Mad Dogs (2016): c’est la faute au chat

Mad Dogs est une nouvelle série de dix épisodes qui ont tous été mis en ligne le 22 janvier sur les ondes d’Amazon pour ses abonnés. L’histoire commence sous le soleil alors que Joel (Ben Chaplin), Lex (Michael Imprioli), Cobi (Steve Zahn) et Gus (Romany Malco) sont invités à Belize par Milo (Billy Zane), un ami commun, agent d’immeuble et jeune retraité vivant dans une villa isolée en bord de mer à couper le souffle. Mais voilà que les premières heures idylliques passées au soleil tournent rapidement au cauchemar à la suite d’un meurtre brutal et sans le vouloir, les quatre compères se retrouvent entraînés dans un tourbillon de malchances et d’aventures où ils pourraient bien y laisser leur peu. Remake d’une série anglaise diffusée sur Sky1, Mad Dogs nous entraîne dans une montagne russe d’émotions, alliant parfaitement plusieurs genres. La dynamique presque malsaine entre les personnages est une raison supplémentaire pour se rendre jusqu’à la fin de la première saison, au cas où une deuxième ne s’imposerait pas.

Une gaffe n’attend pas l’autre

Au départ l’ambiance est à la fête, mais il ne faut pas beaucoup de temps pour comprendre que certaines tensions règnent au sein du groupe et que chacun des membres a ses petits secrets, en particulier pour Milo et sa situation privilégiée qui semble trop belle pour être vraie. À leur deuxième journée ensemble, il emprunte le yatch d’un soi-disant ami et ils vont faire un petit tour en mer. Ensuite, ce dernier les convainc de laisser l’embarcation près d’une rive, question de rendre la monnaie de sa pièce à on ne sait trop quel rival. Mais voilà qu’en soirée, un mystérieux homme débarque vêtu d’un masque de chat débarque dans la villa et tire une balle dans la tête de Milo. Il avertit ensuite les autres hommes qu’ils ont 24 heures pour ramener le bateau intact, sinon… Après avoir digéré ce traumatisme, Cobi, Lex, Joel et Gus enterrent le corps et se rendent où ils l’avaient laissé, mais sur place, ils sont interceptés par un groupe de revendeurs de drogue suédois qui prennent la marchandise de cocaïne qui y était cachée sous un plancher, volent un des fusibles de l’embarcation et repartent,  leur laissant un énorme montant d’argent. Cobi convainc les autres de rentrer acheter la pièce manquante pour faire redémarrer le bateau et développe un compliqué stratagème concernant l’endroit où planquer l’argent. De retour au yatch, celui-ci s’est enlisé dans la vase et les quatre compères repartent bredouille. Après avoir déterré le corps de Milo, « l’homme-chat » les attend au détour…

Dès qu’on entame Mad Dogs, on pense tout de suite aux séries The Wrong Mans et You, Me and The Apocalypse,  qui mettait en scène des gens bien ordinaires confrontés à des situations qui étaient loin de l’être, soit, une enquête policière dans le premier cas et la fin du monde dans le second. Dans les deux cas, il s’agit surtout d’un clin d’œil au genre d’action alors que nos héros sont presque condamnés à subir tous ses codes un à un. Il y a de cela dans Mad Dogs, mais après l’assassinat brutal de Milo, on tombe aussi dans un thriller qui a de quoi glacer le sang dans les veines du téléspectateur. C’est tous ces genres que la nouveauté d’Amazon mélange avec brio : on ressent le même sentiment d’effroi que les quatre hommes après le drame, mais en même temps, ils doivent exécuter les ordres de l’inconnu s’ils veulent rentrer vivants sur le continent et s’efforcent tant bien que mal d’y arriver. L’aspect comique entre en ligne de compte chaque fois qu’une nouvelle idée leur passe par la tête, qu’il s’agisse de la façon de disposer du corps de leur ami, de l’argent ou du bateau et leur habileté à se compliquer singulièrement la vie. Et voilà qu’après trois épisodes, les revirements ne cessent de s’accumuler pour notre plus grand plaisir. À la fin du troisième épisode, le rapport de forces avec le mystérieux chat semble renversé, mais qui sait si encore une fois, ils ne se sont pas mis les pieds dans un nouveau bourbier.

Des connards

Il n’y a pas qu’avec Milo, du temps de son vivant qu’il y avait des frictions : en effet, chacun de ses amis transpire de jalousie à son égard et au fil des épisodes, on comprend que c’est dû au fait qu’ils vivent une existence beaucoup plus médiocre qu’ils ne le laissent paraître. Joel en veut à Cobi d’avoir épousé la femme qu’il aime toujours et comble d’ironie, ce dernier est malheureux dans sa vie de couple.  Gus, autrefois avocat a été rayé du barreau et est désormais divorcé alors que Lex, ancien (?) toxicomane et alcoolique ne survit que grâce à la générosité de ses supposés amis. En fait, toute la relation entre les membres du groupe est teintée d’hypocrisie, d’égoïsme et de rancœur. En bref, sous un vernis qui s’effrite de plus en plus, on a la conviction qu’ils sont prêts à se trahir mutuellement, et ce, sans scrupule afin de sauver leur peau. Il faut bien le dire, on n’a aucune sympathie pour eux et le fait qu’ils soient pris dans la même galère et les confrontations qui en découlent a quelque chose d’assez jouissif d’un point de vue extérieur.

Un remake pour le service de vidéo sur demande

Alors que son principal concurrent Netflix multiplie les productions originales à la vitesse de l’éclair, il est étonnant qu’Amazon ait choisi l’option du remake comme « nouveauté » sur sa plateforme, d’autant plus que la première version est encore très récente (2011-2013). En effet, le risque du « déjà-vu » pour une entreprise qui ne produit pas beaucoup de fictions longues ne joue-t-il pas en sa défaveur? Certes, Netflix avait fait de même avec sa première grande production, House of Cards produite initialement par la BBC en 1990. Seulement, l’idée de base s’est vite transformée en quelque chose d’autre puisque d’une part, on américanisait son contenu ne serait-ce qu’en modifiant certaines intrigues dues aux différents régimes : parlementaire en Angleterre et présidentiel aux États-Unis. Ensuite, la série initiale de la BBC ne durait qu’une saison de quatre épisodes alors qu’House of Cards en a déjà 39 sous la ceinture et entame son quatrième opus. La version originale de Mad Dogs compte quatre saisons pour un total de 14 épisodes alors que la version d’Amazon en compte 10… Va-t-on arriver au même résultat en fin de compte? En tout cas, pour un public international qui ne connaît rien à la série initiale, la curiosité l’emporte à coup sûr.

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