The Art of More (2015): l’art du crime

The Art of More est une nouvelle série de dix épisodes mise en ligne le 19 novembre sur la plateforme de contenu sur demande Crackle aux États-Unis et le lendemain sur Shomi au Canada. L’histoire tourne autour de Graham Connor (Christian Cooke), un ancien soldat qui a pris part au trafic d’antiquités alors qu’il se trouvait en Iraq. C’est grâce à ses larcins qu’il a pu éventuellement se trouver un emploi en tant que chargé de compte chez Parke-Mason, une prestigieuse société de vente aux enchères dirigée par Edward Leigh Mason (Eugene Clark). En plus de travailler à lui trouver des clients (la compétition est rude), il a pour mentor le dandy Arthur Davenport (Cary Elwes), qui l’aide à écouler ses œuvres d’art sur le marché noir. Mais voilà que ses anciens « compagnons » de combat le retrouvent à New York, avides de toucher eux aussi leur part : et les ennuis ne font que commencer. Première série dramatique originale de Crakle, The Art of More nous offre une intéressante incursion dans le monde de l’art avec des épisodes bien rodés, mais moyennement engageants, tout comme la plupart des personnages. Pas une série qui se rendra aux Golden Globes, mais un bon divertissement quand même. Par contre, preuve que la plateforme y croit : une deuxième saison a déjà été commandée.

Une ascension qui pose problème

Grâce à l’appui d’Arthur, Graham s’est trouvé une place de rêve chez Parke-Mason, mais très vite on comprend qu’à tout moment il se doit de rester sur ses gardes parce qu’il suffit d’une minute d’inattention pour qu’un bijou artistique passe sous son nez et aille dorer les collections d’autres compétiteurs. Justement, celle qui donne le plus de fil à retordre au protagoniste est Roxanna Whitam (Kate Bsoworth). Désireuse à l’extrême de mériter une place au sein de la société DeGraaf dirigée par son propre père, elle et Graham jouent constamment dans les mêmes plates-bandes, en particulier lorsqu’au début ils font tout pour convaincre le richissime promoteur en immobilier Sam Bukner (Dennis Quaid) de confier la vente de ses objets d’art à leurs sociétés respectives. Dans le second épisode, Graham tente de mettre la main sur une partition écrite par un des musiciens de The Who pour se rendre compte plus tard qu’il s’agit d’une fausse alors que dans le troisième épisode, lui et Roxanna s’allient afin de convaincre un couple de banlieusards de leur acheter des pièces de monnaie datant de quelques siècles qu’ils ont trouvées par hasard dans leur jardin.

Chaque épisode se concentre sur une pièce d’art en particulier : on s’intéresse à son histoire et le contexte de sa création, à ses nouveaux détenteurs et finalement à ceux qui veulent les vendre aux enchères. The Art of More aborde un métier peu exploité jusqu’ici au petit écran et s’en sort assez bien au niveau de la ligne narrative. À l’opposé, ce qui pourrait en faire décrocher plus d’un est le casting. Christian Cooke que l’on a pu voir ce printemps dans Stonemouth est aussi expressif qu’une plante verte. Le personnage de Graham étant d’abord et avant tout ambitieux, il batifole à droite et à gauche sans que cela nous fasse un pli et si on tente de nous le rendre plus humain en revenant sur ses traumas à l’époque où il était encore militaire, l’opération est ratée. À l’autre spectre, nous avons un Dennis Quaid exubérant à l’extrême et dont le personnage a des ambitions politiques : en somme, on s’est inspiré de Donald Trump, mais jamais la caricature dans ce cas-ci ne parvient à surpasser l’originale.

Pour une chaîne en ligne comme Crakle, on aurait pu se contenter d’un simple procédural, mais comme pour être certain de marquer le coup et tel un mille-feuille, on ajoute une couche de plus à l’intrigue à chaque nouvel épisode. C’est qu’en gros, on a affaire à un personnage qui par ses actions illégales parvient à atteindre une certaine respectabilité, mais c’est justement son passé qui le rattrape. Dans un premier temps, c’est son compagnon d’armes Hassan (Patrick Sabongui) qui veut sa part du gâteau étant donné que c’est Graham qui a stocké tous les objets volés. Ce dernier décide de lui en offrir quelques pièces, mais un soir alors qu’ils sillonnent l’inventaire, un garde de sécurité les apostrophe et Hassan l’abat. Une enquête policière est enclenchée. Puis, ce sont Uzay (Hamza Haq) et Demir (Saad Siddiqui), d’autres anciens militaires qui font pression pour eux aussi se lancer dans la vente illégale d’objets d’art. Le problème est qu’ils s’acoquinent avec la mafia, laquelle n’hésite pas à démembrer ceux qui ne livrent pas la marchandise. Et justement, comme si ce n’était pas assez, Ryan (Raphael Grosz-Harvey), le frère de Connor, lui vole des œuvres afin d’éponger ses dettes : ça commence à faire beaucoup, pour ne pas dire trop.

Montréal; doublure de New York 

« Le Windsor », cet ancien hôtel prestigieux de Montréal qui a accueilli en 1939 le roi George VI et la reine Elizabeth : voilà un des premiers lieux de la métropole nord-américaine qu’on est à même de reconnaître en entamant The Art of More, puisque c’est là que s’y déroule une fête, mais dans le synopsis, il s’agit d’un hôtel de New York, bien entendu. Puis, c’est le Musée des Beaux-Arts qui se métamorphose pour incarner le siège social de la société où travaille Graham. Du Centre-Ville avec ses hauts gratte-ciels au Vieux-Port plus historique et plus loin ses hangars déserts pour amasser les livraisons : autant dire que Montréal est une doublure adéquate pour la ville de New York. D’ailleurs, on a utilisé cette même ville de substitution plus tôt cette année avec Quantico d’ABC alors que l’on a filmé l’action dans des lieux similaires, incluant le Windsor. Mistresses, Bates Motel, The Returned (pour ne nommer que celles-là) sont filmées à Vancouver tandis qu’Orphan Black, Dark Matter, 12 Monkeys le sont à Toronto. Additionnons cellestournées Montréal ainsi que les autres provinces : c’est en fait le Canada qu’on retrouve sans le savoir dans nos séries favorites américaines!

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