Master of None et Ash vs Evil Dead (2015): pour tous les goûts

Masters of None est une nouvelle série de dix épisodes mise en ligne sur le site de Netflix depuis le début novembre et met en scène Dev (Aziz Ansari), un comédien surtout employé pour des publicités qui en compagnie d’une bande d’amis réfléchit sur les aléas de la vie, qu’il s’agisse d’amour, d’enfants, etc. De son côté, Ash vs Evil Dead est une série d’autant d’épisodes lancée le soir de l’Halloween sur les ondes de Starz aux États-Unis et Super Channel au Canada.  On ramène donc à l’écran « Ash » (Bruce Campbell), le héros de la trilogie des Evil Dead (1981, 1987 et 1992) qui par inadvertance, a ramené des démons ou morts-vivants sur Terre et c’est en compagnie de ses deux collègues, Pablo (Ray Santiago) et Kelly (Dana DeLorenzo) qu’il tente de les neutraliser. Ces deux séries ont pour point commun d’exploiter avec discernement un personnage principal déjà connu des téléspectateurs, qu’il s’agisse de son rôle ou du véritable acteur, tout en dosant suffisamment avec d’autres intrigues. Et s’il est clair que ces deux comédies ne remporteront pas demain un Emmy, reste qu’elles devraient rapidement trouver leur public.

Master of None : les interrogations du quotidien

Dev vient tout juste d’atteindre la trentaine et habite à New York. L’aspect principal de la série est que chaque épisode contient un thème précis à propos de sa vie personnelle. Ainsi, dans le pilote, il s’offre de garder les deux enfants d’un couple d’amis, ce qui le pousse à se demander si lui, célibataire, souhaiterait éventuellement fonder une famille. Dans le second épisode,  Dev et son ami Brian (Kelvin Yu) se mettent à échanger sur leurs parents respectifs qui ont dû quitter leurs pays de naissance en espérant trouver un meilleur sort aux États-Unis. Ils décident de tous les réunir pour un souper, mais l’opposition entre les sacrifices qu’ils ont dû faire et la vie facile qu’ont eue leurs fils est probante. Dans l’épisode suivant, Dev invite une fille canon à un concert, mais le rendez-vous tourne rapidement au cauchemar.

Origines, fonder une famille, aventures d’un soir : rien de nouveau là-dedans et à première vue, Master of None est loin de réinventer la roue. En effet, on a l’impression d’avoir déjà entendu ces réflexions une centaine de fois et tout au plus, on sourit des mises en situation, mais on ne saurait franchement qualifier la nouveauté de Netflix de comédie. C’est davantage le personnage de Dev / Aziz Ansari qui séduit. Connu surtout pour son rôle dans Parks and Recreation et en parallèle ses numéros de stand-up, le personnage est à la fois discret, drôle et optimiste. En effet, la ligne est mince entre l’acteur et celui qu’il incarne, d’autant plus que c’est lui le créateur de la série. On vient d’autant plus brouiller les cartes du fait que Dev est un acteur… limité; dans le sens qu’il est surtout choisi pour jouer dans des commerciaux alors qu’à la télévision ou au cinéma, son origine ethnique semble le cantonner à des rôles secondaires, comme c’est le cas ici alors qu’il est sélectionné pour incarner un scientifique dans un film (sûrement de série B) intitulé The Sickening et dans lequel un étrange et ridicule virus menace l’humanité.

Dans la construction des épisodes, Master of None nous rappelle The Comeback (HBO) et The Comedians (FX), deux fausses téléréalités qui mettaient en vedette de vraies stars alors qu’elles acceptaient de se laisser filmer durant le processus créatif. Cependant, ces deux séries n’ont jamais trouvé leur public et tant qu’à subir encore un échec, Netflix a bien fait de doser ces clins d’œil à la réalité à des réflexions sur des sujets qui touchent à peu près tout le monde.

Ash vs Evil Dead : plus qu’une affaire de nostalgie

L’histoire de la nouveauté de Starz est fort simple : lors d’une soirée bien arrosée, Ash, pour impressionner une conquête amoureuse, lui montre son grimoire, le Necromicon Ex-Mortis et ensemble, ils récitent une prière qui libère une foule de mauvais esprits qui éventuellement s’en prennent à la population. Ash, qui a déjà été chasseur de démons se remet donc en selle, cette fois-ci accompagné de son collègue de travail Pablo. Ensemble, ils vont d’abord chez leur autre collègue, Kelly, dont la mère qui avait disparu depuis six mois vient tout juste de réapparaître. Ils ont bien fait d’écouter leur instinct puisqu’il s’agissait bel et bien d’une morte vivante qu’ils achèveront à coup de tronçonneuse. Finalement, Kelly se joint à eux et ils amènent le grimoire en question chez un antiquaire qui tentera d’y remettre les démons, mais c’est l’intervention de la policière Amanda (Jill Marie Jones), elle aussi en quête de réponses, qui viendra gâcher l’opération.

Le premier avantage de Ash vs Evil Dead est qu’on n’a nullement besoin d’avoir vu les films précédents pour comprendre l’intrigue qui y est développée pour la télévision. Au mieux, les fans de ces films y trouveront une plus-value, parce que le protagoniste, tout comme l’acteur qui l’incarne est évidemment plus âgé, mais a gardé en lui ce côté à la fois téméraire et gaffeur qui le rendait presque attachant ou du moins loufoque. Autre avantage, les épisodes ne sont pas construits de façon procédurale, ce qui risque de tenir davantage en haleine les plus curieux.

Mais qu’on ne se méprenne pas, cette série de Starz n’est qu’un prétexte à montrer des affrontements entre zombies et êtres humains et manifestement, les créateurs se creusent vraiment la tête lorsqu’il est temps de trouver toutes sorte de morts ou de mutilations qui de préférence provoqueront beaucoup d’effusions de sang. Il y a définitivement des accros, généralement plus jeunes, à ce genre de représentation à l’écran, comme en témoigne le succès spectaculaire de The Walking Dead qui emprunte la même formule. Mais ce qui avantage Ash vs the Evil Dead est qu’à l’opposé de sa « concurrente » sur AMC, il s’agit d’une comédie et lorsqu’Amanda dont la main a été transpercée par un ciseau ou Pablo qui a reçu un couteau à l’épaule se remettent en moins de deux, on est un peu plus prompt à passer l’éponge. Qu’on s’entende, ces séries n’ont aucune crédibilité et la pire chose pour elles est lorsqu’elles se prennent au sérieux.

Master of None a été en général salué par la critique, mais il est impossible à ce stade, sans connaître le taux d’écoute, de déterminer si la série sera renouvelée ou pas. Une chose est sûre, cet été, Narcos a été renouvelée seulement quelques jours après la mise en ligne de ses épisodes, ce qui témoignait d’un réel succès alors qu’à l’opposé, il a fallu attendre deux mois pour la même annonce concernant Sense8. Le succès de la nouveauté de Netflix repose sûrement entre les deux. De son côté, les performances de Ash vs Evil Dead sont intéressantes : 440 000 téléspectateurs ont regardé le pilote en direct, la semaine suivante, ce chiffre diminuait de 40 % pour s’établir à 280 000, pour finalement signer son meilleur score en semaine #4 (450 000). Même chose pour le taux des 18-49 ans qui est passé de 0,13 à 0,20 en seulement trois semaines. Ça sent le renouvellement.

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