Telenovela / Superstore (2015) : un duo auquel NBC ne croit pas

Telenovela met en vedette Ana Sofia Calderon (Eva Longoria), l’actrice principale d’une… telenovela justement : Las Leyes de Pasiòn où crises d’égos, secrets et cœurs brisés ne se retrouvent pas qu’à l’écran : en coulisse aussi. De son côté, Superstore prend place au Cloud 9, un magasin du type Wall-Mart alors qu’on s’intéresse aux relations entre employés et clients. Ces deux comédies qui prendront place dans la grille d’hiver de NBC ont été lancées respectivement le 7 décembre et 30 novembre à coup de deux épisodes, question d’amadouer le public à l’avance. Sans être ratées, dans les deux cas l’humour est forcé et malgré quelques bons flashs, les clichés reviennent rapidement au galop. Et même cette stratégie de programmation alternative de NBC ne semble pas porter fruits.

Telenovela : représentation redondante des Hispaniques

C’est sa rivale Isabelle (Alex Meneses) qui tenait le rôle principal dans Las Leyes de Passiòn, mais lorsqu’Ana Sofia est arrivée sur le plateau, elle a rapidement pris sa place. C’est le même schéma qui se reproduit ici lorsque la direction décide de recruter pour sa série Xavier (Jencarlos Canela) qui est l’ex-mari d’Ana. Celui-ci l’ayant trompé avec une autre, ils ne s’étaient pas laissés en très bons termes et tout le premier épisode tourne autour de cette compétition. Dans le second, nous avons encore droit à un clin d’œil aux mélodrames alors que la sœur jumelle d’Isabelle qui refait surface, ayant en tête d’écrire une biographie dévastatrice sur sa sœur. Dans l’épisode suivant, l’amitié entre la maquilleuse Mimi (Diana Maria Riva) et Ana est mise à rude épreuve puisque cette dernière ne fait que déballer ses états d’âme sans écouter son amie en retour.

Très peu de séries américaines mettent en vedette un casting presque exclusivement hispanique et quand c’est le cas, on a un peu l’impression de faire du sur-place. Que l’on soit dans Devious Maids de Lifetime (produite par Longoria) ou Jane the Virgin de The CW, les intrigues tournent autour de femmes, de meurtres, d’amours volages; le tout sciemment surjoué de la part des actrices et étant d’un kitch qui s’assume, référant au style des fictions sud-américaines (d’ailleurs, dans cette dernière, le père de Jane est aussi acteur dans une telenovela de très mauvais goût). La nouveauté de NBC reprend la même rengaine sans trop innover avec des blagues qui tombent parfois à plat (Ana, en parlant de son ex : « You were always so freaking quiet. It was like living with a Prius », si bien qu’on éprouve un certain malaise pour cette communauté (de taille aux États-Unis) pour qui on ne semble pas trop se creuser les méninges lorsque vient le temps de les représenter à l’écran.

L’autre redondance qui saute aux yeux lorsqu’on regarde Telenovela est le personnage qu’incarne Eva Longoria dans la série. Égocentrique, gâtée, jalouse, un brin maladroite, mais qui au fond, n’a pas honte de rire d’elle-même : ça nous rappelle en tous points Gabriella Solis dans Desperate Housewives et même Rudi Wilson, ce personnage animé doublé par Longoria dans la – déjà oubliée – Mother up! Certes, l’actrice excelle dans ce genre de rôle, mais on la voit si peu à l’écran (son emploi du temps est partagé entre le jeu et la production) qu’on aurait aimé la voir sortir de son carcan pour une fois.

Superstore : une ambiance incroyable

Superstore s’amorce alors que le patron du Cloud9, Glenn (Mark McKinney), présente à tous sa nouvelle recrue : Johan (Ben Feldman). S’il tape dans l’œil de Dina (Lauren Ash), l’aide-gérante du Cloud9, c’est tout le contraire pour la superviseure Amy (America Ferrera) qui l’a pris en grippe (on imagine que ce ne sera pas pour longtemps puisqu’il y a définitivement une chimie entre les deux). Après avoir fait la connaissance du groupe très très hétéroclite, dans le deuxième épisode ils reçoivent la visite d’une reporter (Eliza Coupe) qui désire écrire sur le fonctionnement du magasin, mais peu de temps après, elle et Johan couchent ensemble dans l’entrepôt, ce qui vaut par la suite une réunion entre employés sur le harcèlement sexuel. La semaine suivante, Glenn tient à ce que ce soit ses employés hispaniques coiffés d’un sombrero qui promeuvent leur nouvelle salsa, ce qui fait grincer des dents Amy qui considère l’initiative à la limite du racisme.

On se rend rapidement compte que toutes les intrigues dans Superstore ne se concentrent que sur les relations entre employés, lesquels n’ont au final que peu d’interactions avec les clients (évidemment caricaturés à l’extrême), tout comme Dr Ken d’ABC où les patients ne comptaient pour pas grand-chose, ce qui limite inutilement les situations cocasses. De plus, certains personnages ont tôt fait de nous taper sur les nerfs en raison des archétypes qu’ils incarnent, ce qui est le cas avec Glenn, simplet au possible ou Mateo (Nico Santos), un flagorneur de première.

La série aurait pourtant pu prendre un ton beaucoup plus sarcastique étant donné les conditions de travail que l’on connaît des employés de magazins à grande surface ou alors s’intéresser davantage aux aspirations de ces employés qui sont loin de s’épanouir dans leur milieu de travail, mais on se cantonne à un produit purement télévisuel avec ses codes et mises en situation. La chorégraphie digne de Glee avec des clients et le fiancé d’une employée dans le pilote est l’exemple type d’une situation absolument improbable dans ce genre d’environnement de travail. Dans le troisième épisode, les clients regardent l’employée « mexicaine » qui essaie de leur vendre de la salsa comme si elle venait d’une autre planète; en somme, ils n’auraient jamais côtoyé d’Hispaniques de toute leur vie, ce qui fait peu de sens. Enfin, les réunions interminables édictées par Glenn alors que le magasin grouille de monde ne sont pas plus crédibles, mais de toute façon, la ligne de l’incohérence a déjà été franchie.

Telenovela a attiré 5,34 millions de téléspectateurs pour son premier épisode et seulement 3,35 sont restés pour le suivant, pourtant diffusé juste après et les chiffres ont encore baissé pour le troisième : 2,23. À peine un peu mieux pour Superstore qui a d’abord attiré un auditoire de 7,21 millions, 5,35 pour le second et 2,62 pour le troisième. Il s’agissait définitivement d’un test pour NBC en présentant deux nouveautés hivernales à la fin de l’automne, encore et toujours après un épisode de The Voice comme locomotive. La même journée de leurs lancements respectifs, la chaîne a aussi mis en ligne les épisodes #3, ce qui explique peut-être les faibles audiences du 28 décembre. Quoi qu’il en soit, peu importe le mode de diffusion à présent, la baisse est si importante de part et d’autre qu’on peut prédire qu’elles ne feront pas long feu.

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