Rattrapage automnal anglais : Midwinter of the Spirit (2015)

Midwinter of the Spirit est une nouvelle minisérie de trois épisodes diffusée du 23 septembre au 7 octobre sur les ondes d’ITV en Angleterre et au Canada sur la CBC depuis le 6 janvier. C’est le personnage de Merrily Watkins (Anna Maxwell Martin) qui occupe le rôle principal; une vicaire spécialisée en exorcisme. Installée depuis peu dans un petit village avec sa fille Jane (Sally Messham), la police locale fait appel à ses services après qu’un meurtre particulièrement sordide ait eu lieu. Puis, l’enquête se complique par la suite lorsque des phénomènes surnaturels viennent influer le cours des événements, lesquels pourraient mettre en péril toute la petite communauté. Adaptation d’un roman de Phil Rickman, on ne sait trop si l’on doit avoir peur ou rire en regardant Midwinter of the Spirit. L’enquête nous mène vers un climax peu convaincant et les personnages ne nous fascinent que trop peu.

Une menace diabolique (contient quelques divulgâcheurs)

Depuis qu’elle est vicaire, Merrily n’a cessé de s’intéresser à tout ce qui entoure l’exorcisme, grâce à son mentor Huw Edwards (David Threlfall) au point où elle a acquis une certaine notoriété dans son entourage et on la sollicite aussitôt lorsque le cadavre d’un homme est retrouvé crucifié à la cime d’un arbre. Tous les indices pointent en direction d’un seul homme : Denzil Joy (Oengus Macnamara) reconnu pour l’intérêt qu’il porte aux forces occultes. Seulement, il était dans un lit d’hôpital, mourant au moment du crime et Merrily se trouvait à ses côtés. Avant qu’il ne trépasse, il a serré la main de la vicaire jusqu’au sang si bien qu’elle se croit désormais possédée par lui. Tous les événements inquiétants qui se produisent par la suite ont à voir avec l’arrivée de Merrily dans des circonstances troubles. Son prédécesseur, l’évêque Cannon Dobbs (David Sterne), s’est (apparemment) suicidé après avoir longtemps déliré à propos du diable et de l’apocalypse tandis que la vicaire, en arrivant dans ce petit village cherchait à débuter une vie nouvelle après que son mari soit mort. Sans qu’on ne sache trop de quoi il en retourne, elle essaie d’étouffer ses années passées en sa compagnie, à la grande colère de Jane, qui en pleine crise d’adolescente se rebelle contre sa mère après avoir été envoutée par la diseuse de bonne aventure Angela Purefoy (Siobhan Finneran) et sa nouvelle amie Rowenna (Leila Mimmack), qui, on l’apprendra plus tard, n’est nulle autre que la fille de Joy, elle aussi entretenant de noirs desseins.

Pour une femme formée à tout ce qui touche l’exorcisme, force est d’admettre que Merrily a tout l’air d’une novice lorsqu’elle est mêlée à l’enquête policière. En effet, il est un peu déconcertant de la voir si faible dès le début de l’enquête, si bien qu’on s’interroge sur sa supposée expertise. En même temps, elle prend très au sérieux l’autorité spirituelle dont elle est investie et il est un peu risible de la voir implorer dieu de combattre le démon à diverses occasions. Il semble que ce dernier, via Rowenna et Angela ait rapidement contaminé sa fille Jane qui nous donne des excès de rage telle une crise d’adolescence à la puissance dix. Personnages un peu trop caricaturaux et unidimensionnels, il est difficile de les prendre au sérieux, tout comme les scènes sensées nous donner des sursauts, telles les apparitions du squelettique Joy.

De plus, ce qui commence comme étant une enquête policière à tôt fait de nous dépasser puisqu’on comprend mal l’ampleur du drame à venir. On nous ramène il y a plusieurs siècles auparavant alors que l’évêque Thomas Cantilupe avait réussi à combattre le démon et que depuis, il avait toujours veillé sur la cathédrale où prêche désormais Merrily. Le problème est que son squelette, étudié par les scientifiques n’est plus dans son tombeau et que la place d’Évêque étant vacante, il n’y a plus personne pour protéger les croyants. Angela tente justement de profiter de cette vacance pour y faire revenir le diable pour ainsi « détruire la foi ». Non seulement l’enjeu demeure très vague à nos yeux, le temps que l’on soit en possession de toutes ces informations, on a quasiment atteint la fin de la série et à peine a-t-on retenu notre souffle que le suspens est terminé.

Une demi-mesure qui ne fonctionne pas

Le thème de l’exorcisme n’est pas le plus récurrent dans nos séries télévisées, mais reste qu’avec un scénario approprié, ça peut devenir un divertissement très potable, à condition qu’on réussisse à se laisser transporter. Un des meilleurs moyens est d’aller carrément dans le fantastique, comme l’a fait NBC avec Constantine en 2014. Certes, les défauts de cette série (annulée) étaient nombreux, mais au moins, on ne remettait pas en cause les « missions » de cet antihéros visant à éradiquer les forces du mal. À l’opposé, Sky Living nous a présenté ce printemps The Enfield Haunting qui revenait en grande partie sur un fait vécu dans les années 70 : des phénomènes étranges laissaient croire qu’une maison étant hantée, de même qu’une des fillettes y vivant. Si depuis on n’a jamais pu démêler le vrai du faux, reste que ce retour en arrière était fascinant et qu’il nous donnait l’envie d’en savoir plus sur ce fait divers.

Le problème avec Midwinter of the Spirit et pire encore avec South of Hell, c’est qu’on veut nous convaincre de la présence d’êtres et de forces surnaturelles, tout en ancrant l’action dans le présent. Et puisque l’exorcisme vient quand même de pair avec la foi chrétienne, pour ceux qui ne sont pas trop portés sur la religion, de voir ces protagonistes évoquer le « Sauveur pour les délivrer du mal » est peu pris au sérieux. Sans s’avérer impossible, rendre crédible ce genre d’histoire n’est pas une chose aisée et jusqu’ici, cet entre-deux à la télévision n’a pas donné les résultats escomptés.

Midwinter of the Siprit a tout de même suscité la curiosité chez une certaine tranche de téléspectateurs alors que 2,54 millions d’entre eux étaient présents en direct pour le premier épisode offert par ITV, se classant au 20e rang de la chaîne dans la semaine du 21 septembre. Les deux épisodes subséquents n’ont pas figuré dans le top 30, ce qui signifie que l’auditoire est passé sous la barre des 2 millions. Phil Rickman, l’auteur qui a inspiré la série, a écrit jusqu’ici plus d’une dizaine de romans sur les aventures de Merrily Watkins. Il y a donc un public pour ces histoires, mais il vaut peut-être mieux que celles-ci restent sur papier.

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