au-boutisme que prônent de certains extrémistes républicains.

Contre les matchs de la NFL et la cérémonie des Golden Globes en deuxième semaine qui retiennent autour de 15 millions de téléspectateurs en direct, les nouveautés de Fox ont eu de la difficulté à se faire remarquer.  Cooper Garrett’s Guide to Surviving Life a attiré 2,62 millions de téléspectateurs pour son pilote (qui avait été mis en ligne en décembre), 4,57 et 2,56 pour ses épisodes suivants tandis que Bordertown a commencé avec 2,34 millions, 3,58 puis 2,57. Quant aux taux recueillis chez les 18-49 ans, on a une moyenne de 1,5 pour la première et 1,3 pour la seconde. Ce n’est pas catastrophique, mais leurs acolytes The Simpsons et Family Guy font beaucoup mieux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s