And Then There Were None (2015): LE cadeau des fêtes de BBC

And Then There Were None est une nouvelle minisérie de trois épisodes diffusée du 26 au 28 décembre sur les ondes de BBC One en Angleterre. L’action se déroule à Soldier Island, une île coupée du reste du monde alors que huit invités de prestige ainsi que deux domestiques y sont conviés par deux mystérieux hôtes, M. & Miss Owen. Ce qui s’amorce comme étant une fin de semaine de détente se transforme vite en cauchemar lorsqu’on découvre que chacun d’entre eux a commis un meurtre et qu’à l’image d’une comptine célèbre, ils devront tous le payer… de leur vie. Adaptation du plus vendu des livres d’Agatha Christie en l’honneur de son 125e anniversaire de naissance, And Then There Were None réussit son pari sur tous les plans : qu’il s’agisse de la mise en scène, du talent des acteurs et surtout, de réussir à nous captiver sans qu’on pense une seule minute à détourner les yeux de l’écran. Avec sa programmation des fêtes, BBC nous offre une alternative intéressante et divertissante : une tradition définitivement à conserver.

 

Une nouveauté malgré tout

Tout le monde arrive à l’île, se change pour le souper et fait connaissance. L’atmosphère devient rapidement lugubre lorsqu’une voix provenant d’un magnétophone se fait entendre dans toute la villa, nommant un à un les invités et dénonçant le meurtre qu’ils ont respectivement commis : nous avons donc dans un premier temps Ethel (Anna Maxwell Martin) et Thomas Rogers (Noah Taylor), accusés d’avoir tué leur ancienne maîtresse en espérant toucher son héritage; Vera Claythorne (Maeve Dermody), accusée d’avoir causé la noyade du jeune cousin de son amant; Anthony Marston (Douglas Booth), accusé d’avoir tué deux enfants après avoir conduit dangereusement; Lawrence Wargrave (Charles Dance), un proéminent juge accusé d’avoir envoyé à la potence un innocent; John MacArthur (Sam Neill) accusé d’avoir envoyé à la mort un soldat qui a aussi été l’amant de sa femme; Emily Brent (Miranda Richardson), accusée d’avoir empoisonné, puis poussé au suicide sa domestique; Edward Armstron (Toby Stephens), un chirurgien accusé d’avoir envoyé une patiente à la mort lors d’une opération où il était saoul; Philip Lombard (Aidan Turner), accusé d’avoir tué 21 hommes d’une tribu d’Afrique de l’Est afin de s’approprier leurs diamants; William Blore (Burn Gorman), un détective accusé d’avoir emprisonné, puis tué un innocent à l’aide de faux témoignages. Puis, sur une table se trouvent dix figurines de soldats qui disparaissent les unes après les autres après la mort de chaque invité.

De tous les livres écrits par la reine du crime, And Then There Were None est sans conteste le plus populaire de l’auteure : à 100 millions d’exemplaires, c’est le roman policier le plus vendu au monde qui trône aussi en sixième position pour tous les genres confondus. Ce qu’il y a d’intéressant avec ce genre d’histoire est que comme Clue, il est facile de modifier quelques éléments de l’intrigue, soit en modifiant les personnages ou même la fin concernant le tueur sans pour autant affecter l’âme du livre qui est de nous présenter un huis clos où les meurtres se succèdent, quoiqu’on fasse. Cette (relative) liberté scénaristique a justement permis plusieurs adaptations, qu’il s’agisse du théâtre, du cinéma, de la télévision et même de la radio. Il est fort probable qu’à défaut d’avoir lu le livre, on ait pris connaissance de l’une d’entre elles sans avoir lu l’original, si bien qu’en regardant la version de la BBC, on s’aventure à la fois en terrain connu, tout en effectuant une découverte… qui nous garde captifs jusqu’à la fin.

Pourquoi et non qui

On a l’habitude dans les romans mettant en scène Hercule Poiroit ou Miss Marple d’assister à une scène finale où tous les suspects sont réunis afin que le détective revienne sur le cours des événements pour en venir à dévoiler le nom du meurtrier. En ce sens, And Then There Were None détonne puisqu’on est à cent lieues de l’enquête classique. D’ailleurs, dès le début on met cartes sur table lorsque la voix enregistrée dénonce les crimes commis par chacun. Dès lors, c’est moins de connaître l’identité de celui qui tue un à un les invités qui nous intéresse, mais plutôt de voir ceux-ci dévoiler à leur rythme les raisons et les circonstances des crimes qu’ils ont commis. Inévitablement, moins il en reste, plus leurs histoires sont passionnantes à mesure que le récit avance. Certains enjolivent ou mentent carrément sur les circonstances du crime, feignant la culpabilité alors que d’autres avouent en toute honnêteté leur meurtre, sans éprouver le moindre remord. Lequel des deux est le pire? En tous les cas, quelques révélations sidérantes sont au menu.

And Then There Were None aura été un succès puisque le premier épisode a attiré 6 millions de téléspectateurs en direct, se classant en deuxième position dans la période des fêtes tout juste après la grande finale de Downton Abbey sur ITV. Puis, les deux épisodes subséquents ont attiré chacun 5 millions, ce qui est excellent. D’ailleurs, en 7 jours, la chaîne a présenté à ses téléspectateurs 9 épisodes « spécial Noël » de ses fictions maison (Boomers, Call The Midwife, Still Open All Hours, Doctor Who, etc.) et 8 d’entre eux se sont trouvés au top 10 de la semaine. C’est une autre culture aux États-Unis alors que certes, les fictions terminent leur mi-saison sur un épisode des fêtes, mais toujours présentées entre la fin novembre et la mi-décembre. Avec de tels chiffres, c’est à se demander pourquoi les networks n’emboitent pas le pas.

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