Angie Tribeca / Angel From Hell (2016): câble: 1 network: 0

Angie Tribeca est une nouvelle comédie diffusée depuis le 17 janvier sur les ondes de TBS aux États-Unis. Parodie du genre policier au petit écran, La détective (Rashida Jones) auquel le titre se réfère appartient à la RHCU, c’est-à-dire la Really Heinous Crimes Unit (!). Habituée de travailler en solo, on lui impose d’office un nouveau membre, Jay Geils (Hayes MacArthur) et après des débuts houleux, le duo se révèle diablement efficace. Angel From Hell est une autre nouveauté de janvier signée CBS aux États-Unis, mais aussi diffusée sur Global au Canada. Les deux personnages principaux sont Allison (Maggie Lawson), une dermatologiste qui passe beaucoup trop de temps au travail et pas assez à s’amuser : c’est du moins ce que pense Amy (Jane Lynch) qui sans crier gare, fait irruption dans sa vie en prétendant être son ange gardien. Au fil des épisodes elle viendra aider la jeune femme à affronter plusieurs défis, notamment au niveau de sa vie sociale. Avec une stratégie de programmation pour le moins surprenante, on ne donnait pas cher de la comédie de TBS qui finalement s’avère être un excellent divertissement. À l’inverse, du côté de CBS, on va jusqu’à se demander comment un tel concept a pu se rendre jusqu’à notre écran.

Angie Tribeca :ils ont tout compris

Les séries policières en particulier sur les grands networks foisonnent et force est d’admettre que le téléspectateur moyen ne semble pas s’en lasser. Avec son humour absurde, Angie Tribeca est comparable à la série de films Naked Gun, mais aussi à l’hilarante comédie anglaise A Touch Of Cloth. C’est qu’en de tout petits épisodes d’une vingtaine de minutes, on arrive à résumer le genre qui malgré quelques variantes reproduit sans cesse les mêmes clichés : la policière tourmentée, le duo qui pourrait bien tomber amoureux, les relations machos entre officiers, le patron qui ne fait rien, mais qui jappe fort, etc. Certes, on a droit à des enquêtes hors du commun dans les trois premiers épisodes (quelqu’un fait chanter un maire parce qu’il a des tatous, le commerce de la drogue en lien avec une pâtisserie ou encore le meurtre d’un ventriloque), mais au fond, celles-ci importent peu sinon de mettre en lumière l’incapacité de producteurs d’autres séries du genre à se démarquer et faire preuve d’audace. Les très bons acteurs sont accompagnés de guest star qui elles aussi se prêtent au jeu (Lisa Kudrow, James Franco, Bill Murray, etc.) pour notre plus grand plaisir. Bref, impossible de ne pas s’amuser en regardant la série, à deux détails près.

Le premier concerne les créateurs de la série, Steve et Nancy Carell qui ont décidé dans le premier épisode de souligner plusieurs transitions avec le logo de Ford et son adresse web qui s’affichait toujours en bas de l’écran. Le but était simplement de se moquer de l’intégration de produits que l’on retrouve dans certaines émissions. Puis, la production a pris la balle au bond et a décidé de continuer dans cette voie-là, avec bien entendu l’accord (et la commandite) de certains produits, dont la barre de chocolat Snickers dans le troisième épisode alors qu’on y voit deux policiers répéter plusieurs fois le slogan de la marque. Tant qu’à faire de l’intégration de produits, aussi bien le mettre clairement en évidence, d’autant plus que les entreprises qui les fabriquent ont appris que l’autodérision pouvait même leur être bénéfique. De ce point de vue, il n’y a aucun problème. Seulement, parmi toutes les bonnes blagues que l’on retrouve dans la série, celles-ci sont probablement les moins travaillées et les plus ennuyantes…

Le second détail concerne le mode de diffusion. Entre un épisode par semaine ou la méthode de Netflix qui est de mettre toute une série en ligne, TBS a opté pour une initiative médiane : diffuser les épisodes en rafales… à la télévision. Ainsi, à partir de 21 h le dimanche 17 janvier, les 10 épisodes se sont enchaînés en boucle durant 25 heures pour être plus tard disponibles en vidéo sur demande. Même l’absence de pauses commerciales ne justifiait pas de tenir le téléspectateur captif aussi longtemps et c’est à se demander à quoi pouvait bien penser la production, sinon que de faire parler d’elle.

Angel From Hell : malaise

C’est sans raison apparente qu’Amy débarque tout d’un coup dans la vie d’Allison qui mène une bonne vie et qui est sur le point d’aménager avec son petit ami Evan (David Denman). L’intruse n’y va pas par quatre chemins : elle lui annonce tout bonnement qu’elle est son ange gardien et qu’elle tient à lui rendre la vie meilleure. Seulement, son humeur expansive et son penchant pour la bouteille n’ont rien pour convaincre la jeune femme. Pourtant, c’est grâce à Amy qu’elle découvre qu’Evan a couché avec sa meilleure amie. Dans le second épisode, elle convainc sa pupille de recoller les pots cassés avec une autre amie qu’elle avait blessé il y a de cela plusieurs années et dans le troisième, Amy s’évertue à lui trouver un nouveau petit ami. Même après ce stade, Allison ne lui fait pas tout à fait confiance, mais une connexion est indéniable après qu’elle ait retrouvé une photo d’elle durant son enfance avec Amy en arrière-plan, veillant sur elle.

Il va sans dire que s’il n’y avait pas eu Jane Lynch pour porter sur ses épaules le rôle principal, Angel From Hell n’aurait jamais abouti sur les ondes de CBS. En effet, Amy n’a aucun filtre, possède un égo démesuré et est prête à écarter du revers quiconque se trouvant sur sa route; bref, une copie conforme de Sue Sylvester qu’on a autant adorée que haïe dans Glee. Par contre, après avoir satisfait notre curiosité, la série n’a plus grand-chose à nous offrir. Dans un premier temps, on comprend mal pourquoi Allison aurait besoin d’un ange gardien. Certes, sa mère est morte l’an dernier et elle est à nouveau célibataire, mais elle n’est en rien désespérée comme Rebecca (Rachel Bloom) dans Crazy Ex-Girlfriend et n’a pas non plus un cœur dur comme celui de Chanel (Emma Roberts) dans Scream Queens, lesquelles auraient davantage eu besoin d’un peu d’aide. Au final, pour la décoincer Amy n’a plus qu’à lui offrir d’aller prendre de l’alcool ou de s’envoyer en l’air… ça remplit mal une saison.

L’autre problème est qu’après trois épisodes, on se demande toujours s’il s’agit d’une comédie dramatique ou d’une comédie tout court. En effet, on sourit tout au plus à quelques répliques d’Amy, mais les rires sont rares et on est en panne sèche du côté des émotions. En fin de compte, c’est Allison qui exprime à plusieurs reprises LE malaise provoqué par la série : pourquoi Amy la poursuit-elle sans arrêt? Veut-elle seulement son bien ou n’est-ce qu’une simple harceleuse? Le téléspectateur se pose la même question, ce qui n’est pas normal.

Les cotes d’écoute sont à l’image de la provenance et du mode de diffusion des deux séries. Angie Tribeca a commencé avec un auditoire de 1,17 million et un taux de 0,4 sur les 18-49 ans et la soirée avançant, il n’en restait plus que 492 000. Peu importe les scores au fond : une seconde saison avait déjà été prévue et débute (déjà) le 25 janvier à titre d’un épisode par semaine cette fois. Pour Angel From Hell, rien de dramatique non plus : départ à 8,13 millions de téléspectateurs pour un taux de 1,6 et le troisième épisode en a tout de même retenu 7,02 (taux 1,4). Par contre, ces chiffres ne se maintiendront peut-être pas lorsque les gros canons effectueront leur retour; Scandal entre autres en février sur ABC.

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